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 [Juin 550] Dans l'intimité d'une confession [feat.Oropher]

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Kazadria

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Message [Juin 550] Dans l'intimité d'une confession [feat.Oropher]   Lun 15 Fév - 5:35



Il marchait nonchalamment le long des couloirs, les rares serviteurs qu’il croisait le saluait d’un simple signe de tête s’il venait à le regarder, et ça lui suffisait. Il était loin de ses chefs qui ne se sentaient supérieurs que parce qu’on courbait l’échine devant eux, non, il était à des années lumières de ses simagrées et de ses courbettes, et tous ici l’avaient compris –hormis un ou deux récalcitrants. Xanthe savait qu’il était un alpha, ça coulait dans ses veines, sa transparaissait dans son attitude, sa démarche, tandis qu’il avait la tête haute, le regard fixé devant lui, à l’image de sa louve qui trottait à côté de lui, fière, élégante, et toujours silencieuse.

Sans se préoccuper de ce qui l’entourait, le jeune Pontifex plongea, littéralement, dans le mur en face de lui, fusionnant avec lui en même temps qu’il allumait un temps son cosmos, juste assez pour se glisser dans le Dédale et se laisser couler en lui. Les murs le portèrent ainsi où il voulait et c’est avec un léger grognement de satisfaction qu’il se glissa enfin en-dehors du mur. Fusionner ainsi avec la Cathédrale de chair était toujours particulier, mais également étrangement agréable pour lui, il ressentait alors de manière encore plus viscérale les cosmos qui le parcouraient, en même temps qu’il percevait le souffle du Dédale, qui se mêlait au sien, leurs cœurs qui battaient à l’unisson… Ils devenaient un seul, et ça avait un côté diablement excitant !

Mais pour l’heure, il avait besoin de détente, et rien de mieux qu’un bon bain pour cela ! C’est ainsi qu’il contempla les petits bassins creuser à même la pierre, d’où s’élevaient des nuées de vapeur. Ainsi la pièce était-elle à la fois chaude et humide, donnant une ambiance particulière, calfeutrée, intimiste même. Parfaitement le genre d’endroit à recevoir des confidences, à préserver les secrets, des corps et des cœurs…

Sans pudeur, et toute façon il n’y avait personne, Xanthe laissa ses vêtements tomber au sol, les uns après les autres, tandis qu’il avançait vers l’un des bassins, assez reculé. Tout d’abord ses chausses, qu’il retira presque hâtivement, soupirant presque d’aise lorsque ses pieds nus se posèrent sur la pierre chaude. Puis plus lentement, il retira son haut, dévoilant son torse finement musclé, au crépuscule de l’adolescence, puis le laissa tombé sur la roche humide. Sa ceinture suivit, se déroulant tel un serpent de ses hanches encore fines, reposant négligemment par terre, et enfin, le pantalon, libre de toute entrave, glissa sur ses hanches, ses cuisses, puis ses jambes. Deux pas de plus et il se tenait désormais entièrement nu, à quelques centimètres du bassin où l’eau chaude l’invitait à venir se prélasser.

Lentement, il y mit un premier pied, puis le second, avant de continuer à avancer doucement dans l’eau, sans précipitation. Un gémissement de pur volupté s’échappa de sa gorge et il alla même jusqu’à fermer les yeux alors qu’il sentait la chaleur commencer à lentement délier les muscles de ses cuisses. L’onde lui arrivait jusqu’au niveau du ventre, et il se laissa alors tomber à genoux, plongeant entièrement, disparaissant un instant de la surface. Il resta un instant au fond du modeste bassin, afin de retourner finalement à l’air libre, prendre une grande bouffé d’air. D’un geste de la main, il ramena ses cheveux, qui désormais lui collait à la peau, derrière ses épaules, et lentement tourna son regard vers un coin de la pièce.

