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 [Début août 550] Case départ [PV Akritès]

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Message [Début août 550] Case départ [PV Akritès]   Mer 20 Juil - 3:25
Ce n'était ni plus, ni moins qu'une révélation faite. Comme une condamnation imparable. Râhi avait sacrifié sa vie pour la sauver. Et ce n'était pas du fait des Marinas, ni même d'Avalon ou une quelconque autre faction plus ordonnée, ou même plus sauvage les unes que les autres qu'Ariane devait la vie, mais à un simple homme dépourvu d'armure. Un Saint sans en être un.

Tout avait commencé à partir de ce sacrifice. Alors le Lion d'Or, celui qui l'avait recueilli, ainsi que les Lyumnades s'étaient mis en chemin, en direction de l'édifice qui surplombait l'ensemble des autres Temples. La route avait été plus silencieuse, plus pensive. Du moins de son côté.

Il était étrange qu'à deux reprises, la gardienne de l'Antarctique devait la vie à un supposé-ennemi plutôt qu'à son propre camp pour qui, étrangement, elle aurait donné jusque-là toute sa vie. Pourtant à Alexandrie, cette vie fauchée n'avait pas été la sienne mais celle de Râhi, retrouvé dans les rues de Rodorio inerte. Aucune larme n'avait coulé, pourtant elles étaient montées dans ses iris. Alors Ariane avait vu les gardes prendre son corps...Et puis ce fut tout. En apparence.

La mort frappait, mais l'atlante l'avait déjà vu à l'action auparavant.

Une à une, les marches en marbre blanc avaient été gravi au côté de Childéric. Un regard fut lancé à son égard, dissimulé sous quelques mèches ébène, rebelles et ondulées. Brave homme, héberger un ennemi sous son toit n'avait pas dû être une mince affaire, toutefois il s'était exécuté sans hésitation et sans aucune rancune malgré leur première rencontre. Quelque part, elle repensait à ce pauvre Lytès, première et dernière rencontre depuis sa libération. Un remerciement souriant mais plus timide qu'à son habitude s'était échappé bien rapidement.

« Je te remercie Childéric. Ca n'a pas dû être facile pour toi non plus toute son histoire... »


Mais c'était déjà beaucoup. La situation était ironique et pourtant cruelle. Son silence parlait de lui-même, alors que ses yeux turquoises exploraient de nouveau le Temple du Pope dans une fière litanie. Triste litanie. La porte était sur le point d'être franchie.

Enfin, elle pénétrait dans la salle du chef des lieux. L'endroit n'était pas véritablement une nouveauté en lui-même ; de fait l'ancienne Tribut y était déjà allée par le passé. Pourtant, quelque chose différait. Dans les airs. En face d'elle. Le premier sens attisé fut l'odorat et non pas sa vue, contrairement à la dernière fois. Et tout comme les musiciens pouvaient proférer leurs douces notes avec cruauté, elle avait appris à se méfier des fragrances subtiles mais mortelles. En particulier lorsque l'odeur ne différait en rien de celle des roses.

Un sourire partagé lui avait été adressé. Bien sûr...Elle avait entendu parler de tout cela à Rodorio. Légèrement tout du moins. Bélisaire avait péri lors d'un assaut. Triste nouvelle. Mais ce parfum...Le précédent Chevalier des Poissons n'avait-il pas été Nimuë ? Etait-il possible que son maître ait pris cette fonction?

Elle n'en sut pas plus. La générale fit pourtant une légère révérence.

« J'avoue, que je ne m'attendais pas à voir un ancien chevalier des Poissons prendre ce poste. Félicitation pour cette promotion nouveau Grand Pope, et mes condoléances pour Bélisaire. J'ignorai qu'il n'était plus de ce monde...»

Un homme autoritaire mais amusant. Triste destin. Ariane s'approcha un peu plus de là où se retrouvait le Grand Pope, tout en conservant une distance appropriée. Nulle doute que la jeune femme tentait de faire preuve d'un minimum de respect. Si respect il y avait toutefois, avec une aura presque carnassière.

« Excusez-moi, mais je n'espérais pas me présenter une seconde fois ici-même. Je suis Ariane des Lyumnades, actuelle gardienne de l'Océan Austral.  »

Voilà qui était fait. Il était difficile de prévoir les réactions du nouveau Grand Pope ; la générale ne le connaissait pas, et lui ne la connaissait probablement pas non plus. Ou peut-être que si ? Quoiqu'il en soit, Ariane avait quitté cette prison dorée en une mission non achevée du côté du Sanctuaire. Et cela avait peut-être son lot d'importance. Il fallait dire que l'ancienne Tribut s'y perdait parfois.

« Ma présence en ces lieux ne doit pas être la plus appropriée, je le conçois bien. Mais...J'ai donné une parole ici-même, il y a quelques mois, avant de partir pour Glastonbury, et à l'ancien chevalier de la Vierge aussi. Je ne suis pas apparue ici volontairement, mais les précédents événements m'y ont poussé. » Le ton était presque enjoué, mais le souvenir de celui qui s'était sacrifié porta un coup de grâce à une véritable émotion. Pour finalement en simuler une autre. Et puis, Thalès avait disparu, lui aussi. « Pourtant ma présence ne tient que de votre jugement pour l'heure. »

Il n'y avait rien d'autre qu'un faux sourire bien maîtrisé, presque innocent. L'atlante était pourtant loin d'avoir son humeur d'origine. Plus méfiante, elle analysait le terrain avant de s'engager réellement. Et puis, il était possible que l'homme avait d'autres questions en tête. C'était une hypothèse qu'elle n'écartait pas.




Dernière édition par Ariane le Lun 1 Aoû - 11:30, édité 2 fois
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Message Re: [Début août 550] Case départ [PV Akritès]   Lun 1 Aoû - 2:12
Retour de l'enfant prodigue


La lettre de Childéric l'avait surpris. Ariane, ancien tribut des Marinas. En d'autres temps, il n'aurait pas relever ce genre d'informations et aurait laisser cela entre les mains des Chevaliers d'or. Mais, elle avait ramené le corps de Rahi et permit un enterrement selon les anciennes règles de la Chevalerie pour le protéger des nuits éternelles aux Enfers. Pendant un bref instant, il avait été un chevalier d'Athéna en combattant ses pires ennemis. Même le nouveau Pope ne pouvait le nier, c'était donc la raison de cette rencontre dans les meilleures hospices.

La jeune femme arrivait enfin. Pleine de charme comme le plus doux des parfums, élégante, raffinée, c'était agréable à regarder mais Akritès n'ignorait rien des capacités ancestrales des Lyumnades. Son poison était tout aussi insidieux que le sien à dire vrai. Toutefois, il se contentait de la laisser parler, de se présenter comme une enfant qui demandait pardon à une faute.... Un Jugement ? Posant la main lascivement à sa joue, il la regardait demander quelque chose en demandant une autre chose. Etrange petit jeu de la demoiselle. Un sourire s'esquissait lentement sur les lèvres du Pope quand il se releva lentement pour inviter de la main la jeune femme à se relever.

- Un jugement ? Pourquoi donc ?

Le jeu commençait et amusait l'enfant qui sommeillait au sein du Pope. Il était de ces orientaux aimant voir où les hommes étaient capables d'aller pour défendre leurs idéaux, lui n'hésiterait pas à faire connaître le "Suicide" à toute personne qui s'opposait à la volonté de sa Déesse.

- Je suis Akritès Salonikas O'. Je vous remercie d'être venu jusqu'à nous et de nous avoir confier le corps du Chevalier d'or de la Vierge, enfin l'ancien chevalier... Il sera enterré avec les honneurs dû à son rang, chez nous, on oublie pas la cause pour laquelle on se bat. Rahi, malgré son caractère de merde
- un grand éclat de dire se fit entendre avant que le Pope ne se reprenne - était quand même l'un des nôtres.

Ceci étant dit, le Persan ne comprenait pas la véritable raison de sa présence. Autant elle avait combattu des forces que les Saints combattaient depuis des années, autant il était clair que les Marinas étaient "neutres" dans cette histoire. Akritès était le garant de l'ancien traité avec le Grand Prêtre de Poséidon qui s'appelait Liao.

- Comment va le Grand Prêtre Liao ?

Question innocente, il n'avait aucune connaissance des choses du monde marin. En fait, il exécrait cette habitude de la race atlante de vouloir vivre sous l'eau, sans compter l'arrogance de leurs technologies qui suivait de peu. Là, on en était aux prémices de la conversation, il attendait donc que la "demandeuse" avance ses pièces sur le jeu d'échec qui prenait place dans le grand Hall du temple du Grand Pope.



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Message Re: [Début août 550] Case départ [PV Akritès]   Lun 1 Aoû - 23:59
L'homme aux cheveux verts l'invita à se relever en un geste presque impérial. Akritès. Le nom semblait grec, bien différent de la connotation plus latine de l'ancien Grand Pope. Un maigre sourire s'était esquissé sur les lèvres de la générale alors que la conversation commençait par des formalités toutefois plus tranchantes. Oui, l'ancienne tribut pouvait sourire, mais la mort apportait une certaine aigreur sur son visage, une sensation qu'elle ne pouvait masquer. Ce fut précisément le cas pour Râhi, et pour les autres aussi. Leurs disparitions étaient au fond une épreuve difficile; il signifiait un sérieux échec. Alors en conséquence, il devait y avoir un tombeau? Une preuve de tout ceci? C'était légitime, respectable pour la Vierge mais la pensée lui était douloureuse, sous ses airs posés.

"Une consolation, comme un honneur pour lui, n'est-ce pas? J'aurai préféré ramener l'ancien Chevalier de la Vierge vivant. D'une façon je dois la vie à un mort, désormais...Même s'il était...Eh bien, "Râhi". J'ai pour croyance qu'un comportement n'est pas révélateur d'une personnalité, et si j'ai connu un chevalier insolent ici-même, je l'ai également perçu aussi inoffensif qu'un enfant, aussi féroce qu'un chevalier. Ou aussi nostalgique qu'un homme qui redécouvre son passé avec curiosité. J'aurai apprécié voir cette personne grandir et évoluer en ce monde, ou dans le votre, plutôt que de garder des remerciements."


Sauver son âme des nuits éternelles... L'idée était vague, Ariane ne faisait pas partie de la chevalerie d'Athéna, mais elle avait appris les us et coutumes en ces cinq années passées au Sanctuaire. Le cimetière ferait de lui un chevalier avec une sépulture. Il vivrait également un au-delà plus doux. L'atlante le comprenait bien. Oui, bien malgré le jeu tactique que deviendrait certainement cet entretien. Après tout, la jeune femme n'était pas arrivée ici de bon cœur. Il y avait quelque chose d'intéressé, alors qu'elle pressentait porter un lourd fardeau sur ses épaules. A commencer par son départ du Sanctuaire improvisé, qui eut tôt fait de piquer la curiosité d'Akritès sous une fausse ignorance. Ô, son ton n'avait rien de déplacé ni même d'offensant, non. Ce fut plutôt le fond qui semblait lui conférer un peu plus d'audace. Elle comprit qu'il n'y aurait pas forcément de "jugement". Pas encore.

"Eh bien, pour être honnête Grand Pope, j'ai...Quelque peu jouer sur les règles d'une précédente requête, et prit les libertés qui me semblaient nécessaires. Rien de bien méchant cela dit, c'était finalement réciproque d'après une certaine source. Par ailleurs, je vous remercie pour l'hospitalité dont vous avez fait preuve ces derniers jours."

Sa main se porta en direction de sa poche, puis hésita. Peut-être avait-elle sous-estimé Bélisaire? Ou peut-être pas. Peu importait, car le Légat avait déduit les ordres qu'on lui avait donné. Et l'atlante aux cheveux d'ébène ne doutait pas de la fourberie de l'ancien général de l'Hippocampe; à dire vrai, c'était parfois une qualité qu'elle partageait volontiers avec lui. Seulement en ce jour, Ariane n'aurait su être au courant des nouvelles d'Atlantis qui lui glissaient totalement entre les doigts. Et c'était mieux ainsi, le choc avait suffisamment été perceptible pour l'heure, un vaste souvenir du massacre d'il y a cinq ans et d'hier. Il y avait un temps pour les larmes et un autre pour garder un sang-froid nouvellement renouvelé. Qui plus est, face à un guerrier étranger, un terrestre. Liao? Rien ne confirmait ses soupçons, mais lui aussi, n'était pour l'heure qu'un souvenir. Ou un deuxième soupir. Comment il allait?

