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 A toutes ailes [PV Amadeus]

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AmaryllisAmaryllisArmure :
Chlamyde de la Colombe
Message A toutes ailes [PV Amadeus]   A toutes ailes [PV Amadeus] EmptyLun 12 Oct - 2:36


Accompagnés par les chants des quelques oiseaux qui déjà se faisaient entendre dans cet espace aussi dompté que sauvage, l'eau ruisselait près d'un étang et le vent soufflait légèrement sur les arbres aux feuilles vertes, mais tombantes. Force était de constater qu'il s'agissait là d'un endroit vivant mais silencieux, car déjà il respectait parfaitement la dénomination qui lui avait été attitrée: les jardins sacrés. Une brève respiration en ces lieux et l'on pouvait sentir qu'ils y abritaient néanmoins une atmosphère pour le moins mystique; et c'est en s'approchant pas à pas de ces lieux, descendant les escaliers avec prudence et assurance, qu'Octavia s'y rendit de façon à se promener dans cet endroit aux allures anciennes, mais entretenues.

Du haut de ces jardins, une femme descendait les marches, vêtue d'un habit rappelant vaguement une toge bleue et lisse, sa silhouette était quelque peu couverte néanmoins plus décontractée que les années précédentes quand on eut connu les coutumes qu'elle avait suivi jusque-là. Coutumes qui avaient par ailleurs commencé à devenir plus flexibles, bien moins existantes depuis qu'elle avait rejoint les Oracles à la Tour des Vents. Légère, elle ne portait pas sa Chlamyde sur elle, mais Octavia s'était sentie l'envie d'échapper à la garde de son Temple de façon à chasser les pensées qui la tracassaient. L'Oracle aimait s'y promener quand le temps laissait place à la réflexion, quand elle se sentait à la recherche d'une certaine quiétude, et si depuis son retour en Italie, elle avait fait une croix sur la plaine dans laquelle elle avait depuis toujours cherché des conseils auprès de son ancien maître, l'endroit promettait pourtant un instant pour s'immerger pleinement dans ses pensées.

Sans pour autant se sentir seule, les yeux fermés, elle parvenait à ressentir les êtres qui l'accompagnaient et se présentaient autour d'elle. De ses doigts qui effleuraient l'écorce d'un olivier, la proximité avec la Nature était là, et bons comme mauvais sentiments n'existaient plus: aux oubliettes la culpabilité, les doutes, place à aux espérances et aux envies de grandeur. C'était du moins ce que la patricienne ressentait, et elle eut presque l'envie d'y voir son propre reflet dans l'étang plus loin. Elle n'avait pas besoin de penser au passé, seul le futur comptait à ses yeux. Le futur et surtout l'instant présent.

Une sorte de petit banc blanc lui avait fait office de siège alors qu'elle rêvassait sur toutes les choses qui pouvaient bien régir en ces lieux. Il y avait du bon comme du mauvais, mais surtout du mauvais, car le Condor était une personne exigeante, et plus encore, une personne qui demandait parfois une certaine attention et qui méprisait le peu d'estime qu'on pouvait lui porter.

L'esprit ailleurs, l'Evêque sentit néanmoins un cosmos s'approcher, un cosmos bien familier et probablement celui qu'elle connaissait le mieux dans les alentours. Il n'avait pas semblé vouloir se cacher, mais là encore elle ne se prononçait pas, car le Faucon avait ses idées bien précises et ce n'était pas elle qui allait les détourner. Elle-même était en proie à l'individualisme mais Octavia préférait jouer la sociabilité aux yeux du monde, au nom d'un devoir dont elle s'était chargée. Au nom d'Apollon aujourd'hui, et sa fidélité n'était pas véritablement à remettre en question, sauf si cela l'engageait de trop près. Octavia tenait à son intégrité, et elle l'avait toujours fait, sinon elle ne prendrait pas aussi soin de son apparence même si elle se savait déjà supérieure. N'en déplaise à la petite gente.

Détournant son regard des arbustes pour fixer la direction qu'avait pris l'homme l'ayant ramené en Italie, elle s'apprêtait à accueillir aujourd'hui son frère d'armes. Et alors que tout lui indiquait que lui aussi avait décidé de s'aventurer dans les jardins, elle aperçut sa silhouette au loin, s'approchant d'un pas rapide, caractéristique de son Oiseau Totem; et cela, elle ne pouvait pas le lui retirer. Elle préférait jouer sur la force et les pensées, et ainsi ils ne se battaient pas sur le même terrain mais c'était "un ami" pour le moment. Enfin, en quelque sorte. L'occasion de rencontrer les autres Oracles ne s'étant pas présentée, elle lui attribuait donc ce titre-là, de toute évidence il avait su la convaincre de le suivre jusqu'ici et cela ne représentait pas rien. Debout par politesse et prête à l'accompagner, elle se contenta d'un bref hochement de tête quand elle le vit arriver. Un air moqueur et ironique s'était comme fixé sur son visage, mais il n'y avait pas là pour autant de l'hostilité dans l'ombre d'un sourire qu'elle lui avait offert: c'était tout simplement sa façon d'être, de troubler la paix.