Un sourire amusé et assuré ourla ses lèvres. Cela faisait un moment qu’il l’avait senti, pour autant, il ne l’avait pas pourchassé, il l’avait plutôt laissé venir à lui. Et enfin ils se rencontraient, un étrange face à face, alors que lui le gamin plongeait sans peur son regard dans celui de cet homme, son dernier cardinal. S’il avait pu, il aurait certainement ronronné, mais à la place, ce fut de la pure satisfaction qui brilla dans son regard. Il s’avança alors vers le bord du bassin et s’y étendit avec paresse, à la manière d’un chat, il croisa simplement les bras pur venir y loger son menton, continuant à darder son regard sur le nouvel arrivant. Depuis combien de temps était-il là ? Il ne saurait le dire exactement, et en vrai il s’en foutait, seul comptait le fait que désormais ils se voyaient.
De l’autre côté du bassin, Tala fit le tour, pour venir se placer au côté de son maître, et une pulsation de sa part fit tourner la tête à Xanthe, légèrement surpris. L’armure semblait le connaître, ce qui l’intrigua, attisa sa curiosité, et il sentit quelque chose remuer en lui à cette découverte, l’homme, sûrement bien malgré lui, attira alors toute l’attention de l’adolescent.

Tendant paresseusement la main, le Pontifex vint un instant emmêler ses doigts dans la fourrure de la louve, avant de reprendre sa position initiale. Ses prunelles d’un marron chaud se focalisèrent alors sur son observateur –voyeur ?


-Elle te connaît, commença-t-il d’une voix suave, légèrement trainante. Mais si je devine ce que tu es, Cardinal de la Famine, cela ne me dit pas qui tu es…, susurra-t-il comme une invitation.


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Message Re: [Juin 550] Dans l'intimité d'une confession [feat.Oropher]   Lun 15 Fév - 23:38
Des pas assurés, résonnant à une cadence rythmé et typique d'un soldat, avaient annoncé la venue d'un ancien seigneur en ces lieux. Non pas qu'il avait déjà abandonné son ancienne demeure, mais simplement qu'il se montrait aujourd'hui présent, avisé pour les prochains pas effectués par le nouveau Pontifex. Un jeune garçon, qu'on eut dit d'après ses missives. De sa cape qui gondolait par les mouvements de l'air et de sa démarche impérative, Oropher s'était avancé dans les longs couloirs.

A la vue de son nouveau Cardinal, un garde Berserker l'avait accompagné non sans montrer une certaine fierté à l'idée d'avoir un quatuor de maux réuni. Ce dernier s'était décidé à lui tenir compagnie depuis un bon moment, juste après qu'il ait passé la garde de Ludmila, la fière Hyène à la hâche. Et autant Oropher avait l'air de pouvoir faire preuve d'un calme exquis, autant il pouvait se montrer soudainement abrupte, dotés de mots à en faire pâlir la moindre forme d'irrespect à son égard, d'une légitimité qu'il considérait des plus naturelles. D'un regard inquisiteur, d'un mal de crâne qui commençait à pointer le bout de nez, sommer au jeune homme de la boucler était une nécessité qu'il laissait dès lors échapper par un bien brusque face à face avec le malheureux..

- Vous m'ennuyez. Tuez-moi plutôt.

Le visage de son pseudo compagnon était aussitôt passé de l'engouement à la haine. Oropher se fichait pas mal de ce que quelques soldats trop curieux pouvaient penser de lui. Ici, il était en partie maître et s'il désirait du silence, alors n'avait-il qu'à le chercher. La petite gueule du jeune homme démontrait clairement de par sa prestance que la vengeance était un plan qui se mangerait froid, que leurs épées pourraient tout aussi bien se recroiser de nouveau. C'est bien, ils seraient deux. Aussi la solitude l'avait accompagné le reste de sa marche, en direction d'une personne qui, seul, pourrait prétendre avoir une allégeance de sa part.

Mais où se rendait-il? A dire vrai, plus le celte parcourait les couloirs, plus il sentait l'humidité se diffuser autour de lui. Une humidité chaude, collante...Il espérait néanmoins que ces habits, fussent-ils recouverts d'une Cuirasse, ne prendraient pas l'eau alors qu'il s'apprêtait à faire face au chef de ces lieux. Le cardinal préférait établir un premier contact formel. Et alors Oropher continuait d'avancer dans les couloirs, observant au passage, de ses yeux acérés qui le caractérisaient tout particulièrement, le passage qu'il prenait tout en pressentant avec précision le cosmos qu'il recherchait.