"Son état? Je ne saurai que vous dire véritablement. Il était sévère, la dernière fois que je l'ai vu, mais gérer une chevalerie toute entière n'est pas toujours de tout repos lorsque l'on reprend les rennes d'un ancien chef. Vous, plus que quiconque, devez certainement le savoir."


Le Sanctuaire avait également connu son lot de pertes après tout. Rodorio... Du côté de la Marina, à y réfléchir actuellement, avec les renseignements qu'elle avait, les généraux n'étaient rien de plus qu'une famille brisée. Si Ariane en était la grande sœur, elle venait pourtant d'égarer le tout nouveau néophyte, et de perdre l'équivalent d'un faux jumeau. L'Arctique. L'anneau, Lytès. Un soupir s'évapora prestement. Son devoir envers le général du Kraken, ainsi que la mission à Alexandrie, n'étaient ni plus ni moins qu'un échec, comme un vase dont elle tentait de recoller les morceaux un à un en étant blessée d'une main.

Alors, son initiative était peut-être vaine, mais Ariane persistait tout de même. Sa main attrapa finalement l'anneau dans sa poche, et commença à jouer avec en faisant dérouler l'objet en or le long de ses doigts. La générale détestait le voir. Elle détestait son aura. Elle détestait tout désormais dans cet anneau. Mais le bijou confirmerait ce qu'elle dirait.

"Le dernier ordre que j'ai reçu du Légat m'indiquait d'enquêter à Avalon, un point de convergence dans ce qui se trame actuellement. C'est une île qui devrait attirer votre attention; vous n'êtes pas sans savoir que les Spectres sont actuellement en mouvement, que ce soit dans le monde ou sur cette île, même si Hadès n'est pas encore éveillé. C'est un "enjeu", un accord. Elle est actuellement protégée par un triumvirat entre Seigneur Poséidon, Apollon et Athéna. Enfin, théoriquement...Avalon a perdu son roi et cela fait bien longtemps qu'elle a été "délaissée" par nos divinités, dirons-nous. Pourtant, je pense que ce roi est ici, et d'une façon ou d'une autre, c'est ce que j'ai tenté de dévoiler à un druide qui se cachait à Alexandrie. J'ai donné une parole à Dame Nynaeve. De l'aider. C'est l'un de mes frères d'armes qui a su apporter une réponse pendant que je...combattais des chefs de camp ressuscités. L'un, des Marinas et l'autre...Je ne saurai dire. Des Spectres...Ou plutôt des Masques? Qu'importe, ce sont des ennemis. S'ils retrouvent leur roi, les Ligures pourront agir indépendamment, sortir de leur Tertre et ainsi mieux s'opposer à la menace que représentent les nouvelles forces qui ne tarderont pas à tous nous frapper. Un enfant a été envoyé à Athéna il y a plusieurs années, n'est-ce pas?"
La réponse se trouvait dans les paroles de Nynaeve, et en cet anneau pour les forces antithèses. Ce dernier continuait à rouler sur son index, puis sur son pouce, pour finalement revenir au-dessus de son index. L'éclat ainsi que l'odeur des ténèbres et du feu ne pouvaient que capter leurs attentions. "Si c'est le cas, alors je suppose...Qu'il s'agit bien de cet Artorius dont on m'a parlé et dont j'ai entendu le nom alors que je n'étais qu'un tribut. S'il est sûrement en sécurité, il est le seul à pouvoir mener cela dans son Royaume. Vous voyez cet anneau?"

Ariane fit sauter l'anneau afin de le présenter au Grand Pope depuis sa main. Ce n'était pas la première fois que les Masques de la Mort Rouge avaient menacé un Marina pour une goutte de sang.

"Une chose me dit que cette nouvelle force n'a rien de bon. Elle est oppressante, invasive. Elle s'étalera, prendra de l'ampleur en coopérant avec les morts...Les Masques de la Mort Rouge. Si j'ai réussi ma mission, un homme du nom de Myrddin devrait arriver au Sanctuaire..."

Les voilà prévenu pour cette partie-ci.


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Message Re: [Début août 550] Case départ [PV Akritès]   Mar 2 Aoû - 1:07
Premier acte : la Franchise


Akritès était toujours accoudé à son siège, la main sur la joue avec un sourire énigmatique. Regardant l'anneau qui était tendu vers lui, il le soupesait d'un regard noir. Les Druides Noirs. La Déesse de la Guerre avait prévenu le Grand Pope des évènements de Carthage et les informations du Général des Lyumnades confirmaient que cela se passait à l'échelle mondial. Son regard ambré se posait sur son invitée quand elle terminait enfin son petit discours. Quelques minutes auparavant...

- Vos informations sont exactes. Actuellement, le Druide parle avec le Chevalier du Capricorne sous la protection directe de la Déesse. Vous pourrez aller les voir tout à l'heure si le coeur vous en dit... Terminait il d'une façon badine et assez joyeuse vu le contexte. Ce n'était pas la première fois que les interlocuteurs étaient dérangés par cette sorte d'insouciance souriante du Pope. Pour ce qui concerne Rahi de la Vierge, oui, j'ai lu les rapports. Il était un enfant. Un être fragile comme le cristal et à la psyché zébrée de fêlures. C'est une chose dure à vivre que de ne pas se sentir proche des gens, une peur ? Une angoisse ? Je n'ai jamais eu la moindre solution à ce mal étrange qui peut prendre parfois les hommes. La Sagesse commande simplement de s'en remettre aux Dieux.

Ainsi donc, elle n'avait pas vraiment d'informations sur l'état de l'Empire Atlante. Elle n'indiquait pas une assurance d'une terre en paix avec elle même et c'était dans un silence protecteur que le Pope décidait de ne pas aller plus avant sur cette impression qui se dégageait en parlant de Liao. Il était vrai que l'ancien Pope avait eu un énorme respect pour lui, mais ce n'était pas son cas il fallait le dire ! Il continuait de penser que les Marinas n'avaient pas totalement choisi leur camps et qu'une trahison au pacte de non agression était parfaitement plausible... Il ne tenait pas pour l'instant à éveiller l'attention du Général sur ses pensées les plus intimes de toute façon.

Puis, vint la description des derniers progrès en Avalon. Il avait appris soudainement les raisons qui avaient poussé Athéna à se prémunir d'un danger venant de la terre des Sidhs. Poussant un grand soupir, il libérait enfin sa joue de son poing et se levait pour marcher un peu. D'un signe de la main, il invitait Ariane à le suivre dans sa bibliothèque afin de parler plus tranquillement de tout cela. L'anneau de la jeune femme dansait alors dans sa main quand il reprit le fil de la conversation.

- Cet anneau dégage un pouvoir étrange. Il est lié aux flammes les plus profondes de notre Monde, je n'en comprends pas encore toutes les nuances. Prenant un temps de silence. Oui, Avalon est sous la protection de trois divinités - Poséidon, Apollon et Athéna pour ne pas les citer - et la mission de cette terre sacrée est une des plus importante pour la survie même de notre Monde. Les Masques Rouges.... J'ai lu les rapports de Bélisaire et selon lui, il s'agit de créature chtoniennes liées à un plan élémentaire de feu et de ténèbres. Ces éclats des mondes anciens ont été scellés par les Titans autrefois dans les profondeurs du corps de Gaia mais des Humains sont parvenus à connaître les secrets pour leur rendre "vie".

Enfin, plus terre à terre, Akritès se permit une question moins oppressante !

- Je sais que Bélisaire vous a libéré de votre rang de tribut, c'est un fait ! Mais vous le savez que c'était voulu je pense, cette liberté était permise ou acceptée si vous la preniez. Sauf que vous ne vous êtes pas poser une simple question, quel est le lien de causalité de votre libération ? Nimue ? Non, elle ne devait même pas savoir que vous aviez cette mission à la base. Alors...





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Message Re: [Début août 550] Case départ [PV Akritès]   Mar 2 Aoû - 14:14
La jeune femme sentit le regard mordoré d'Akritès se poser sur elle et sur l'anneau. Entre l'apparente insouciance du "jeune homme" et les événements récents, Ariane savait que le comportement de son vis-à-vis clochait. Alors instinctivement, Ariane l'avait soutenu, cette étrange attention, et l'ambre rencontra la turquoise en guise de réponse; une apparence. Certes, le Pope avait la beauté des Poissons, mais du côté d'Ariane, il n'y avait rien d'autre qu'une méfiance retenue. Mieux valait ne pas trop attirer personnellement l'attention des Lyumnades, et nul doute que si Akritès n'avait pas été Grand Pope, la curiosité de la générale aurait été plus forte que sa volonté. La jeune femme décida toutefois de le laisser tranquille et de reporter son intérêt sur l'endroit où il l'emmenait. Evidemment, il n'y avait là rien de bien naturel; elle-même agissait parfois de manière enfantine pour cacher ses véritables intentions.

Râhi. Oui, Bélisaire l'avait connu, avait tenté de le comprendre et Ariane l'avait vu dans les souvenirs du métisse, au plus profond de sa mémoire. Elle étudiait, en comprenait parfois certains fondements, d'autres fois non. Mais le plus souvent, Ariane en faisait son arme en aiguisant ses analyses comme une lame. Pour Râhi, la jeune femme avait vu juste pacifiquement.

"Non, pas véritablement. Râhi était un homme troublé, entre l'enfant et l'adulte. Entre le masque et une réalité passée. Mais il n'était ni l'un, ni l'autre. A dire vrai, il n'avait pas de véritables limites et il ne pouvait percevoir le monde sans y poser quelques fondements, ou quelques bases extrêmes. La psyché humaine est une chose intéressante, mystérieuse et complexe. Avec de la patience et de la confiance, la peur aurait pu être balayé afin de lui redonner un semblant d'équilibre, mais c'est un processus long qui exige un seuil de tolérance. La Sagesse...Peut-être aurait-elle pu aider? Encore faut-il le vouloir et certaines personnes n'acceptent pas d'être sauvées dans l'immédiat. Par les autres, tout du moins...Quant à parler de proximité..."
Un apprentissage fait à ses dépends. Après cinq années, revenir au Sanctuaire Sous Marin avait été une épreuve. Quelque part, elle avait compris ce malaise étouffant, éprouvé par Râhi. La conversation continua, puis tourna bien rapidement sur le druide et le Chevalier du Capricorne. La surprise naissait sur le visage de l'atlante avec une sincérité étonnante. "Le druide est au Sanctuaire? Je n'y manquerai pas en ce cas...S'ils sont toujours là quand nous en aurons terminé cela dit! Enfin, je ne me suis pas trompée d'endroit. Ma mission est donc terminée...En partie."

Myrddin avait retrouvé le Roi et la parole donnée à Nynaeve avait été respectée. Quant au Grand Pope, il l'avait mené dans un endroit plus particulier. Ou non d'ailleurs. Il n'était pas rare que les chefs aient de quoi se tenir informer et cette bibliothèque lui rappelait étrangement celle du Légat. Des livres s'empilaient sur quelques étagères d'une hauteur impressionnante. Dans certains coins, quelques parchemins dépassaient discrètement, plus ou moins jaunies en fonction de leur âge. L'endroit était certainement plus paisible. Quant à l'aura de l'anneau, il s'était éveillé en entrant dans la salle, ou tout du moins avait-elle pris le reflet de son essence. Les Masques de la Mort Rouge étaient ainsi des créatures chtoniennes appelées par leur maîtresse, et ne devaient leur pouvoir qu'à la terre dans laquelle une partie de leur pouvoir était enfermée mais réveillée par quelqu'un. Dame Morgane, si le rapport d'Arellys ne mentait pas. L'enfant perdu. Le feu et les ténèbres. Y avait-il une raison logique?

"Son pouvoir...Est-il possible qu'il soit lié à ce qui pourrait s'approcher de lui? Cet anneau...a une utilité pour ces hommes qui souhaiteraient s'approprier le pouvoir de ces éclats, non? Où est-ce un moyen d'amplifier leurs expériences sur les créatures qu'ils appellent depuis les profondeurs de la Terre?"