"Amadeus. Que me vaut cet honneur?"



Dernière édition par Octavia le Sam 17 Oct - 11:39, édité 1 fois
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Message Re: A toutes ailes [PV Amadeus]   A toutes ailes [PV Amadeus] EmptyVen 16 Oct - 4:46
Que je me languissais de ta présence, très chère. Me faut-il d'autres raisons ?

Sourire aux lèvres, Amadeus pénétra à son tour dans le jardin. C'était un endroit où il aimait se rendre, peut-être celui qu'il appréciait le plus après son propre temple. Il aimait se sentir maître des choses, aussi n'était-il jamais parfaitement détendu dans le domaine d'un autre - y compris celui de celle qu'il venait de rejoindre. On n'est jamais à l'abri d'un coup de poignard - et celui qui vous dirait que faire partie du même camp vous y immunise ne serait qu'un imbécile. Le Faucon lui-même n'hésiterait pas à faire disparaître un autre Oracle s'il devait être une gêne. Bien qu'il eût toute confiance en le jugement d'Apollon, et nulle raison de revoir cette position jusqu'alors, tout le monde peut se tromper. Les dieux ne sont pas à l'abri, contrairement à ce dont ils aimeraient les persuader. Amadeus aimait à croire que cette menace, même s'ils n'en avaient pas conscience, les aiderait à se dépasser. À atteindre l'excellence dont ils pourraient cruellement manquer.

Une invisible épée de Damoclès dont ils ne réaliseraient la présence qu'au jour où elle s'abattrait sur leur nuque, s'ils le devaient. Un baiser de ceux qu'on ne voudrait jamais recevoir, car la première fois est trop souvent la dernière - pratiquant de longue date, il était bien informé. Mais Octavia n'avait rien à craindre de cela. Du jour où il l'avait rencontrée jusqu'à ceux depuis écoulés, elle s'était montrée à la hauteur de sa vocation, de son rang. Amadeus doutait fort qu'il en soit de même avec ceux qui les rejoindraient prochainement. Pour cela peut-être, il nuançait bien souvent sa solitude de cette compagnie qu'il appréciait tant. Leurs dialogues le changeaient agréablement du langage cryptique d'Apollon. Quant aux enfants à son service, on ne pouvait pas dire qu'ils soient bien causants... Deux d'entre eux apparurent d'ailleurs à sa suite, transportant vin et panier de provision. Silencieux, ils se tinrent en retrait, laissant leur maître parler - il les avait bien éduqués.

Et bien, je t'ai vue seule et désœuvrée, j'ai donc jugé qu'il serait magnanime d'occuper un peu de ton temps. déclara-t-il nonchalamment, une pointe de malice sur le visage comme dans la voix.

Amadeus était vêtu avec autant d'opulence que de coutume, le cou ceint d'une fourrure ayant appartenu à l'un de ces grands fauves qu'on aimait tant lâcher dans l'arène. Lui-même ne comprenait pas pleinement son attraction pour ces parures bestiales, que certains qualifieraient de primitives. Peut-être cela avait-il à voir avec le fait qu'il se considère comme une créature dangereuse, quoique plus proche d'un animal à sang-froid. N'en déplaise au totem qu'Apollon lui avait confié ; un serpent à plumes, voilà ce qu'il était en vérité. De ceux qui offrent des pommes aux jeunes filles trop naïves pour les savoir empoisonnées... S'il n'avait pas la même sensibilité envers la nature que sa compagne, cela ne l'empêchait pas de savoir comment l'exploiter. S'inclinant pour la saluer, il lui offrit un regard matois de ces yeux qu'il avait si pâles, si gris, semblables à un jour de pluie.

Plus sérieusement... Il fait beau aujourd'hui, aussi me suis-je dit que le climat de nos jardins serait propice à une collation. Me ferais-tu le plaisir de m'accompagner ?