Mais il avait tord. Oropher s'était tout simplement retrouvé dans l'Hypothalamus, et ce qui se dévoilait à ses yeux était en réalité un jeune homme dans ses thermes...

Brun, il semblait bien ne pas dépasser les seize ans. Peut-être avait-il moins, peut-être avait-il plus, de cela le roi celte n'était plus sûr. Cet enfant avait quelque chose de "charmant", si tant est que l'on appréciait déjà la satisfaction qu'il avait de voir un nouveau Cardinal à son service. Il semblait ravi, et peut-être allait-ce l'aider à établir un meilleur contact avec son nouveau chef. Le plus étrange au goût de la Famine résidait en ces cheveux qui semblaient prendre une forme particulière, mais cela ne l'intéressait guère. Le physique, la prestance d'un gouvernant était important, mais sa façon de gouverner l'était bien plus. Dans tous les cas, celui-ci l'avait repéré puisqu'il s'était avancé vers le bord du bassin. Oropher n'avait plus le choix, et cela n'était de toute façon pas dans ses intentions d'épier plus longtemps un enfant prendre son bain.

Alors il s'était décidé d'entrer dans la lumière, de cinq bons pas le Berserker avait avancé. Les traits de cet homme était si fins, sa blondeur si affirmé que sa Cuirasse jurait presque avec cette apparence lumineuse qui émanait du blond. Pourtant, la Famine donnait un autre sens à la personne qui détenait aujourd'hui ses armes de guerre.

Il était tel un grand cerf, une force posée mais non pas moins un seigneur de la forêt aux bois développés et souillés par le sang, marchant élégamment sur l'herbe qui se présentait à lui. N'était pas seigneur qui voulait et cette simple prétention était ancrée bien solidement dans son esprit, par un orgueil qui le perdrait peut-être, quand bien même la dernière guerre avait ravagé une partie de ses troupes il y a cinq ans. Il avait dû se retirer dans sa demeure à la simple constatation d'un camp autrefois ravagé, un camp qu'il ne pourrait plus défendre avec ses soldats restants. Un camp dépourvu de son chef. Aujourd'hui, la Cuirasse l'avait ramenée auprès d'une ancienne communauté et, si ses yeux bleus et acérés lui laissaient entrevoir une vue très étrange vis-à-vis de son supérieur, il se tenait désormais face à un Pontifex nu, sans aucune pudeur. L'adolescent était accompagné d'une louve qui lui paraissait somme toute presque familière en regardant le petit brun. Si lui était un cerf, ce nouvel homme était donc associé au haut canidé, dominant et fidèle à son peuple. Un léger sourire traversa le visage fermé d'Oropher, alors qu'il adressait finalement quelques mots de sa voix certes impériale. Il souhaitait d'abord juger cet enfant avant de le considérer comme tel. Et il n'était finalement pas déçu. Bien qu'il n'appréciait pas véritablement qu'on le toise de cette façon nu comme un ver, il appréciait déjà le regard de ce petit. Tout simplement parce que ce nouveau Pontifex savait ce qu'il voulait, ce que des yeux bleus ne tardèrent pas à noter.

-Cela va de soi. Mes pas m'ont de toute façon mené ici et ce depuis une certaine distance. A dire vrai, je ne m'attendais pas à voir cette Cuirasse auprès de moi...Je pensais qu'elle appartenait au précédent Cardinal...Jehane je crois.

Il avait connu la jeune femme, de loin, trop loin pour véritablement établir un contact, trop près pour ne plus s'en souvenir. Au fond de lui même, alors qu'il regardait un à un la louve et l'enfant, il se demandait bien pourquoi le temps l'avait seulement choisi maintenant? Certes, il avait toujours servi dans l'ombre et ses informations sur le passé du Dédale de Chair pouvait bien servir, il haïssait de toute évidence trop Bélisaire et ses Sbires pour les respecter un tant soi peu. Et cette haine était parfaitement perceptible sur son visage, à juste titre était-ce plus un sentiment de mépris, de dégoût envers cette gente.