Oui, l'anneau était peut-être responsable de la disparition, ou même de la mort de Lytès...La glace qui le contenait avait fondu et seule sa salamandre était revenue l'apporter. Ariane ne pouvait l'ignorer et ne pas l'interroger. Tout comme le Grand Pope souhaitait la faire réfléchir sur le but de sa libération. Lire dans son esprit eut été plus aisé pour répondre à cette tache, pourtant la jeune femme préféra jouer le jeu de la devinette. La mission à Glastonbury avait eu un étrange dénouement, que le Grand Pope n'avait peut-être pas reçu par ailleurs. Elle ne savait si l'actuelle générale de la Sirène Maléfique avait fait son rapport suite à l'objectif mené à l'Ecclesia.

"Evidemment. Nimuë est venue après...Elle m'a rejoint au dernier moment. Et je suppose que Bélisaire était au courant qu'elle ne ferait pas obstacle à ma libération?" Rien de bien difficile à deviner si l'on reprenait le déroulement de la situation. Nimuë l'avait rejoint bien après son dernier entretien. "Je n'ai pas de véritables hypothèses, mise à part les suivantes; en me relâchant, votre prédécesseur aurait procédé d'une telle manière que je serai repartie chez les Marinas, ce qui les auraient laissé maîtres d'eux-mêmes? Après tout, pour la mission à Glastonbury, les Saints Noirs semblaient déjà connaître Bélisaire, et je suppose que cela était valable également de son côté. Les événements récents me poussent à confirmer que le Sanctuaire a aussi peut-être besoin d'alliés, les Berzerkers ayant repris leurs activités habituelles. Me garder aurait donné une raison aux Marinas d'attaquer, au-delà de leur fierté ingénieuse. La liberté était peut-être un meilleur moyen de se rendre compte des différents objectifs que nous partageons pourtant. Alors, on m'a libéré pour avoir un œil second? Ou alors, l'ancien Grand Pope avait perçu que garder un général des Lyumnades dans vos rangs n'avait rien d'innocent de notre part? Celle-ci est alléchante je dois l'avouer. Mais je ne suis pas dans votre esprit, encore moins dans celui d'un mort."

Ils continuaient à avancer dans cette salle, caractérisée par ses nombreux couloirs. Toutefois, Ariane se demandait où le Grand Pope voulait réellement en venir.




Dernière édition par Ariane le Mer 3 Aoû - 0:12, édité 1 fois
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Message Re: [Début août 550] Case départ [PV Akritès]   Mer 3 Aoû - 0:03
La vérité est dans le creux du Verbe


- Vous pourrez aller le voir comme bon vous semble, vous êtes mon hôte ! Pour Rahi, je pense que c'est un secret que nous ne comprendrons jamais, au moins il est parti avec tous les honneurs, celui d'avoir sauver une femme !

Légère salutation de la part du Grand Pope quand il reprit le fil de la conversation. Il écoutait avec soin les propos du Général sur les propriétés de l'anneau et opinant positivement de la tête, Akritès se relevait de son siège afin de prendre un coffret dans un coffre d'origine persane sans aucune once d'un doute. Il le posait sur le bureau avant de retirer les livres et les papyrus qui le jonchaient et l'ouvrit devant la jeune femme. Une magnifique rose noire s'y trouvait. Une légère élégie se libérait alors de l'anneau et il chauffait rapidement avant que le Pope ne refermasse le coffret.

- Voici une rose noire de mon disciple Lucius, un membre des Roisin Dubhe avant que je ne le sauve de ce voyage vers les limbes. Il était un homme sinistre et froid, mais, il était devenu un fidèle gardien de la demeure des Poissons. Il m'avait dit que la Rose noire était liée à celles qui existaient dans le monde et pouvait m'éviter des mauvaises surprises des ennemis du Sanctuaire.... Donc oui, je suis parfaitement au courant de l'existence de cette secte de Druides Noirs. Je suis assez surpris que vous ayez autant de renseignements, Bélisaire donnait rarement sa confiance... Ceci étant dit, cet anneau vous immunise aux attaques des Masques Rouges, c'est une sorte de garantie comme cette rose. Gardez ce trésor chere amie ! Il est votre meilleure garantie TANT que vous n'attaquez pas évidemment !

Akritès se posait quand même des questions sur la réaction étrange de l'anneau. La rose noire avait réagi tout aussi bizarrement, une autre rose noire était dans la région et ce n'était pas pour le satisfaire dans les heures à venir. Soufflant un peu, il gardait ce sourire habituel en toute circonstance. Il ne voulait pas en rajouter dans le pathos pendant cet entretien. Puis, on en vint au sujet du "départ" des Lyumnades du domaine sacré. Il savait peu de choses, hormis ce que Bélisaire lui avait laisser comme testament de ses actions.

Bien des questions se compilaient à ses oreilles, certaines étaient de bonne analyse mais il était clair que ce n'était pas si compliqué.

- C'est un peu de tout cela. Mais c'est encore plus prosaïque si j'ose dire, le plus simple est de dire que nous voulions une bonne oreille en cas de guerre plausible avec les vôtres. Il était donc nécessaire d'avoir un moyen de diplomatie. Cependant, Bélisaire connaissait bien les Chevaliers des Ombres car c'est lui qui a découvert leurs présences secrètes dans ce monde. C'est pour cela certainement, du fait de votre lien avec les fées du lac, avec l'eau et votre don pour lire les coeurs, qu'il espérait avoir des informations à moindres frais. Enfin, vous le savez comme moi, vous n'êtes jamais revenue pour faire ce fameux rapport ! Explosant de rires. Bélisaire devait attendre que vous veniez à lui quand le moment serait propice, il avait pas tort finalement vu votre présence. Un sourire amical dansait sur ses joues alors qu'il reprenait une légère moue amusée par la situation.

Prenant un silence à la fin de son petit discours, Akritès reprit avec un air entendu.

- Quand on sait écouter les coeurs comme je sais écouter les plantes... Oui, il est normal de considérer que le Tribut des Marinas était un espion trop efficace pour nos propres plans.




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Message Re: [Début août 550] Case départ [PV Akritès]   Jeu 4 Aoû - 1:11
Son hôte? L'invité ne put lui offrir qu'un haussement de sourcil curieux ainsi qu'un remerciement silencieux. Le Grand Pope était un homme étrange, plus festif et moins concerné que Bélisaire en apparence. Ce n'était pas pour déplaire à la jeune femme, qui appréciait les accueils hospitaliers et respectueux, mais l'invitation n'en demeurait pas moins perturbante. Après tout, n'était-elle pas l'une des plus anciennes Marinas qui avait, de fait, protégé le Sanctuaire Sous-Marin lors de la guerre qui les avait opposé? Ô, elle n'éprouvait pas plus de regrets que d'engouement à toujours les considérer comme tel; chacun avait eu son lot de pertes et même si la pensée était douloureuse, Ariane avait en quelque sorte grandit à Rodorio. Elle avançait et terminerait par se relever peut-être un peu plus forte pour mieux affronter le futur. Du moins, la brune l'espérait et commençait sa lente guérison, ce qui ne saurait être jamais assez rapide à son goût.

Tout en approchant, la générale vit Akritès retirer d'anciens ouvrages et plusieurs papyrus qui jonchaient ça et là sur le bureau, entouré de livres certainement variés. Son intérêt avait été piqué lorsqu'une relique lui fut présentée dans un petit coffre. La protectrice de l'Antarctique tiqua alors, et ressentit la chaleur de l'anneau à l'approche de l'arme de cet ancien druide noir. Lucius...L'aura s'était faite plus forte, comme un parfum aspergé dans la pièce qui prenait les sens, l'esprit, leur perception. Il n'est pas de chose plus belle, ni même de plus fourbe, qu'une rose immortelle. En particulier celle d'un ancien chevalier des Poissons, fut-il disciple ou maître. Il était un membre de ces Roisin Dubh, l'un de ceux qui les avait peut-être bien pris d'assaut à Alexandrie il y a peu.

"Je vois...Ainsi donc cette rose protège votre Sanctuaire, tout comme cet anneau pourrait donc m'épargner d'eux...De ces druides?" Une bien étrange trouvaille de Teigne, mais il était toujours intéressant de savoir qu'elle pourrait continuer ses recherches avec plus de sûreté. Pas moins perdue dans ses réflexions, Ariane reprit ses esprits et se tourna plus en direction du Grand Pope, quelque chose semblait l'avoir interpelé. Le disciple... "Cela ne vous a jamais intimidé de former un tel homme? La trahison ou l'ancienne alliance est une chose généralement mal vue, que ce soit d'un côté ou d'un autre." Fortement, la jeune femme avait repensé à cet Arbhaal, qui avait trahit les Berzerkers pour mener une vie normale, ou tout du moins afin de retrouver une femme qui ressemblait cruellement à l'ancien Chevalier des Poissons. Mais ce n'était pas réellement important, si? Ariane était gênée de devoir poser cette question; l'ignorance était quelque chose qu'elle n'appréciait pas véritablement et ses mimiques, purement simulées, reprenaient le dessus pour lui conférer une aura inoffensive. C'était une vile apparence que la jeune atlante au visage poupin appréciait utiliser. "Pensez-vous...Qu'il y aurait un lien plus profond entre l'anneau et cette rose? Les deux semblent réagir ensemble et je ne parviens pas à faire le lien. Il préviendrait d'un druide noir en approche, peut-être?"

Le murmure était bref, quoique vif. Et plus son regard observait l'anneau vrombir sous ses mains chaudes, plus Ariane réfléchissait profondément à ses actes et à son utilité. En raison de son aura, Lytès et elle avaient pris peur. Mais cela voulait-il dire que l'anneau l'aurait protégé à Alexandrie? Qu'aucun incident n'aurait éclaté là-bas? Ils ne pouvaient le savoir certes, et évidemment que le bijou avait ses avantages comme ses inconvénients. Lui, faisait partie d'un long cheminement traversé depuis ces deux derniers mois de liberté, pendant lesquelles la générale n'était pas restée les bras ballants. Glastonbury, les geôles, Avalon, Alexandrie...Autant d'endroit qu'elle s'était permise à explorer à petits pas pour le compte du Légat!

Pour quels résultats? Ariane balaya rapidement cette pensée négative de son esprit. Glastonbury. La mission avait marqué son retour au Sanctuaire Sous-Marin. Le retour, jusqu'à la chute ou à la disparition de la plupart de ses compères le mois dernier. Peut-être était-ce cela, qui l'avait poussé à venir ici, à s'y abriter le temps de quelques jours, quelques semaines...Afin de s'y retrouver dans ses choix.

"Et Bélisaire n'avait pas tord. Evidemment..." Un fin sourire ornait ses lèvres. Ariane ne s'estimait pas véritablement prévisible de nature, mais il semblait bien qu'on était parvenu à lire dans ses idées. "Et il a bien réfléchi. A dire vrai...Je suis également et surtout venue pour cela, bien que je pense que mes informations seront triviales à ce point-ci."

Sauf si elle se remémorait de quelques détails. Mais l'atlante aux cheveux d'ébène avait donné sa parole et même si les informations arrivaient deux mois après, mieux valait tard que jamais. Pour preuve, le serviteur qui passait faire un peu de rangement ne put s'empêcher de porter un regard en biais en leur direction. Il ne récolta qu'un profond sourire dont la jeune femme avait le secret, ce qui sembla malheureusement l'assommer tant il était devenu aussi immobile qu'une statue. Il y a sept ans, cet homme aurait été la petite Capitaine maladroite d'Atlantis. Ariane n'avait pas son armure mais son statut d'atlante n'était pas caché, son cosmos non plus.

"Bélisaire ne m'a pas accordé sa confiance au point de me donner toutes ces informations, non. Et ce bien malgré mes compliments! C'est rare de ma part, un privilège que j'accorde à peu mais nous ferons avec."
Là n'était pas le problème mais plutôt la captivité en elle-même. Ariane était bavarde sans l'être véritablement. Mais c'était un autre sujet. "J'ai rencontré plusieurs de vos Saints au passage, cela m'a permis de mettre au point ce qui se passe. Vous ne vous êtes pas fait des amis, et pour preuve, certains complotent depuis leur point de repère pour réunir des forces portant à vous anéantir." Autrement dit, une alliance. Son sourire se fit ironique, ses pensées bien moins discrètes mais fermées. "Rassurez-vous, l'émissaire s'y est...Plutôt mal pris, et a peut-être surestimée ses chances."