D'un claquement de doigts, il commanda à ses serfs juvéniles de poser leur fardeau. Dès que ce fut fait, ils s'en furent sans un bruit, comme on leur avait appris. Interrompre les conversations est la pire des incorrections - en particulier quand l'on est censé les écouter. Sur la tablette de pierre à ses côtés avait été dressé un plateau de fromage et de fruits, où il piocha un quartier de quelque baie. Non loin trônait une paire de coupe prêtes à être remplies - il avait pris le pli d'en prévoir une deuxième au cas où elle voudrait se joindre à lui. Bien mal avisé serait celui qui se permettrait d'y boire sans son aval, mais cela faisait partie des privilèges qu'elle avait acquis. Bien qu'ils n'aient pas grandi sous les mêmes latitudes, les sphères dans lesquelles ils évoluaient étaient les mêmes - plus encore depuis qu'ils étaient devenus des Enfants du Soleil.

Et toi, quel bon Vent t'amène ?


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Message Re: A toutes ailes [PV Amadeus]   A toutes ailes [PV Amadeus] EmptyVen 30 Oct - 2:48
Un vague sourire fut esquissé alors qu'Amadeus avait entamé leur conversation par quelques flatteries. Il n'avait pas attendu pour se montrer devant elle, vêtu d'un manteau au col en fourrure mais non dépourvu d'une certaine prestance. Certes, l'habit rappelait les coutumes barbares, elle y voyait pourtant, au travers de l'allure de son confrère, un égal et le nier aurait été futile. C'étaient ses goûts à lui, mais l'Oracle du Condor ne pouvait décemment pas dire qu'il détenait l'apparence d'une telle basse souche. Preuve en était qu'il ne semblait pas se passer des Moineaux dont il s'était entouré depuis qu'il avait entreprit de jouer les philanthropes. Des enfants qu'elle ne portait pas véritablement dans son cœur, mais si on pouvait les qualifier d'âmes silencieuses, leur maître l'était tout autant. De ses conditions au passé qu'il avait certainement dû avoir, Octavia n'en connaissait que très peu. Trop peu pour pouvoir tenter de coller une étiquette au Faucon, mais qu'importe: Elle ne le forcerait pas à parler s'il ne le désirait pas. Elle-même en avait plutôt fait de même jusque-là...

Du coin de l'œil, elle avait aperçu deux petits serviteurs se faufiler entre eux, amenant panier de fruits, du vin et ainsi par la même occasion de quoi déjeuner directement dans les jardins. Sacrés, ils l'étaient, mais il demeurait néanmoins des lieux où la présence mystique se faisait plus fort, et d'autres bien moins...Une présence qui exigeait qu'on respecte un tant soi peu ces mêmes lieux en allant quérir et donner prières et offrandes. Elle ne doutait pas des intentions du patricien, probablement devait-il être conscient de toutes les contraintes qu'ils leur étaient imposés dans le domaine d'Apollon. Et un sourire plus grand aurait pu lui être accordé quand on savait que connaître ses mêmes contraintes, c'étaient aussi avoir les outils nécessaires pour les contrecarrer, et de cela, Octavia n'en savait que trop bien.

S'il y avait une seule chose dont elle s'était habituée, alors elle aurait choisi ce comportement taquin qu'il adoptait parfois durant leurs entrevues. Le regard matois qu'il lui lançait à l'heure actuel alors qu'il s'inclinait en était la preuve. Ce à quoi, après l'avoir observé d'un haussement de sourcils pendant quelques minutes, elle s'était permis de lui accorder un regard des plus amusés, bien que la froideur de ses yeux bleus apparaissait lui donnait toujours un air quelque peu détaché de ces jeux triviaux. Pourtant, il lui arrivait parfois de prendre part à ces quelques taquineries avec le Faucon.

"Vous m'en voyez ravie. Dans ce cas, je prendrais volontiers place à ce festin, si tout du moins on me l'accorde..."
Elle avait pris une brève pause, de façon à mieux contempler les enfants qu'il exploitait et qui, dore et déjà, déposaient le plateau près d'une petite table rocheuse, à la gauche de l'Evêque du Faucon. Légèrement courroucé par leur présence, une expression plus fermée avait pris place sur le visage du Condor. Il fallait dire qu'elle n'appréciait guère voir les enfants trainés dans ses pattes, car elle y voyait là une certaine intrusion malgré leur utilité. C'était un fait indéniable, même. "Je vois que vous êtes toujours accompagné toujours "d'eux""

Le ton avait été plutôt sec, mais on ne savait véritablement y déceler un reproche ou un simple malaise. Probablement un mélange des deux. Octavia savait que l'Oracle du Faucon avait du flair, et il n'était certainement pas dupe face aux préoccupations de ses comparses ni même de leurs attentes. Peu y voyait là de bonnes intentions de sa part cependant, et ces personnes-là n'avaient pas forcément tord finalement. Pour sa part, elle savait que tout cela ne dépendait que de la tête visée, ainsi que l'objectif que le patricien visait à atteindre, lui qui picorait quelques baies alors qu'elle l'observait silencieusement. En cela, Octavia n'était pas si différente tout compte fait, tout au mieux plus attentionné.