- Mais veuillez me pardonner, je ne pensais pas..."
Un fin, ironique sourire s'était esquissé sur ses lèvres alors qu'il constatait de haut en bas la forme dénudée de son Pontifex, des muscles de son corps à son visage aussi chargé de jeunesse que d'une forme d'autorité. Eh bien, vous rencontrer dans vos thermes d'une manière aussi intime. On me nomme Oropher, Cardinal de la Famine, précédemment ombre intendante de Maximus. Mes services sont désormais vôtres en théorie...

Pour la Guerre, de préférence. Lui-même n'avait jamais osé rencontrer un de ses serviteurs nu dans l'eau après tout...

Sa main avait alors agrippé la cape qui virevoltait derrière lui et bien qu'il ne doutait pas véritablement de sa qualité -peut-être était-il plus ruiné qu'avant, cela ne l'empêchait tout de même pas de faire preuve de goût en matière vestimentaire-, il restait quelque peu hésitant face à la volonté de l'adolescent. C'était néanmoins, à ses yeux, presque un cadeau. Il déchira alors l'épais tissu pour le remettre à l'enfant au regard si inquisiteur. Voir tant de volonté et d'impartialité en ce jeune homme en était presque touchant.

- Mes mots seront simples, et peut-être pas forcément des plus courtois. On ne peut régner innocemment après tout. Tout chef est un rebelle et un conspirateur, et il me faut considérer qu'au-delà des flammes qui ont autrefois ravagé un champ de bataille meurtrier, le Dédale de Chair saura trouver dans leur retraite un butin à récupérer. Pas seulement une vengeance envers la précédente Famine, quoique sa mort par la main d'un Saint, m'a-t-on dit depuis peu, est une insulte envers nos rangs mais aussi un honneur à restaurer.

Le seigneur de guerre dégaina alors son sabre. Une bien étrange épée à l'éclat si blanc qu'on eut dit celui d'un diamant. L'étendard de la guerre avait été portée si longuement qu'elle paraissait désormais naturelle pour Oropher, après tout. On ne restait jamais bien longtemps enfermé dans une neutralité et cet homme en face de lui ne cherchait pas véritablement le sang. Non, cet homme cherchait la gloire. Cela valait bien plus, et en même temps bien moins que la Famine qu'il créerait à son passage.

- Outre cela, je veux comprendre pourquoi l'on m'a sommé de revenir ici-même.


Ses dires avaient le mérite d'être clairs. Il ne recherchait pas à récupérer un enfant qu'il avait perdu, mais bel et bien quelqu'un qui saurait lui expliquer la situation actuelle, et en quoi il pourrait désormais servir. Le nouveau Cardinal recherchait également, mieux qu'une éventuelle guerre qui arriverait, à quoi il servirait.

PS: Merci pour cette musique qui envoie du rêve. °°


by Versace Xanthe~~


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Dernière édition par Oropher le Mar 16 Fév - 10:18, édité 2 fois
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Message Re: [Juin 550] Dans l'intimité d'une confession [feat.Oropher]   Mar 16 Fév - 5:05



Le jeune loup alanguit qu’il était se redressa lentement, nullement incommodé par le regard de glace qui glissait sur son corps, quelque part même, le mâle au fond de lui apprécia d’être ainsi détaillé par la perfection qui lui faisait face. Il savait n’avoir pas grand-chose à lui envier, leur charme était différent, et là où son cardinal transpirait d’un éclat des plus nobles, semblable à ces cerfs, rois des Forêts qu’il avait déjà croisés, lui, loup au pelage aussi sombre que les ténèbres, resplendissait d’une beauté sauvage. On l’admirait pour sa démarche, qui faisait rouler chacun de ses muscles, pour ses crocs saillant qui tenait en respect, et pour son esprit libre et sauvage.

Ils étaient deux rois, différents et à la fois si semblables, pourtant le jeune Pontifex ne voyait pas là un rival ou un quelconque ennemi, un profond respect commençait déjà transpirer entre eux, même s’ils continuaient à s’observer l’un l’autre entre les vapeurs de l’eau fumante.