Ariane repensa à l'insulte qu'avait proféré à plusieurs reprises Célestia à l'égard de Poséidon, d'eux-mêmes. Sans compter le parjure de son voyage à dos de dauphins. Involontaire, mais désobligeant. Elle repensait également à ce fourbe moyen diplomatique instaurée par l'émissaire au regard innocent, et puis à cette invitation ouverte qui lui avait permis de récolter les souvenirs de Célestia. Ses pensées? La générale ne lisait pas l'instant présent, mais ce qui était déjà écrit noir sur blanc dans un livre n'avait pas de secret. La révélation de cette information était parfaitement volontaire; la générale avait reporté un courroux aléatoire envers la jeune Oracle et Rodorio avait déjà révélé les ennemis, mais qu'importe. Elle en revint pourtant sur leur sujet. Glastonbury.

"Nous n'avons pas eu besoin de nos armures, ou de mon Ecaille à Glastonbury. Nous en sommes revenus vivantes, sans violence. Les cosmos étaient nombreux, au nombre de neuf de mémoire, et j'y ai effectivement découvert le repère des Chevaliers des Ombres. Ils se sont présentés comme étant des observateurs, pour le changement d'un cycle. Nous en avons tôt fait le rapport avec les Oracles, qui étaient eux-mêmes représentés sur l'une des fresques sous une ambivalence plutôt étrange. La Lumière, et l'ombre du Soleil. Ils ont dit...Ne plus se mêler des affaires des autres camps. Je ne sais plus si cela est bien vrai de votre côté, mais du notre, c'est plutôt véridique. "


C'était une information de base, qu'elle s'était longtemps promis de discuter avec un Saint au moins, un Grand Pope au mieux. Evidemment, Liao était un homme intelligent, l'équivalent d'un frère qui l'avait tenu occupée jusque-là afin qu'elle ne prenne pas trop ses libertés. Mais difficile de continuer à garder captive une prisonnière qui avait patienté pendant cinq années. Ses intentions n'avaient pas été prononcées et elle s'était faite femme de confiance, ne tiquant pas à la mission qu'on lui donnerait. Les doutes de Lytès. Quelque part, un lien demeurait avec ce Sanctuaire qu'elle avait autant haït dans ses premières années que considérée comme son triste mais gai foyer de rédemption. La gardienne le savait étrange et malsain, ce "lien". C'était comme une double allégeance où l'on sautait un cap pour aussitôt revenir à l'autre. Elle n'était pas sûre qu'une personne la comprendrait, mais un humain ne revenait jamais intact de la guerre, aussi pourfendu qu'il pouvait être. La petite salamandre sur son bras l'observait de ses yeux illuminé par un éclat vif, presque humain, et semblait comprendre sa dompteuse. Après tout...N'était-elle la plus proche de la générale?

"A dire vrai, je me demandais une chose, et vous y avez peut-être répondu tout seul finalement. Vous m'enlevez un jeu que j'aurai apprécié...jouer."
De l'assurance. Elle en avait manqué depuis les événements à Alexandrie. Retrouver ce cher Bélisaire aurait certainement été plus amusant pour la générale, notamment que le jeune homme n'avait pas été connu pour sa patience. Pourtant le Grand Pope en face d'elle était un homme plein de secrets, de cela elle en était désormais certaine. "Dans l'hypothèse où Nimuë aurait eu pour maître ou ancêtre ce Lucius, s'il était votre disciple...Ou même dans un autre cas...Eh bien, félicitation de paraître aussi jeune Grand Pope. Trois générations ou plus, ce n'est pas rien. Ma question peut paraître un peu intrusive mais...Eh bien, je suis étonnée de ne pas vous avoir pressenti ici-même en cinq années, et vous ne m'avez pas l'air fait de bois non plus. Etiez-vous caché ici?"

Si certains se seraient contentés d'écouter les informations, Ariane osait et le faisait cette fois-ci sans tricher; la lecture des pensées n'était pas une technique évidente et peu de gens était friand de ses "tours de magie". Ne rien connaître de son vis-à-vis lui donnait désormais l'impression de dépendre totalement de ce qu'il lui montrait, et pour cause: lui, semblait avoir des rapports ficelés par les soins de Bélisaire. Le nouveau Grand Pope n'avait pas été choisi dans la continuité du cercle d'Or cette fois-ci, privilégiant à la place un chevalier d'une autre génération. Il était en revanche ironique de Pour certaines Ecailles, on en venait presque à trois porteurs en cinq années, dont deux étaient soit portés disparus, soit morts. La Sirène Maléfique en était d'ailleurs une triste réalité; Eva, Arellys...Et puis l'actuelle. Nimuë.


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Message Re: [Début août 550] Case départ [PV Akritès]   Dim 7 Aoû - 16:15
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- Protéger ce Sanctuaire, non malheureusement, il ne peut que me prémunir personnellement et seul Lucius savait les créer... Un silence suivit la première remarque comme une pause trop longue, un légère incertitude certainement dans le regard. Lucius n'était pas l'homme mauvais que l'on pouvait croire, il croyait à la perfection de la beauté. C'est une chose qui m'a permis de penser qu'il aimait la vie plus qu'il ne le pensait lui même, donc oui, je lui ai donné un entrainement régulier afin de contrôler son étrange pouvoir. Cependant, il a accompli ce qui est interdit chez les Chevaliers des Poissons, le rite du ... Enfin là n'est pas le sujet. L'anneau ne prévient de rien, comme la Rose, elle vous protège simplement de la vindicte des Masques de la Mort Rouge. Ni plus ni moins.

Alors que le Général de Poséidon exprimait son avis sur les "comploteurs" au sein même de son propre camp, le Pope se mit à rire de bon coeur. Tout le monde râlait de ne pas comprendre, râlait et donc manifestait de l'inquiétude en quelque sorte... L'idée de complot était un sujet bien étroit entre la frustration de ne pas avoir pu sauver Bélisaire et le fait de ne pas connaître le nouveau Pope. Akritès n'y voyait pas malice, cela était dans le genre humain que de se poser des questions sans jamais s'arrêter.

- L'Homme est ce qu'il est...

C'était sa simple réponse alors que ses propres yeux pétillaient d'une malice bienveillante. Il ne pensait pas que les Saints se retourneraient contre lui, il était la Voix d'Athéna après tout ! Mais leurs comportements ne le dérangeaient pas du tout, c'était une réaction tellement humaine et à chaud des derniers évènements. Il en était de même pour les autres Factions qui parcouraient le Monde, leurs Dieux avaient une part d'Humanité indéniable telle l'Ego, la Fierté, l'Orgueil... Tout cela expliquait alors le jeu stérile des alliances afin de faire chuter la "Maison mère" qui présidait au destin du corps d'Europa.

- Ne vous inquiétez pas des autres ma chère, les autres Factions - comme la vôtre - veulent naturellement sortir leur épingle du jeu pour étendre une nouvelle Hégémonie. C'est en cela que je dis que tout cela est très humain finalement... Mais on ne sera pas un animal difficile à faire tomber.

D'un regard avisé, il écouta ensuite les propos sur les Chevaliers des Ombres. Il n'avait pas grand chose à dire là dessus, en tout cas plus que ce qu'elle savait déjà et il fallait dire que Akritès les considérait comme des adversaires potentiels dans cette sinistre page de l'Histoire qui allait bien s'écrire. C'était alors le moment choisi pour la belle de poser la question à laquelle il s'attendait depuis un moment... Il hésitait entre sourire tout bêtement sans répondre ou donner une réponse évasive... Sa tête se tournait lentement vers elle afin de choisir une option. Un léger sourire prit sa place sur le visage du Grand Pope, il n'avait rien de méchant, juste que la question l'amusait et il acceptait au moins de jouer l'étrange jeu que les Lyumnades venaient de déclencher. Chacun sa nature comme on dit.

- J'étais ici et ailleurs. Tous les Chevaliers n'ont pas la même mission, c'est la volonté de la Déesse. Et vous ? Vous hésitez depuis le début à me dévoiler votre nature ! Je le sens depuis un moment, vous êtes comme un chat tournant autour de son lait. Mais, vous doutez tellement de vos sens en ma présence que vous hésitez pourtant, Bélisaire m'avait indiqué que vous aviez plus d'allants que cela...

D'un geste rapide, le Pope disparut devant Ariane pour laisser apparaître sa présence dans son dos. Les pages qui étaient sur le bureau tournèrent quelques instants avant de s'arrêter dans le vide. Akritès était déjà à quelques mètres pour prendre un ouvrage dans les étagères en hauteur. Il en sortait un vieux livre de mémoire avec la date 545. Le Pope voulait comprendre les raisons de certains regards effacés depuis un moment, de troubles dans les mots... Les pertes étaient une loi de la guerre, que ce soit ici ou ailleurs, alors pourquoi s'en affecter plus que de coutumes ? Qu'est ce qui avait fait que la jeune femme malicieuse et maline était devenue si renfermée ?





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Message Re: [Début août 550] Case départ [PV Akritès]   Lun 8 Aoû - 16:13

« Bien sûr. Un monde n'est peut-être jamais suffisant, le reste n'est que convoitise, hein? Malheureusement, je n'ai aucun lien avec les morts pour le prouver. Portez une fleur sur le tombeau de Bélisaire de ma part, s'il vous plait. Je ne l'ai que peu connu mais c'était un adversaire intéressant. Cela motiverait un peu mes "allants". »

Ariane l'observait silencieusement, "vexée". Sur son visage, était pourvu ce soupçon d'irritabilité qu'on ne lui connaissait que depuis peu. Alexandrie, le Sanctuaire Sous-Marin, ou même Rodorio ne l'amenaient pas à se murer totalement dans un silence de sagesse. Peu patiente, ses yeux furetaient sur le livre que le Grand pope venait de lui tendre avec une certaine froideur ; la date ne l'inspirait pas le moins du monde. Peut-être devait-elle éclaircir les lanternes de ce pauvre homme? Du moins, sur ses raisons qui l'amenaient ainsi à se présenter en sa présence, alors qu'il dictait presque ses agissements, lui reprochait de ne pas être aussi mordante qu'autrefois. C'était aussi agaçant qu'intriguant. Pour une fois qu'elle se montrait diplomate, partageuse et peut-être même juste, voilà qu'il voulait la convertir sous ses beaux aspects de provocatrice.

« Je ne suis pas venue ici sur les ordres de mon Légat. » Bien sûr que non. Pour l'heure, il avait disparu, comme Hassan, comme les autres mais elle, demeurait dans une bibliothèque en compagnie d'un nouveau chef des Saints. La pensée l'eut fait rire en temps normal. Pourtant, ses doigts s'étaient contentés de parcourir la couverture avant d'en ouvrir le livre à la bonne page ; au début. « Alors j'ai pris des initiatives en allant à Alexandrie et d'autres m'ont suivi. C'est là que Râhi m'a sauvé, à la place des autres Marinas. Il est possible que mon échec me coûte bien plus que prévu. De toute façon...Il a déjà été assez douloureux si vous voulez mon avis. Etrangement, j'ai toujours été résistante, depuis mon arrivée en tant que général tout du moins.»

Mais cela, il le savait, non ? A mesure que le nombre de pas s'accumulait en même temps que celui des pages tournées, Ariane comprit ce qu'il se passait, ce qu'il voulait révéler. Et alors, son teint devint légèrement blême l'espace d'une fraction de secondes. La protectrice de l'un des sept Océans ne cacha pas son impression, tout comme elle tentait de reprendre l'un de son jolis et multiples masques. Son mensonge...Avait-il jamais existé? Son dos s'était redressé en gardant le livre entre ses mains.

« Où avez-vous pu prendre ce genre d'informations ? Je pensais que vous ne connaissiez que les rumeurs des gardes...Et vous désirez que je vous conte une histoire ? La mienne qui plus est ? ...Une douce attention. »

L'atlante s'était retournée, faisant alors face au jeune homme qu'elle contemplait d'un air grégaire, avec une intensité quelque peu inquiétante. La générale ne fit plus attention à la bienséance, et prit ses aises en s'asseyant sur le bureau, livre à la main. En vérité, il n'y avait là qu'une appréhension qu'elle ne comprenait pas. Ses jeux prenaient une allure mortelle bien malgré elle. Plusieurs mots y étaient inscrits. Ils évoquaient les atlantes selon le rapport de ce qu'elle crut être un Saint.