"De la nostalgie Amadeus, je suppose. Cela fait depuis déjà plusieurs années que vous avez réussi à me convaincre de venir en ces lieux, mais le contexte se dessine déjà, et le vent se fait plus dur. C'est une chose que nous tous avons dû probablement ressentir, le contraire m'étonnerait après tout..."Elle prit une pause, comme pour réfléchir davantage à un souvenir lointain qui n'en était cependant pas un. "Je me rappelle avoir découvert ses lieux alors qu'il n'était qu'à ses premières années d'éveil en ce siècle, mais depuis, la Tour des Vents a eu l'occasion d'amener bien plus de savants au service du dieu du Soleil. Sa volonté ne devrait pas tarder à éclater au grand jour, mais je n'apprécie pas le sentiment de ne savoir déceler une partie de l'avenir."

Un deuxième verre avait été amenée sur le petit plateau en leur honneur, aussi avait-elle deviné qu'il s'agissait là, probablement, d'une invitation qui lui avait été réservée. Voire même approuvée tout court, par les mots qu'il lui avait prononcé avec aise. Un habitué, voilà ce qu'il en était dans ses demandes exécutées sans aucune hésitation. A peine avait-elle porté son attention sur les coupes, que les enfants, guidés par les ordres intimés de leur maître, s'étaient portés légitiment volontaire à y verser le précieux liquide. D'un geste délicat mais habile, elle avait senti le contact froid et le bout de ses doigts s'établir, résonnant comme une vaste réminiscence d'un toucher qu'elle avait déjà connu en appréhendant celui d'un poignard. Usant d'un effort minimal, elle leva le verre tout en soutenant longuement le regard de l'autre homme afin de respecter la tradition à laquelle elle allait se prêter.

"Trinquons à Apollon, et visiblement, au bon vent qui vous a amené ici vous aussi." avait-elle répondu sans trop de tact, pourtant plus amusée que les quelques secondes présentes jusqu'à en sourire quelque peu.

Gérer une femme avec un caractère fort et solide n'était pas chose aisée, mais en employant suffisamment de moyens, on pouvait espérer parvenir à tirer quelques avantages. Ne serait-ce que ne pas s'attirer les foudres de ces dames.
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Message Re: A toutes ailes [PV Amadeus]   A toutes ailes [PV Amadeus] EmptyMar 10 Nov - 16:31
Cesse avec le vouvoiement, veux-tu ? Nous sommes entre nous.

Ce n'était pas la première fois qu'il lui en faisait la remarque. Non qu'il ne comprenne pas : ils avaient l'un et l'autre grandi dans cette société guindée où la politesse est clé de voûte, où la forme fait loi. Mais les lois de l'extérieur n'avaient pas leur place ici. À leurs portes, le monde s'arrêtait, et un nouveau commençait. Une vision qui ne serait pas sans plaire à Apollon. Et puis, comme il l'avait dit, ils étaient entre eux. S'il y avait quelqu'un envers qui il pouvait faire montre d'un peu d'intimité, c'était bien Octavia. Ils étaient les premiers à avoir fait résonner leurs pas élégants dans les couloirs de la citadelle - et les seuls, pendant un long moment. Solitaires dans cette arche solaire, cela ne faisait-il pas d'eux les Adam et Ève d'un futur univers ? Le monde allait changer, c'était inévitable, et nul ne pouvait plus qu'eux y être préparé. Ils étaient les pionniers ; ceux qui rebâtiraient ces terres désolées à l'image de leur divinité, de sa puissance ancienne et véritable. Une force qui allait bien au-delà des velléités bellicistes d'Athéna.

Ils ne m'accompagnent pas souvent, fit-il remarquer. La plupart du temps, ils sont disséminés aux quatre coins du pays... Du continent serait plus juste, mais il était dans ses habitudes de biaiser les informations pour tromper quiconque se plairait à les entendre sans son consentement. Certains avaient même trouvé leur place par-delà les mers, mais de ceux-là il n'obtenait que rarement des informations. Son regard se porta vers le coin d'ombre où la paire lui ayant servi d'escorte s'était retirée. Un air roublard éclaira ses traits. ...Mais il faut bien qu'ils reviennent prendre des ordres de temps en temps. Leur présence vous indispose-t-elle tant ?