Xanthe pencha légèrement la tête sur le côté à la mention de Jehane, oui Thivan lui en avait parlé, de cette louve, isolée malgré elle, qui avait connu un sort bien funeste. Cependant il n’était pas triste, peut être légèrement désappointé, mais au final ça ne le préoccupait pas plus que cela, ce n’était qu’une raison supplémentaire de mettre à mal les Saints –même si la vengeance était bien la dernière de ses motivations.

Sans se presser, écoutant silencieusement le blond, l’adolescent commença à s’extirper du bassin où il était installé, l’eau roulant sur son corps, le parsemant d’une multitude de gouttelettes, comme autant de perle qui scintillaient, faisant ressortir sa musculature encore en plein développement. Avec douceur, il attrapa l’étoffe que son Cardinal lui tendait, elle était douce sous ses doigts, d’une qualité supérieure à tout ce qu’il avait connu jusqu’à présent. Lentement, avec une certaine grâce presque féline, il se drapa de ce cadeau qu’on venait de lui faire, le tissu collant à sa peau humide, épousant parfaitement ses formes.

Et il planta son regard chaud dans celui d’un bleu glacial de son interlocuteur, et c’était encore une chose qui les différenciait et les rapprochait à la fois, lui n’était fait que de chaleur et d’impulsivité, l’autre n’était que froideur et retenue, et comme toujours, les opposés s’attiraient, comme deux planètes qui se rencontraient pour créer un big bang. Il en était certain, il le sentait au fond de lui, que cet homme était la seule chose qui lui manquait, qu’à eux deux c’était l’Univers entier qui serait chamboulé, que l’étincelle de leur rencontre marquerait le début d’une nouvelle ère, le passé et le présent qui allaient créer le futur…

Avec révérence, il continua à écouter la voix grave et chaude, aux intonations royales, tandis que l’éclat de la lame luisit dans ses yeux lorsqu’elle quitta son fourreau, éclat de lumière dans les douces ténèbres qui les entouraient, sonnant comme une future promesse. Sans peur, à pas mesurer, le Pontifex s’approcha, le tissu de la cape qui le coiffait ondulant sur ses hanches, ses pieds frottant doucement sur la pierre rugueuse, alors que ses doigts venaient courir le long de la lame, remontant lentement jusqu’à la garde, qu’il caressa du bout des doigts, et survola les doigts qui la tenaient, avant de poser franchement la main sur le bras puissant recouvert de la cuirasse. Et il était désormais à quelques centimètres seulement de son Cardinal, alors que sa deuxième main vint se poser sur le torse protéger, quelques seconde avant que ce soit le sien, encore humide, qui vint se coller contre la cuirasse qui pulsa chaleureusement contre sa peau.

Son regard n’avait à aucun moment quitté celui du blond, obligé même de lever la tête pour garder le contact visuel, mais tandis qu’il se hissait doucement sur la pointe des pieds, il ferma finalement les yeux et vint coller son oreille contre le torse du Berserker, à l’emplacement du cœur, l’écoutant pulser un instant, qu’il prolongea plusieurs minutes. Puis sans un mot, comme il était venu, il se retira lentement, laissant juste ses doigts courir un instant, appréciant la puissance qu’il sentait pulser, tandis qu’il contournait lentement l’adulte qui lui faisait face.


-Oropher…, ronronna-t-il finalement alors qu’il lui tournait toujours le dos.

Et le nom roula sur sa langue, et il en apprécia le son, avant de finalement se tourner vers son dernier Cardinal. Et ses yeux pétillèrent de nouveau d’un éclat qui lui était propre, mélange de joie et de sadisme et de malice et à la fois pourtant calculateur.

-Les Flammes de la Guerre ont ramené à moi l’ombre de celui qui m’a précédé…

Mais il avait déjà sa propre ombre en la personne de Thivan, et il en était comblé, il ne pouvait espérer meilleur Bêta, il était donc impossible qu’Oropher prenne sa place. Pourtant, sa présence ici n’était pas anodine, et son rôle était destiné à être tout autre désormais qu’il portait la cuirasse de la Famine. Se détourant encore une fois du blond, Xanthe commença à faire le tour de la pièce, ses doigts parcourant, accrochant les aspérités de la pierre qui les entourait, les isolait.