"La guerre avait commencé par des missives égarées par quelques messagers atlantes, qui prévoyaient d'apporter une aide nécessaire aux Berzerkers d'Arès, alors en proie à notre joug. Le Grand Prêtre Hassan, lui, avait prévu de contribuer à cette guerre ; ainsi éclata naturellement notre adversité. Pris de garde à Atlantis, les atlantes n'ont pu véritablement agir et former leur troupe qu'au dernier moment. Ce que nous y avons rencontré n'était guère plus, guère moins que les Marinas et ses généraux. Les Saints qui y ont combattu ont commencé leur progression dans un ordre différent."

Pour une fois, l'homme qui avait récolté ses informations savait de quoi il parlait ; sans doute à travers les mots des gardes et ceux des chevaliers vétérans, avait-il su dissocier les affirmations véridiques de ses illusions « amusantes ». Celles qui étaient fausses. Il fallait dire qu'une jeune fille de quinze ans en Ecaille faisait toujours un drôle de tribut. Mais les Marinas savaient utiliser ce qu'ils avaient, et si Ariane n'avait pas les meilleures compétences de tous les combattants en cette époque, son apparence juvénile et insouciante faisait d'elle un redoutable assassin au sang froid pour le compte du Légat et d'Atlantis. La gardienne de l'Océan Antarctique ne put dissimuler un froncement de sourcils persistant sur son doux visage. Elle reprit à la dernière page.

"...Jusqu'aux champs de coraux. Un massacre, un vrai. Il y avait deux généraux mobilisés à cet endroit. Dont l'une perdit le contrôle...J'en viens à penser, que la folie subite de la Sirène Maléfique a une autre origine. Elle tuait ce qui pouvait bien l'approcher, Marinas comme Saints. Ce n'était pas une trahison normale ou des réactions arbitraires ; c'était plus comme une manipulation. Une mauvaise manipulation, profonde. Une erreur. Et la seule personne présente en ses derniers instants fut sa jeune sœur. Le tribut. J'en déduis donc une tentative ratée...

A la fin, il ne restait plus qu'elle dans les champs. Des sources affirment qu'elle s'est portée volontaire à cette place. Peu importe, elle est venue au Sanctuaire, sans véritablement révéler quoique ce soit à son sujet. On lui a retiré une petite salamandre imprégnée de son cosmos en raison de ses capacités à y véhiculer des messages, à la commander."


Brusquement, elle referma le livre, ne souhaitant pas continuer davantage. Une colère silencieuse irradiait probablement la salle; et lorsqu'on connaissait suffisamment le tribut, il était aisé de deviner que tout pouvait arriver. Childéric en avait été témoin à deux reprises. La perfection n'était pas de mise; mais l'erreur, un rôle familier et recherché. Ô, la brune, la mime, se calmerait bien assez rapidement. Mais pour la deuxième fois, elle avait été incapable de protéger autrui.

« Il n'y a qu'une seule signification derrière ces mots mon Grand Pope. C'était coup double, un pari risqué. J'ai tenté, mais j'ai contribué involontairement à l'échec de cette guerre, par intérêt, par curiosité...Ce que vous voulez. Le mémoire est une chose délicate, cruelle. Un seul fragment déplacé ou mis en avant, et vous effacez toute notion d'équilibre et de temps, de tristesse, de devoir ou de bonheur ; c'est mon rôle. Cinq années étaient bien assez pour panser mes blessures dans une prison dorée, et tenter de rattraper cette erreur. Je me suis portée volontaire, de toute façon il ne restait plus, ou peu, si peu de généraux. Oui, les survivants étaient si peu nombreux... L'Hippocampe, la Sirène Maléfique en sont des exemples, morts. On peut dire que le « destin » était de votre côté, et pas du nôtre. L'ancienne génération a simplement été manipulé, puis comme balayé d'un revers de la main. Si possible, j'aimerai que cela ne se produise pas une seconde fois.»

"Mais c'est déjà le cas",
hurlait une voix dans le fond de son esprit. Sa raison.

Ariane avait envie de baisser la tête, mais elle ne le fit pas, préférant garder le secret de son silence plutôt que de le démontrer. La libération de Poséidon ébranlait ses convictions pour l'heure; peut-être parce que...jamais elle n'avait participé à l'élaboration de l'utopie atlante. La générale de Poséidon avait sans doute fait du mal pour le compte de Thanatos, dont le sceau avait été brisé en sa présence. Il n'y avait que peu de conviction dans ce qu'elle vivait actuellement. Mais le temps soignerait sûrement son état; s'en était certain. Et la jeune femme en ferait de même. Perdue dans ses lectures, cette nature était pourtant son espoir, tout comme la protection de cette nouvelle génération -et celles futures- qu'elle avait vu à son retour était désormais une garantie. Elle, serait protégée par Poséidon, désormais.

« "Il" m'a pardonné lorsque je suis revenue, pour la trahison de ma sœur...sans doute sans réellement comprendre les raisons. Il s'est simplement dit que je me flagellais pour une personne qui n'en valait pas la peine...Mais j'ai échoué oui. Je n'étais pas encore prête. Notre lien n'a jamais été explicitement signifié, mais de toute façon, les traits familiaux nous trahissaient parfois. On prenait de la distance à cet égard-ci. Quant à ma salamandre..."
Ariane esquissa un fantôme de sourire. "...elle est différente, je la considère comme une pièce importante et indissociable de ce que je suis. Comme une part de mes souvenirs, ainsi que ceux d'Eva d'une façon. Une relique de cette époque, en quelque sorte. Cela m'étonne que ce secret soit si bien gardé en un si petit corps. En un sens, ce Sanctuaire fut...mon pardon.»

Pour elle. Jeune, inexpérimentée. Inconsciente des limites de ses pouvoirs et à la fois si différente de ce qu'elle était aujourd'hui. La générale avait appris à écouter et à s'approprier les murmures des belles mais cruelles Naïades. Ressemblait-elle véritablement à ce Lucius qui expérimentait divers choses de la vie, tout en faisant le mal ? Finalement, tout était possible et si son regard jugeait bien ce qui l'entourait, elle-même était une autre expérience. Cela dit, Ariane savait que la curiosité, couplée à son impatience, était son plus grand défaut. Mais pour quoi combattait-elle aujourd'hui? La vengeance? L'amusement? Non, certainement pas pour des émotions. Mais alors, pour quelle raison? Le devoir, sûrement. Cette hésitation était perceptible en cet instant, elle-même avait du mal à y croire. La générale se perdait mais s'enfermerait dans sa tour pour renforcer ses convictions.

Ce fut la fin de ses pensées.

Ses pupilles entrèrent de nouveau en contact avec ceux du Grand Pope. Elle tenta de s'immiscer dans son esprit. Ariane détestait se savoir ainsi à découvert par un combattant qu'elle venait à peine de rencontrer. En terrain étranger, et avec un œil averti, l'on aurait pu observer les jointures de ses mains pâlir d'une blancheur presque blafarde.

« Mais vous étiez au courant n'est-ce pas? Que Seigneur Poséidon n'était pas éveillé à l'époque. Et de ce que je suis peut-être bien. Mais quelque chose me dit que je ne suis pas la seule à avoir connu le froid glacial de la survie. Vous aussi. Depuis le début de votre vie, n'est-ce pas? »

La jeune femme avait commencé à lire les souvenirs de façon indolore, toujours comme un livre ouvert. Le Grand Pope aurait pu balayer cette main qui était venue prendre son visage pour mieux l'observer. Et il le pouvait toujours. La représentante des Naïades et de l'un des Océans les plus inhospitaliers voulait peut-être bien réveiller quelques sensations dans l'esprit du vétéran, sans pour autant changer d'apparence. Ce n'était qu'un jeu des sens, sa façon de se protéger, tout comme la fragrance des roses prenait un peu trop son nez à son goût. Des cris d'enfants. Oui, son enfance. Le reste était moins aisé à compléter, et Ariane ne désirait pas être aussi "lisible"...

Ce petit échange fut pourtant coupé. Ses mains allèrent redonner le livre à Akritès, non sans lui adresser un regard et un sourire doucereux. Pourtant, Ariane savait qu'elle ne lui ferait aucun mal, pas sur son territoire et sans aucun ordre. Mais ne joue pas de la même façon que moi. Tu te piquerais les doigts avec tes propres belles épines, mon cher Grand Pope. C'était cela qui vouait le général des Lyumnades à prendre de la distance bien malgré sa passion à l'étude des cœurs humains. La générale était sur la défensive, à la limite de l'agressivité. Intérieurement, légèrement effrayée.


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Message Re: [Début août 550] Case départ [PV Akritès]   Dim 28 Aoû - 17:34
Jeu de dupes


La laissant chercher sa chaise, Akrites regardait le chat qui était en train de tourner dans la pièce comme s'il était en cage. Le jeu était de savoir si les paris d'hier étaient encore ceux de demain et, manifestement, Ariane des Lyumnades n'avait pas vraiment de réponses pour elle même. Elle devisait dans son coin en lui parlant mais de fait, c'était à elle même qu'elle parlait, de ses doutes, de ses espoirs, de ses craintes, de ses envies... De sa nature tout simplement. Toutefois, elle faisait une erreur en pensant que le Pope tentait de l'égarer à cause de son passé, à quoi bon !, elle était déjà une enfant perdue demandant gentiment son chemin.

Soudain, une aura pernicieuse vint frapper à la porte de son coeur et c'était la première fois qu'il voyait son passé ressurgir. D'un geste de cosmos poli mais ferme, Akritès renvoyait le pouvoir de la fée maudite dans ses agapes. Il n'était pas une chose aisée de pouvoir le tromper sur cela mais il s'avouait étonné de l'effronterie de la jeune femme, ses lèvres se détachèrent alors pour rire aux éclats quand le jeu fut terminé.

- Même ici vous jouez... En cela on se ressemble. La vie est une litanie de jeux complexes et difficiles à appréhender quand on l'analyse trop froidement ou quand la passion l'égare, c'est marcher sur un fil comme on dit. Toutefois, je n'ai rien à vous apprendre sur les causes de votre présence au Sanctuaire pendant cinq longues années...

D'un geste de la main apaisant, Akritès s'installait dans le siège afin de faire face à son interlocutrice. Son regard ambré se portait alors dans ceux qui l'observaient avec une certaine malice. Personnellement, il n'avait rien contre cela et savait qu'elle avait tenté de déplacer un pion pour qu'il se concentrasse sur lui et non sur un autre mouvement d'une pièce maîtresse. Mal le connaître.

- Que Poséidon ait été là ou non, est ce que cela aurait changé quelque chose ?

En effet, il était clair que le Général sous ses yeux tournait autour d'une question essentielle : " Que voulait-elle ? " Elle aimait les Marinas, sa culture et son savoir selon ce qu'elle laissait sous-entendre mais... en même temps, elle détestait profondément le Monde Marin par une sorte d'atavisme qui poussait à l'individualisme du peuple Atlante. Ils étaient des génies dans bien des matières mais ils étaient aussi un Peuple qui manquait d'unité quand ils en avaient le plus besoin. C'était là une nuance fondamentale avec le genre humain qui était capable de taire ses querelles intestines lors des batailles qui pouvaient remettre en cause sa propre existence. Atlantis avait-elle les mêmes capacités ? Les doutes pouvaient subsister.

- La question est donc simple : Où veux tu aller ? Tu as apporté aux nôtres des réponses que nous n'avions pas demander. Ironique selon moi. Tu joues ici un jeu dangereux qui est de venir nous présenter des choses, que ton Légat n'a certainement pas validé ? Comprends que je me demande juste quel printemps tu veux ? L'hiver que tu traverses, tes doutes sur les tiens comme sur les Saints, tes doutes sur ta propre existence.... Alors, je te le demande formellement, que veux tu de moi ?

Autant le petit jeu savant entre les deux personnes amusait le Pope, autant il préférait parfois avancer sur le chemin le plus simple. Ariane des Lyumnades était venue dans l'espoir d'avoir des réponses, mais lesquelles ? Il était donc prêt à l'aider mais si seulement elle exprimait plus clairement ce qu'elle pensait.




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Message Re: [Début août 550] Case départ [PV Akritès]   Mar 30 Aoû - 15:28
Ni une ni deux, la pression qu'elle avait imposé dans l'esprit d'Akritès avait été balayée d'un revers de la main. Il n'y avait pas eu de douceur, ni même de méchanceté. Ce qu'Ariane avait estimé être un moyen de cesser de parler de son passé et de son présent n'était plus qu'un souvenir lointain. Bref. Éloigné. Soudainement, un rire masculin éclata dans la salle. La jeune femme cessa alors de bouger. Pourquoi rire de son « jeu » ? C'était inattendu, bien malgré que cela eut été une similitude entre les deux guerriers. Elle s'était repris lorsque le sujet des informations avaient été remis sur le tapis, pressentant que l'on attendait d'elle quelques explications.