Un léger sourire ourla ses traits à l'idée que de simples, insignifiants moineaux puissent la déranger, elle d'ordinaire si imperturbable. Et dire que ceux-là ne pouvaient même pas chanter ! Il n'était toutefois pas faux de dire qu'il y en avait toujours un ou deux pour répondre à ses ordres, le besoin dût-il s'en faire sentir. Ce n'était pas la première fois qu'Octavia manifestait son mécontentement à leur égard, sans pour autant contester leur utilisation. Pour autant, ils ne s'étaient jamais donné la peine de développer le sujet, les échanges entre elle et eux n'ayant été que fugaces jusque là. Seule conséquence de cela, Amadeus avait bien vite appris à venir la voir en personne au lieu d'envoyer un messager - non qu'aller à sa rencontre le dérange, tout au contraire. Tout instant passé en sa compagnie était un véritable ravissement, bien qu'ils ne fissent que lui rappeler que les autres Oracles avaient peu de chance de lui être si bien adaptés.

Non que ce soit une nécessité, mais ils auraient beau jeu de prêcher l'harmonie si eux-mêmes ne parvenaient pas à s'entendre. En dernier recours, Amadeus pourrait toujours les éduquer ; c'était une garantie de succès, mais cela requerrait de sa part un temps qu'il n'était pas prêt à donner. À moins qu'Apollon le lui demande, évidemment... Mais il doutait que ce pan obscur et fétide de ses talents soit de ceux que le Dieu puisse solliciter. Cependant, qui pourrait se vanter de comprendre une telle entité ? Celui-ci ne lui avait plus adressé la parole depuis... Et bien, depuis qu'il y avait eu son Condor à aller chercher. Son regard soutint brièvement celui d'Octavia alors que leurs coupes s'entrechoquaient dans un tintement mélodieux. Le liquide sanguin à l'intérieur lui renvoya son propre reflet. Celui d'un oiseau de proie avide de savoir dans quelle chair son bec irait se planter en premier.

Au vent qui gonfle nos ailes ! Puisse-t-il nous porter aussi loin et longtemps que nous aurons besoin d'aller, renchérit-il avant d'en boire une gorgée. Riche en bouche, le breuvage laissait presque deviner la grosseur des vignes ayant servi à sa confection. Et que Sa lumière toujours éclaire notre chemin, compléta-t-il en jetant un œil vers la salle où reposait le Soleil personnifié. Mais je vous en prie, servez-vous, fit-il en désignant les plats. Je n'arriverai jamais à finir tout ça.

Dattes, figues et autres produits ornaient les paniers en quantité. Il n'avait pas poussé le vice jusqu'à connaître ses habitudes alimentaires, mais était presque sûr qu'elle trouverait de quoi se rassasier. Fugacement, Amadeus regretta de n'avoir pas prévu de charcuterie : on ne peut demander à des rapaces de se satisfaire bien longtemps d'un régime phytophage. Sans quitter sa compagne des yeux, ni se départir de sa coupe, il alla piocher un grain de raisin dans les coupelles à ses côtés. Le tenant avec tant de délicatesse qu'on l'aurait cru de verre, il le guida vers les lèvres de sa congénère. Libre à elle de l'accepter ou non, quand bien même il eût été déçu de la voir refuser ; cela n'aurait en rien interrompu les petits jeux qui les liaient depuis un temps. Sa moue se fit plus songeuse en parallèle, ses yeux allant jusqu'aux sommets.

L'attente ne pouvait durer éternellement. Je m'étonne que ce ne soit pas arrivé plus tôt. À présent, il est temps pour nous de sortir de nos cages et de voler jusqu'au firmament. Il se retourna vers elle, la gratifia d'un ris plein de charme et de mystère. Oh, n'ayez crainte. Vous n'êtes pas la seule à ne pas aimer ne pas savoir ce qui vous attend. Mais tant que nous serons autant de plumes à Ses ailes, comment pourrions-nous tomber plus bas que le ciel ? Il est bien normal de se tenir au plus haut quand l'on sert le Soleil... Même s'il nous jusqu'au jour promis agir dans l'obscurité. J'espère seulement que nos compagnons d'armes, eux non plus, ne l'auront pas oublié. J'ai des yeux partout, mais s'il me faut les retenir, les mains risquent fort de me manquer. Il n'y a guère que toi sur qui je suis sûr de pouvoir compter...


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