-Thivan est celui qui me suit, commença-t-il doucement –et le nom avait roulé encore une fois dans sa bouche comme la plus délicieuse des sucreries, à l’image de la Pestilence silencieuse, celle-là même qui se répand quand Zvezdan dispense la Mort dans mon sillage. Arbhaal sera mon piédestal, celui-là même qui ploiera sous mon poids, tel l’Oméga qu’il est et qui permettra à son Alpha de se hisser toujours plus haut…

Puis il s’arrêta soudainement, tournant une nouvelle fois son regard chocolat vers le Berserker, pétillant d’une passion nouvelle, reflétant l’impétuosité de sa jeunesse, et remplit d’un orgueil sans demi-mesure, tandis qu’il s’adossait à la roche froide qui lui fit remonter un frisson.

-Mais toi, Oropher, et il apprécia encore une fois de faire rouler le nom sur sa langue, toi tu seras celui qui me précède, celui qui m’ouvrira la route, qui affamera mes ennemis avant que je ne plante mes crocs dans leur gorge…

Et ses muscles se tendirent à cette mention, à l’image qui se créa dans son esprit, et c’était comme si le fauve qu’il était s’apprêtait un instant à bondir sur une proie invisible. Mais aussi vite qu’ils s’étaient tendus, ses muscles se détendirent et il se redressa souplement, se rapprochant à pas de loup de l’homme.

-Je sais la chasse, reprit-il d’une voix suave, je sais la traque, je sais la mise à mort, énuméra-t-il. Mais l’intrigue m’est inconnue, ce monde d’adultes où je n’ai pas ma place –pas encore. Je ne sais ta façon de procéder…

A nouveau il fut juste en face de lui, levant un regard curieux, presque enfantin d’un certain côté, mais aussi enthousiaste, un brin charmeur, un brin sauvage…

-Apprends-moi Oropher, chuchota-t-il, à devenir un adulte…

Car c’était bien la seule chose qui lui manquait, s’il était devenu homme, il restait encore un enfant.


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Message Re: [Juin 550] Dans l'intimité d'une confession [feat.Oropher]   Ven 19 Fév - 1:14
Assuré, Oropher se tenait devant cette nouvelle personne en qui il ne plaçait pour l'heure qu'une confiance très sommaire. Mais à quoi servait la confiance de toute évidence, si ce n'est celle qu'on pouvait lui porter? Peu, si peu de choses. Le titre de cette femme, de cette Jehane que le nouveau Cardinal avait succédé n'avait que peu d'importance, son étiquette n'était pas à pleurer pour l'heure. Le jeune homme lui-même n'avait pas cillé à sa simple mention. Après tout, les larmes n'avaient jamais fait partis de leur quotidien, ni à eux, ni même aux autres guerriers qui composaient la citadelle de la Guerre. Une petite main était venue agripper le tissu qu'il tendait. Le Pontifex semblait apprécier le contact doux et chaud de sa cape faite de soie et de coton, pour s'y blottir aussi prestement...

La Famine préférait cela plutôt qu'un contact trop intime avec un enfant.

Les prochains mouvements avaient néanmoins eu le mérite de surprendre le roi. Le jeune homme était venu se blottir contre son torse pour tenter d'y écouter les battements de son cœur, bien au-delà de sa Cuirasse. Les yeux du roi s'étaient écarquillés avant de redevenir aussi froid qu'ils n'étaient intelligents, et pourtant, il avait laissé le brun agir à sa guise. Oropher avait simplement posé une main sur la tête du jeune homme, comme on le ferait sur celle d'un enfant, comme on le ferait pour sommer quelqu'un qu'il y avait néanmoins des limites à ne franchir. Après tout, la créature qui se tenait devant lui agissait comme un enfant. Ni plus ni moins. Au fond de lui-même, le blond se demandait même si le garçon, bien plus petit que lui, parvenait à entendre quoique ce soit. Le roi celte devait bien le dépasser de trois bonnes têtes... Sa Patience en devenait une véritable Science.