Un fin sourire s'esquissait à petit feu sur ses lèvres roses. Ce partage était à la fois stratégique pour elle, et...incompréhensible. L'atlante tenta pourtant de détailler ses volontés.

« Je n'ai fait qu'expliquer la présence du druide parmi vous. Je pense qu'en y réfléchissant un peu plus, vous pouvez voir où je voulais en venir. Niveau efficacité, j'entends. Aider à retrouver Artorius...Libérer Avalon, en quelque sorte...Ce ne vous dit vraiment rien ? »


Son ton était purement interrogatif. Il était plus simple de réfléchir par devoir plutôt que par elle-même. Ses bras se croisèrent, se décroisèrent et tentaient de retrouver leurs aises. Ariane repensa alors aux événements à Avalon. Cette quête était la clef d'une possible considération auprès d'Avalon après tout. Réveiller les liens qui unissaient ce triumvirat leur permettraient éventuellement de s'unir pour une cause commune, car elle concernait à la fois les Oracles, les Saints et les Marinas. Et qui de mieux placé qu'une personne qui en avait vu le potentiel, risqué véritablement sa vie là-bas, et œuvré à la cause pour en parler et agir de la sorte ? C'était mal la connaître que de penser que la Marina en face de lui n'agissait que par cœur. Voilà pourquoi, au départ, elle s'était tenue ici, à partager son expérience. Parce qu'elle l'avait vu et l'avait vécu. Le silence fut finalement brisé lorsqu'elle fit le choix de ses mots.

« Non ? Eh bien...Je prends des risques inconsidérées oui, parce que je sais qu'ici, je peux réagir directement. »
Sans risquer de perdre autre chose. Sans réellement se sacrifier parce que finalement, elle atteignait un but précis. « Je ne prendrai pas à cœur ce qui me fait douter actuellement, j'aime penser que c'est dissociable, et que je peux encore marcher par moi-même. Alors, oui, je voulais simplement... « rappeler ». Ma parole et la vôtre. Ce que j'attends de vous est simplement de reconsidérer mes mots autant que possible. Je sais que les paroles d'une générale des Lyumnades n'ont pas la portée la plus douce, ou la plus sincère qui soit pour ceux qui la voit en tant que telle. Je pourrais être qu'un rôle de plus, ou l'ombre d'un sourire de Légat, ou encore d'un général du passé, mais aujourd'hui, je pense fortement ce que je vous dis. Nous avons des différends à plusieurs sujets mais celui-ci est un problème commun auquel...Vous prendrez la position que vous estimerez la meilleure, et moi celle qui correspond à mon pari.»

Seulement déjà, Ariane n'était plus sûre de ce qu'elle devait faire, de ce qu'elle voulait faire, ou même de ce qu'elle devait dire. En temps normal, ses sourcils se seraient haussés par perplexité face à l'aide que le représentant d'Athéna désirait bien lui concéder. Ce ne fut pourtant pas sa réaction et pour autant, la générale ne lui faisait pas confiance. Ce genre de promesse finissait toujours par être brisée.

« Les seuls éléments que vous apportez à votre édifice, autant que je puisse m'en rappeler, sont celles me concernant actuellement. Et en vérité, je n'aime pas...Ou plutôt je n'aime plus parler de "moi". De mes exploits qui n'en sont pas, de mes origines qui n'ont rien d'extrêmement glorieux, du comment et du pourquoi mon Ecaille m'a choisi...»

Alors pourquoi était-elle venue ici ? Pour finir sa mission, et tenir la parole qu'elle avait donné à Avalon ? Le but était déjà atteint. Mais, où allait-elle désormais qu'elle avait terminé ce devoir précis? Elle ne savait plus. Ses yeux restèrent posés quelques secondes sur l'un des flambeaux de la salle, le regard hagard, perdu dans les flammes qui dansaient légèrement, bénies par quelques crépitements ardents, provocateurs. Une fois de plus. Le reste de ses convictions n'était plus qu'un acquis de longue haleine, motivé par une présence qui ne résidait qu'en cette petite salamandre munie des souvenirs d'une personne aujourd'hui éteinte. Attendant le moment propice, ou probablement un dernier coup de pouce pour que la dompteuse puisse en faire quelque chose de vrai, par recherche. Par perfectionnement. Cinq ans étaient passées et deux bons mois de désillusions.

Depuis combien de temps était-elle restée immobile ?

Une réponse lui traversa l'esprit: elle ne voulait pas retourner à Alexandrie. Pas encore.

"Je ne sais plus où je veux aller."


Alors, était-ce la faute de Poséidon? Non. Non évidemment. C'était une chose dont elle seule était responsable. La gardienne de l'Antarctique repensait alors à Childéric, ainsi qu'à cette conversation qu'ils avaient eu sur le libre arbitre. Puis à sa propre opinion. Poséidon ne l'avait pas aidé, ni en 545 ni même là-bas. Et alors? Inutile de reporter la faute sur un dieu.

Oui, Ariane était déçue mais consciente de ce qu'elle valait aujourd'hui.

"Je pensais trouver des réponses en retournant à Atlantis. Retrouver quelqu'un, trouver une nouvelle motivation et rattraper les connaissances que je n'ai pas acquis."

Oui, ses rêves d'antan, ici-même...Une illusion. Une bien belle illusion.

"Mais...Je ne sais pas ce que je veux de vous. Une simple présence, si ça se trouve?"
Un rire éclata dans la salle, plutôt léger, pas vraiment convaincu. Et surtout face à son homologue. "Je...Ne crois pas que j'attendais quelque chose en retour, en réalité... »

Ses poings s'étaient légèrement serrés, alors qu'elle observait avec un calme relatif le Grand Pope.

« Je peux prendre l'apparence de beaucoup de personnes, mais je n'ai pas idée où ma place se trouve, ni même de qui je suis en réalité, en dehors de la "générale des Lyumnades". En quoi je suis réellement utile au Sanctuaire Sous-Marin, réellement en accord avec eux... Je sais juste actuellement que j'ai un lien avec le Sanctuaire, concernant la guerre, concernant autre chose, même ce n'est pas véritablement précis. C'est étrange et...Ironique oui, mais également la seule chose de « stable ». Je ne sais pas en quoi, mais il y a de cela, j'en suis certaine. Mais pouvez-vous réellement y répondre? Aujourd'hui, j'arrive toujours à la même « case départ ». Et c'est bien cela le problème."


L'avouer était gênant, mais elle n'en fit rien. Quelque part oui, elle s'était sentie peut-être un peu mieux à rester ici. Que désirait-elle véritablement ? Inconsciemment, la réponse était pourtant évidente.

« J'avais besoin de rester ici un petit moment...Le temps de réfléchir à ce que je deviens. Mais vous, pourquoi m'accueillir ainsi alors que vous pourriez vous débarrasser d'un ennemi qui désobéit ? Vous parlez d'ironie à mon égard mais il en va de même pour vous. »


Ce n'était plus qu'un souffle, un murmure pourtant sûr de lui. La jeune femme était une représentation même des contradictions : tantôt fière, tantôt modeste. Il n'y avait que sa voix et sa sonorité pour trahir une envie imperceptible, cachée au plus profond de son esprit.


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Message Re: [Début août 550] Case départ [PV Akritès]   Sam 3 Sep - 12:02
Théâtre d'ombres


A bien des égards, la jeune femme était une ombre du passé. Comme ces jeux théâtraux que les Cathéens aimaient bien faire dans les rues afin d'amuser les passants. Ces contes étaient comme la vie d'Ariane, une ombre visible mais en même temps encore dans le passé. L'ironie. Elle avait trouvé le mot sur le sens de la situation en cours, elle n'avait pas trouver asile en son propre domaine et elle revenait chercher des réponses auprès de ses anciens geôliers. Akritès n'avait pas de réponses à lui apporter sur ce qu'il se passait ou avait pu se passer dans la cité atlante.

- L'ironie est une chose comme une autre. Et oui, ma position par devers vous est de la même espèce que votre présence ici. Je n'ai pas de réponses à vous apporter, je le crains. Posant quelques secondes. Je ne peux avoir que le conseil d'un homme qui a énormément voyager sans connaître son chez soit. Pendant des années, j'ai été au service de ma Déesse dans les terres de L'Orient lointain. Pour des raisons bien particulières. Mais je n'avais pas de pied à terre là bas, je n'étais qu'un étranger. Mais... C'est pourtant à Persépolis que j'ai découvert le plaisir de vivre, que j'ai aimé, que j'ai joui de la vie alors que la Perse est le domaine de mes ennemis les plus intimes. Ironie encore une fois. Donc je suis à même de vous comprendre dans le chemin que vous prenez... la Réponse restera toutefois infiniment personnelle.

Trahison ? Le mot n'avait pas été cité. Il n'avait pas cours actuellement mais les paroles d'Ariane ne remettaient pas en cause cette possibilité. Elle était retournée sur sa terre afin de profiter de la vie et avait noué des liens, noué des espoirs... qui s'étaient effondrés d'une manière ou d'une autre. Il était clair que depuis lors elle n'avait plus la volonté de vivre au sein des cauchemars que tout cela lui rappelait. Le Légat ... Elle le citait mais Akritès n'avait pas envie de rentrer là dedans. Stabilité. C'était là la pierre angulaire de la discussion. Il était clair qu'elle avait besoin de repos...

- Repos, stabilité. Vous aurez tout cela ici temps que vous le désirerez. Sachez que la Déesse vous a donné autrefois votre liberté, tout est une question de choix. Se levant, Akritès prit deux rouleaux de papyrus et les posait sur le bureau. L'un avait un sceau d'Athéna, l'autre non. Ces deux parchemins sont comme votre vie.... A vous d'en définir l'ordre... Je ne vous demande pas de renoncer à votre Dieu, mais simplement de vivre en paix avec vous même. Qui êtes vous ? Que voulez vous ? Ou voulez vous aller ? Une fois que vous aurez défini cela, vous saurez.

Les parchemins posaient une énigme. Le premier avait le sceau du secret, le second étant déjà ouvert ne laissait rien présager qui ne soit pas connu. La question se trouvait autre part mais seule Ariane pouvait la comprendre si elle le désirait. Poséidon n'avait plus ses faveurs, elle en était inconsciente mais ses mots le disaient. La Réponse lui appartenait donc. Rahi de la Vierge. Il était le dernier lien entre elle et ce Monde, même dans la mort, il continuait à obséder la jeune femme sans qu'elle s'en rende bien compte. Si elle voulait avancer, la chose le plus simple était de fermer le papyrus et d'ouvrir un second. Mais... plus facile à dire qu'à faire dans cette étrange tragédie qu'était la vie que les Dieux imposaient aux hommes. Athéna permettait le libre arbitre et c'était là la raison de la croyance profonde du Pope en elle, en son Rêve, en ses idéaux pour l'Humanité.

- J'espère ne pas te pousser dans tes retranchements. Je ne fais que te présenter des évidences au sens de tes propres mots. Pour te répondre enfin sur un dernier point, penses tu que je sois le sujet de cette ironie ? Rires. Non. Je ne suis que la main tendue...



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Message Re: [Début août 550] Case départ [PV Akritès]   Dim 4 Sep - 2:06

Sa vie détenait l'étincelle de celui d'un vieux conte. Étrangement, Ariane avait compris depuis longtemps l'enjeu qu'elle détenait au creux de ses mains, à traverser chacune des épreuves tout en apprenant leurs petites moralités. Jusque-là, jamais l'atlante n'avait véritablement abandonné, se contentant d'être effacée de la scène temporairement si les situations s'y prêtaient, ou arpentant avec plus de plaisir le chemin d'un retour imminent vers son foyer.

Seulement, aujourd'hui, elle n'avait plus de foyer, sauf un ancien trophée et quelques contes à son actif. Voilà qui eut prêté un triste sourire à celle qui réfléchissait de nouveau à ce qui la maintenait au service de Poséidon. La peur ? Uniquement inconsciente, alors. Et si elle devait conter les histoires de la salamandre, comme Childéric le lui avait si bien demandé, qu'obtiendrait-elle véritablement comme rendu ? Après tout...Le Grand Pope lui demandait pour l'heure de se connaître elle-même, et non pas les autres.

« Je suppose que vous n'avez pas totalement tord, et je n'aurai pas plus de réponses à apporter à mon sujet qu'un maigre conte à mon actif. On me l'a conseillé ici-même, avec un peu de chance, il vaudra peut-être quelque chose une fois peaufiné...Et m'inspirera peut-être dans mes recherches. »

Il lui fallait pourtant voir plus loin, elle savait, quelque part, que la solution se tenait dans le raisonnement qu'elle en ferait. Alors, elle prêta sa voix pour énoncer ses raisons, une ultime parole à ce qu'elle était réellement. Son cœur battait très fort et l'atmosphère lui semblait lourde, pourtant la jeune femme fit tout pour ne rien laisser paraître durant ce récit.

Après tout, ce n'était qu'un récit, non?

« Pas plus tôt qu'à Atlantis, une jeune fille n'avait même pas eu l'occasion de voir son reflet dans un miroir, qu'elle était devenue tout le monde. Le goût, le luxe et la chaleur d'un foyer lui avaient été conféré par une connaissance, ainsi qu'un homme qui dirigeait les lieux. Très vite, elle oublia ses titres déchus pour ne plus être que l'ombre d'un sourire enfantin. Celui de l'homme. Celui de son ancienne vie. La jeune fille l'énonçait comme un vieux nom commun, que le monde avait appris à oublier. Factice, de peu d'importance. A dire vrai, en cette période changeante, il n'y avait pas eu là le moindre portrait d'un mensonge esquissé; elle-même l'avait ignoré pendant un certain temps. Le temps d'une protection fraternelle et de l'obtention d'une Ecaille, à tirs d'ailes.

La jeune femme éleva légèrement d'un ton, afin de simuler une voix fictive, celle de la jeune fille de ce conte.

"Adieu Neustrie. Adieu dangereuse distinction. Adieu Soissons, cité de notre Vase."

Alors seulement, elle reprit un léger sourire, à peine perceptible...La narration pouvait recommencer.

Au revoir petite Syagrii.

Ainsi, à l'image des souvenirs qu'elle manipulait, sans toutefois pouvoir y porter un réel jugement ou faire revivre les étincelles de la passion, elle devint le peuple dans ses désirs les plus enfouis. Mais alors, la salamandre cramoisie avait connu la faim, quémandant de sa vie de ressembler le plus possible à ce qui l'avait précédé, lui demandant également quel était le sens d'avoir en ses mains tous ses souvenirs pour ne pas les utiliser à des fins moins cruelles ? La bête voulait honorer les personnes autrement qu'en en gardant une preuve d'existence à portée de main. N'était-ce pas une énième ironie pour celle qui pouvait prendre les apparences et combler certaines volontés ? Alors, très vite, elle se demanda ce qu'il clochait et elle eut la réponse. A dire vrai elle avait beaucoup mangé, mais elle n'avait rien découvert, ayant oublié son but initial. Cette femme-là, cette fois-ci, voulait redevenir quelqu'un et cesser d'être tout le monde, afin de trouver, peut-être, un semblant de justice et d'utilité dans un monde autrement utopique. Il lui fallait voir d'autres plaines, l'hiver s'était déroulée solitairement, car elle n'aurait plus aucune utilité à aller en contre sens avec son devoir."


Ariane coupa court à son histoire, tout en omettant de conter les péripéties et l'importance de la salamandre vermeille. Bien sûr, elle estimait avoir rassembler suffisamment les principales raisons qui avaient bordé sa vie. C'était cela le principal, et surtout le plus long à raconter.

Lentement, les paupières de la jeune atlante se fermèrent pour demeurer closes, prise dans ses pensées intérieures, ces étranges questionnements qui exigeaient des réponses. Une seule décision était quémandé, un choix qu'elle n'avait pas fait jusque-là. Il était vrai qu'elle n'avait pas choisi d'être atlante, mais elle avait décidé de le rester jusque-là.

"La stabilité..."

Etait-ce réellement ce qu'elle voulait? Oui et non. Il y avait autre chose, quelque chose qui n'était plus. Les habitants de la ville sous-marine ne naissaient pas eux-mêmes égaux à Atlantis, c'était un fait et pourtant elle y avait cru pendant de longues années, estimant les atlantes comme la famille que l'ancien Légat avait prôné. Hassan en avait été la première grande figure paternelle. Un homme parti de rien pour remonter jusqu'à un tout. Jusqu'au Temple de Poséidon. Un modèle. Mais où était-il désormais? Dans un vulgaire coma, à se reposer éternellement. Non, perdu dans les abysses d'un lieu trop éloigné pour le dieu lui-même. Pour elle-même aussi. Cette réflexion eut le mérite de réveiller l'esprit de la jeune femme.

"Ce n'est pas véritablement ce que je veux en longue durée. Mais ça serait peut-être un très bon début...Merci."


Décidée, l'atlante releva le regard. Une main lui était tendue...Son regard, habituellement influencé par l'esprit marin jusque dans la plus petite lueur maligne, s'était atténué en l'espace d'un instant. Deux papyrus posés dans le recoin d'une table étaient attirants. D'aussi loin qu'elle put s'en rappeler, elle avait toujours eu un penchant pour la découverte et les nouvelles expériences, trahissant sa curiosité en des moments souvent cruciaux. Lentement, elle s'approcha de la table où siégeait les deux parchemins.


"Je ne suis pas réellement motivée par la Foi, je ne pense pas...Ca ne serait pas une nouvelle finalement, mes retranchements...Ne sont peut-être que de vastes limites qui ont depuis trop longtemps été influencé par un idéal fictif. Non, pas Poséidon, non...Mais par l'idée que je me donnais d'Atlantis depuis le début...Je n'ai plus rien à lui offrir, lui non plus...C'est le doute qui m'a frappé, n'est-ce pas?"


Sa main prit délicatement le parchemin plié sur lui-même, comme pour l'inspecter sans le froisser. Que pouvait bien camoufler un chose cacheté? Si elle l'ouvrait, était-ce un regard effrayé qui allait l'accueillir, ou encore un nom dont elle ne connaissait que les légendes ou les défaites? Ou peut-être un mythe effacé qui l'immergerait dans son monde, lui qui souhaitait pourtant, au fond, continuer d'écrire encore quelques pages? Une, ou deux, peu importait le nombre. La missive inconnue fut reposer quelques instant après.

Le parchemin ouvert, quand à lui, semblait moins alléchant. Après tout, il était déjà connu.

"...Qu'est-ce qu'apporterait une personne qui ne se connaît pas, si elle n'a pas de but commun?"
La générale savait désormais à l'instant que quelque chose était joué d'avance. Le venin de la fatigue ne tarderait pas à la transformer en une chose inutile, un véritable fardeau; elle allait certainement devenir inutile à long terme. Ariane pensait pourtant l'avoir été un bref instant quelques minutes auparavant. Cela fut une erreur, non pas pour elle, qui demeurait encore calme, mais pour les autres. "Je pense...Que ma décision est prise d'un côté...Pourtant cela m'effraie. Mais dites moi, où est-ce que cette salamandre écarlate pourrait aller ? Etant un amphibien, elle ne vit pas complètement dans l'eau, ni même véritablement sur la terre, c'est sa double vie. Elle veut bien arpenter le monde pour découvrir autre chose que sa petite mare...»
"


C'était cette petite appréhension qui lui tenaillait le cœur après ce récit, parce que la jeune femme comprenait bien qu'il n'y avait pas de justification à cette envie de "trahison" dont elle était pourtant la principale "héroïne" et victime à la fois. Aucune fierté à cela. L'atlante ne croyait pas totalement à la tragédie mais le simulait parfaitement bien. Elle l'appréciait dans son esthétisme, et se moquait bien de ce qui pouvait lui arriver, par cette petite fierté subsistante au fond d'elle-même. Jouer un rôle comme dans une pièce de théâtre était l'essence même de son apprentissage.

Pourtant, elle ne pouvait ignorer une vérité qui lui rappelait que la tragédie pouvait toucher tout le monde: en quittant Atlantis, elle serait une femme morte. Ariane connaissait les interdits, et surtout le caractère de leur dieu. Allait-elle devenir comme Ulysse, traquée par delà les Océans? Le choix était finalement d'autant plus difficile à prendre désormais...

A peine eut-elle pensé ainsi que son sourire insouciant et presque innocent était revenu sur son doux visage, comme pour camoufler les prémices d'une panique. Elle était de sang-froid et la générale prenait conscience de son mal.

"De cela, je crois que vous ne l'avez pas vécu en Orient!"


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Message Re: [Début août 550] Case départ [PV Akritès]   Dim 4 Sep - 10:21
Les trois coups


Les trois coups frappèrent le sol. Le texte était enfin écrit et la pièce allait enfin pouvoir commencer. Oh évidemment, il était clair que le spectacle avait déjà commencé à y réfléchir. Le Pope avait écouté avec soin les paroles de la jeune femme qui allait entrer en scène devant son public. Pas le sien mais celui des Marinas, de son peuple, de sa propre Odyssée ... Elle en était consciente plus que quiconque et la mesure de l'histoire, de son énoncé et de sa poésie, devait permettre de trouver une solution.

Elle voulait devenir quelqu'un.

Du conte qui avait été entendu, c'était la pierre angulaire de tout son récit. Elle avait été une ombre belle et envoûtante, comme la bête vivant sous le lit des enfants afin de leur faire craindre leurs propre peurs. Mais elle avait eu Atlantis. Et ce n'était plus le cas, enfin ce qu'elle connaissait n'existait plus. La saveur de vivre en avait perdu son goût et elle était repartie en voyage, en quête de sens. Pour elle même ? Mais aussi pour les autres car elle devenait leurs sentiments les plus profonds. Ombre un jour... Et là, pour la première fois, elle était face à elle même et Akritès ne voulait pas la brusquer dans le chemin sinueux de l'acte qu'elle jouait devant lui.

- Le doute. Est ce mal de douter ? Non, c'est le fruit de la réflexion, de savoir si ce que l'on fait est juste ou non. C'est une chose difficile que les Saints suivent mais c'est aussi la volonté de notre Déesse de défier ses propres certitudes. Poséidon est un être fougueux, pouvant aller à une certaine irrationalité. Chaque Marina a en lui cette part... C'est un fait. Pourtant, vous avez la particularité d'être froide, réfléchie, ouverte au doute... Cette fougue et cette folie douce des marins, l'avez vous ?

La salamandre. Parlait elle d'elle même ou de la petite créature qui l'accompagnait ? Ou les deux ? Akritès avait quelques idées mais il décidait de répondre par un parallèle des plus simple.

- J'ai lu depuis ma prise de fonction quelques rapports sur l'Histoire récente des Chevaliers. n'y voyez pas offense mais vous n'êtes pas la première dans cette situation et cela s'est déjà produit en sens inverse... Nimue des Poissons, la disciple de mon disciple, vit aussi entre "deux eaux" et pourtant elle a suivi sa route fièrement. Je ne suis guère heureux de sa décision, c'est clair, comme cela le sera de la part de votre Légat. Mais c'est le prix à payer et comme vous l'avez dit, vous en avez conscience, donc soit. Posant un moment de silence, le Pope prit le rouleau avec le sceau d'Athéna et le tendit à Ariane.

- Prenez le, je vous le donne, ouvrez le quand vous jugerez que le temps est venu.

Pour la dernière réflexion, il n'en tint pas compte. Chacun avait son histoire, son ode à la vie et celle d'Akritès gardait sa part de mystères. Il avait été profondément attaché à la Perse pour une raison amère mais c'était ainsi que les contes finissaient bien souvent, dans la douleur et le tourment de l'âme. Chaque conte avait ainsi une morale à apprendre aux acteurs comme aux spectateurs.



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Message Re: [Début août 550] Case départ [PV Akritès]   Dim 4 Sep - 16:43
Douter était-il réellement une nécessité? Du temps où le fait d'être une Marina ne faisait aucun doute, Ariane aurait prôné l'absurde, aurait souri avec cynisme à ce genre de questionnements. Mais après toutes ces années passées à jouer avec les émotions et les croyances d'autrui...Allait-elle prononcer un blasphème de plus? Sans état d'âme?