Ses oreilles attentives portaient leur attention à chacun des mots prononcés par Xanthe, alors que celui-ci se préparait déjà à trouver une place au Cardinal. A lui seul, au sein d'une Elite du Dédale formés de trois Cardinaux qu'il avait nommé. L'ombre avait ainsi été prise, par la Pestilence qui plus est. Un sourire s'était formé sur les lèvres d'Oropher. C'était prévisible, et somme toute logique, tout comme la Famine lui ordonnait déjà de faire entendre le bruit des pas qu'effectueraient chacun de ses fières soldats sur un champ de blé dévasté.

"Vous seriez ainsi prêts à laisser une ancienne Ombre ouvrir les festivités d'un conflit?" L'acte était dangereux, il le savait tous. Et pourtant ses lèvres restèrent tout d'abord entrouvertes. Le celte était indécis. Voué à reprendre une autre fonction qu'il avait connu, les événements le menaient néanmoins à reconsidérer sa véritable place. Il était temps pour lui de porter l'étendard de la guerre en premier, de clamer corps et âme ce qu'il serait dans cette guerre, et ce qui adviendrait par la suite. D'une façon, cela lui convenait. Peu lui importait la tache qu'on lui donnerait, il savait qu'il l'exécuterait avec brio. Cet ordre n'avait pas à être reçu. "Ce n'est pas un mauvais rôle. J'ai toujours pensé que pour débuter une guerre, il fallait savoir la déclarer, et pour la terminer, en initier une autre était une sage obligation. Cela ne requiert que patience et retenue avant l'heure fatidique.

Pragmatique, Oropher avait profité de l'inattention du jeune homme pour se retirer de son emprise. Sur lui, deux dagues et une épée façonné d'un or pur lui conférait ce savoir d'homme à tout faire. Il lui manquait quelque chose. La menace que constituerait la Famine. Celle-ci pouvait néanmoins bien attendre, car le roi ruiné avait déjà une allégeance à mener. Envers le représentant d'Arès lui-même, envers la divinité elle-même. Sa main avait atteint le manche de son épée et, tirant d'un geste sec de façon à la dégainer, ses yeux furent d'abord attirés par l'éclat de l'épée avant de retourner son attention sur la forme enfantine. Le loup avait réagi à ce geste, comme si le Pontifex avait été menacé, ce qui n'était pas véritablement le cas. La bête montrait les crocs en signe d'avertissement, mais l'homme continuait son serment.

"Longtemps, mon neveu aurait dû me succéder, mais la Guerre l'a honoré avant cela."
Honorer, un mot amer pour l'oncle, un mot plein de vérités pour le Cardinal. Néanmoins, ce n'était pas tant le fait qu'un lien familial ait donné sa vie pour la guerre qui l'attristait. Oropher en était presque fier d'une façon. Non, ce qui le motivait dans sa colère si sourde était le profond mépris qu'il gardait à l'encontre des Saints. Une philosophie basse, pour des niaiseries qu'ils autoproclamaient leurs, la sagesse, et un je ne sais quoi d'horripilant...Ses phalanges en avaient légèrement palies, au point que sa main si fortement serrée avait laissé échapper quelques gouttes de sang qui coulaient déjà le long du métal de sa Cuirasse, jusqu'au bout de ses doigts. "Mais ce neveu était encore trop innocent pour résister à l'appel de la guerre. Ses ancêtres avaient déjà légué leur vie cela, il était donc tout naturel que cela ne lui arrive aussi. Mais là n'est pas ma raison de ma venue, ni même de cette épée que l'on s'est longtemps transmis héréditairement, ma famille et moi. Je serai à l'image de ce qu'il vous faudra être auprès des autres camps. Patient, analytique, muni de mots pesés...Ce sont parfois les clefs de la Guerre. Je ne vous demande pas de croire véritablement en ces mots. "

Un sourire plus large qu'à l'habituel dévoilait les canines du Cardinal, lui donnant cette fois-ci une autre allure, bien plus féroce que le cerf qui lui avait été attribué, mais toujours aussi posé intérieurement.

- Comme le Coyote, il suffit de feinter cela. Vos Cardinaux seront auprès de vous pour vous guider pleinement.




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