Un rire avait suivi la douce constatation du représentant d'Athéna. Bien sûr que la jeune femme était fière et sensible aux compliments, pourtant cette affirmation en aurait étonné plus d'un. L'atlante réprima pourtant son léger rictus en plaçant un poing fermé devant ses lèvres roses. Oh, peut-être qu'elle ne se connaissait pas totalement? Non, c'était en réalité une facette qu'Ariane cachait très bien, et ne ressortait que dans les moments les plus compliqués.

"Eh bien, je n'ai pas toujours été réfléchie, froide et ouverte aux doutes...Mais c'est un très beau compliment que vous me faîtes là. Quant à savoir si j'ai véritablement la folie des marins, je ne sais pas...Je suppose que oui, sinon je n'aurai jamais été Marina."


Après tout, la générale était une bonne vivante à ses meilleures heures. On ne lui demandait que des questions triviales, pourtant les choses inconnues avaient leur degré de mystères qui l'éloignait d'elle-même, la poussait à se montrer toujours plus curieuse. Que se passerait-il suite à cela? Suite à une trahison? Nimuë était en soi une très bonne réponse, une jeune femme qu'elle avait croisé un temps, puis malheureusement perdue de vue le lendemain.

Va, vis et deviens. Un adage fortement recommandé...

"Oui, je suis au courant pour Nimuë..."

Nul besoin de fermer les yeux pour se remémorer de ce souvenir. Après tout, n'avait-elle pas été présente avec Liao lorsque le doute commençait déjà à la mordre de ses crocs destructeurs? La nouvelle avait eu tôt fait de se répandre à Atlantis, tandis qu'un nouveau général était arrivé pour remplacer Arellys.

Ô, Ariane doutait que son départ ait un réel impact, excepté pour cette petite troupe d'hommes qu'elle avait sous la main, des criminels dont elle avait réussi à négocier une absolution en échange de leurs services personnels. Ô, ils étaient généralement les premiers informés, les ombres artistiques d'une autre ombre des abysses. Les Marinas de son temps n'étaient plus et elle savait désormais la tournure de son histoire. Dans son ensemble en tout cas. Il n'y aurait aucun regret de son côté, une chose que le Grand Pope en revanche évoquait librement en parlant de son aînée rousse. Le Sanctuaire avait été blessé par le départ de l'ancienne Poissons, de cela il n'y avait aucun doute. Mais qui était-elle pour juger?

Cesse d'analyser ce genre de situation.

" "Nimuë des Poissons, n'est-ce pas?" Visiblement, c'était un titre qu'il ne lui détachait pas. Pas encore. Tout comme il semblait l'évoquer positivement, ses paroles révélaient un sentiment de trahison à son propos. Ô, il avait bien raison; on aimait rarement les déserteurs, qu'importe l'armée qui les concerne. "Eh bien...J'ose espérer poursuivre mes recherches avec une intime conviction au moment voulu. Je sais en revanche que ma décision se fera une fois une certaine situation réglée...Il me reste une chose à faire pour l'heure avant de continuer mon chemin."

C'était ainsi qu'elle passait d'un doute à une probabilité. Etait-elle réellement entre deux eaux, comme Nimuë? Non...Quelque part, il lui suffisait d'observer la vie pour en avoir la réponse. Oui, la double vie sans en être une...Une salamandre commençait ses premiers pas dans l'eau, et la terminait sur la terre ferme. C'était un cycle évolutif et naturel. Briser un habitat pour en trouver un autre...Quoi de plus naturel? Pourtant, un conte n'avait pas cet esprit aussi cartésien que la réalité et le reste de son histoire restait une page blanche de choix tous plus probables que les autres, presque aussi garantis que le libre arbitre dont elle pourrait faire preuve.

Son regard s'était posé un instant sur les deux parchemins. Une décision exigeait un sacrifice, le sien ne serait peut-être qu'une allégeance à l'égard d'un dieu.

Etait-ce maintenant une invitation qu'on lui tendait?


Le contact du papier contre la paume de sa main la réveilla. Il lui avait rappelé que ce choix ne revenait qu'à elle, et elle uniquement, même s'il n'était pas encore décisif. L'heure prenait des airs graves que la jeune femme n'appréciait guère dans sa tonalité, et la découverte de ses propres intentions avait un quelque chose de perturbant. Dans le fond, cet homme était peut-être pire qu'une Lyumnade, Ariane ne pouvait véritablement mettre un doigt dessus. Mais de ce qu'ils avaient débattu ensemble, l'atlante en proie aux doutes savait. Cette proposition allait la mener vers des conséquences qui pourraient la sortir de cette torpeur.

La jeune femme avait encore ses petits secrets; en revanche, son passé en tant que générale ne faisait plus l'ombre d'un doute. L'atmosphère était toujours aussi tendue et lourde qu'auparavant par ses vérités cruelles mais salvatrices prononcées. Son sourire, lui, n'avait pas faibli. La fin de cette discussion approchait, et avec elle, s'accompagnait un étrange sentiment par ce dénouement presque imprévisible. D'âme inconsciemment perdue, elle était passée à une autre appellation. Une générale bientôt morte, relégué au titre de petit mythe à balayer du regard, ou à oublier.

"Je n'ai plus qu'à espérer que vous avez apprécié ce court conte alors. Il faut un début à tout après tout, n'est-ce pas? Je ne pense pas avoir plus de questions que celles ayant déjà eu une réponse. Merci de m'avoir écouté néanmoins, vous n'y étiez pas obligé et pourtant, vous continuez à me tendre un parchemin scellé."

C'était ainsi que d'une main ferme, elle prit le parchemin au contenu inconnu, scellé par le vœu secret d'Athéna. Qu'était-ce réellement? Un regard sur le Grand Pope lui signifia qu'il n'était probablement pas près de lui révéler ce qu'il y avait. C'était là tout le principe de rebondir à un moment où elle aurait le sentiment de stagner dans ses découvertes. On ne savait jamais et puis...Le Sanctuaire lui offrait une aide en cas de problèmes pour la suite. C'était mieux que de rester éternellement orpheline de sang et de rang, à poursuivre dans un bois inconnu, une route sinueuse et rocailleuse et les périples de la vie seule. Une autre scène était à écrire, à conter autrement que de la façon dont elle avait terminé son récit quelques minutes auparavant. Toutefois oui, la brune continua à sourire au Grand Pope de cette façon innocente et peu concernée, tout en lui accordant un dernier clin d'œil taquin. Aucun secret là non plus, Ariane avait toujours été un peu provocatrice, mais rien de bien méchant.

"Enfin, peut-être avez vous des questions à me poser d'une autre sorte?"


Ce n'était pas dit qu'elle y réponde, mais plus elle observait l'homme aux cheveux verts, plus les convictions d'avoir en face d'elle un chef en recherche de réponses, lui aussi. Vis-à-vis de ce qui se passait dans le monde, vis-à-vis des Saints, vis-à-vis de chacune des circonstances dans le monde. Pourtant, il était vrai que pour elle, les réponses apportées étaient pour l'heure suffisante. Un blasphème n'avait pas encore été prononcé.


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Message Re: [Début août 550] Case départ [PV Akritès]   Sam 10 Sep - 10:37
Duplices


Duplices. L'un et l'autre l'étaient assurément mais c'était le jeu de ce monde de se moquer des certitudes alors que le Credo du Christ s'imposait aux masses. Chose qui déplaisait profondément au Pope, il était encore un homme né dans une Ere où la liberté de culte était admise et là, insidieusement, le clergé chrétien imposait aux hommes une croyance qui était par essence discutable. Passé ce moment de flottement, ses yeux ambrés se tournèrent vers la jeune femme pour la voir poser une ultime question. Il n'avait plus grand chose à lui dire, libre à elle d'écrire son futur comme elle l'entendait et Athéna était prête à l'aider pour cela.

- Toute décision est difficile, surtout à l'orée du bois... Il faut...

Alors que le Pope allait dire quelque chose, un garde vint toquer à la porte et entrait pour chuchoter quelques mots à son oreille droite. Ainsi donc ils étaient enfin arrivés, étrange concours de circonstances après tout. Un sourire s'esquissait sur son visage pour répondre à celui - imperturbable - du Général des Lyumnades. Elle qui se posait tant de questions sur elle même, sur sa volonté de croiser un idéal qu'elle aimerait au moins suivre... Le Théâtre improvisé avait de ses lumières que le commun des mortels ne savait entrevoir. Apollon était un Dieu qu'il appréciait tout particulièrement pour cela et il ne comprenait pas sa volonté de s'arc-bouter sur cette histoire de religion. Enfin là n'était pas le débat, c'était du ressort des Dieux et il ne comptait pas s'y mêler d'une manière ou d'une autre.

- Je crois qu'une nouvelle scène vous attends mademoiselle. Je vous conseille de suivre ce garde par un chemin de traverse de mon temple. Ouvrez le parchemin quand vous penserez que le moment est venu de rompre le sceau...

D'un signe de la main au garde, il l'invitait à accompagner Ariane jusqu'au temple des Poissons. Quant à lui, il quittait la pièce sans dire un mot de plus. Le Légat de Poséidon était en chemin et je ne comptais pas le laisser attendre plus longtemps mais il ne devait pas non plus croiser la jeune femme ici même, cela n'était pas une chose que de voir un conflit sous son propre toi de toute façon. Soufflant lentement, Akritès aimait ces tragédies grecques que le commun des mortels... Ah il allait se répéter mais n'était ce pas là la Tragédie de la chose.



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Message Re: [Début août 550] Case départ [PV Akritès]   Mar 13 Sep - 22:35
Des chuchotements. Une parole semblait interpeler le Grand Pope, comme une affaire de quelques mots, comme un sujet suffisamment délicat pour que la jeune femme fusse accompagnée d'un garde à traverser une certaine "porte". Non, pas celle par laquelle Ariane était entrée, mais celle par laquelle la Marina sortirait.

Face à Akritès, son dos s'était vouté légèrement en guise de respect à la fin de cette conversation. Ni trop lentement, ni trop expressément, le tout devait paraître cependant un peu amer.

Que se passerait-il, par la suite?

Les Lyumnades les ressentaient encore, leurs cosmos. Ceux rassemblés au Temple du Capricorne. Elles aussi. Ces présences étaient en soi une invitation donnée, probablement moins significatives qu'un parchemin accordée, mais toutefois plus concluantes pour le dernier devoir qu'elle s'était donnée. Entre le druide et Artorius, peut-être était-ce simplement un signe que la générale avait réussi cela, au moins. Elle n'en était pas certaine, alors la gallo-romaine ne pensait que lorsque ses paupières se refermaient brièvement.

Un dernier regard avait été lancé en la direction du représentant d'Athéna. Ariane ignorait toujours pour quelles raisons Akritès s'était comporté ainsi, et ignorait encore plus ce que le fin rouleau scellé lui réservait véritablement si elle allait jusqu'au bout. Jusqu'à la conclusion de son acte. Et enfin, si elle "osait". Il ne restait que des mystères presque élucidées qui lui serraient pourtant la gorge, la faisaient taire avec un peu plus de force. Toutefois, le bruit de ses pas étouffaient ses pensées et son mutisme; il brisait le silence qui venait de s'abattre en guise de "au revoir", pour évoluer vers une promesse plus douce.

Désormais, tout se jouerait pour elle sur un fin morceau de papiers si...Pour que faire? Ne plus rester dans l'ombre des Naïades? Pour une jeune femme éduquée depuis la fin de son enfance ne tant que telle, c'était là aussi une absurdité. Mais désormais que l'atlante s'était mise en tête de rester peut-être un peu plus longtemps en Neustrie, son choix avait été fait. L'idée de poursuivre une vie qu'elle n'avait jamais choisi commençait déjà à germer dans son esprit comme une graine semée au passage; après tout, elle ne perdrait rien à tenter de retrouver d'autres fantômes d'un passé bien plus lointain, ainsi qu'une plaine d'une enfance jalonnée de bons souvenirs qu'elle avait entrevu trop peu de temps. La main tremblante et les yeux rivés sur sa main, Ariane était perdue, mais il y avait bien des désirs simples qui lui redonneraient un peu plus de foi en toute chose. Peut-être même en elle-même.

On n'abandonnait pas si facilement un passé d'assassin. Toutefois il eut été plus aisé d'admettre par expérience qu'on ne changeait pas véritablement ce que l'on était, mais Ariane avancerait avec ses propres acquis.

Lorsqu'elle reprit réellement conscience de sa situation, la lumière vint ses yeux.

Citation :

Fin du rp pour moi aussi, merci bien!



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[Début août 550] Case départ [PV Akritès]
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