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 [Juin 550] L'instant de vérité [Ft Belisaire]

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Message [Juin 550] L'instant de vérité [Ft Belisaire]   Dim 13 Mar - 19:22

Le délai d’une semaine était écoulé, l’instant de vérité approchait de manière imminente. Râhi avait des choses sur le cœur depuis ce jour, des mots qu’il n’avait eu le temps de dire avec le départ précipité de Belisaire. Probablement rien n’aurait changé, même dans ce cas-là. Tout cela n’était que vanité et il était temps de mettre les choses au clair. S’il avait réfléchit cette semaine ? Peut-être oui, mais cela n’enlevait rien aux paroles échangées. Des mots qu’il assumait encore aujourd’hui, il avait eu l’honnêteté de dire au Pope ce qu’il pensait de lui, de ses méthodes et avait visiblement touché la corde sensible. Tout cela n’était qu’un juste retour des choses. Qui irait se permettre de tels discours avec les mains tachés du sang des victimes des précédentes guerres ? Belisaire semblait se le permettre quand bien même il n’était pas à la meilleure place pour le faire. Mais c’était là toute l’existence de ce personnage, et c’était bien pour cela que l’ancienne Vierge ne lui portait aucun intérêt.

Les horreurs de la guerre, bien sûr qu’il les connaissait, il avait même eu l’occasion d’être aux premières loges et ce, plus d’une fois et c’était exactement pour cette raison qu’il n’avait pas supporté les paroles de son supérieur, si tenté qu’il puisse encore le qualifier ainsi. Qu’ils le veuillent ou non, ils étaient responsables de ces guerres, de ces massacres, eux, les Saints qui disent pourtant se battre pour la paix, pour un soit disant rêve. Il ne pouvait penser qu’Athéna avait ordonné ces meurtres. Si l’on avait parlé de soldats, le résultat aurait été différent, même s’il n’en restait pas moins difficile à accepter. Cependant, il était question de civils, d’hommes, de femmes et d’enfants qui n’avaient aucun rapport avec tout cela. Il n’avait pas pu s’empêcher de s’identifier à eux inconsciemment. Même s’il l’avait oublié, c’était une chose que Râhi connaissait plutôt bien. Sa tête lui faisait mal rien que d’y penser, comme si elle lui disait qu’il n’avait aucun besoin de s’en souvenir, qu’oublier était bien mieux.

En somme, tout aurait pu se passer différemment s’il n’avait pas prononcé cette phrase « Tu as vu les massacres, les enfants abandonnés… ». S’il y avait bien deux mots à ne jamais prononcer devant lui, d’autant plus dans la même phrase, c’était bien ces deux-là : enfant et abandon. Bien sûr qu’il le connaissait, il l’avait même vécu. C’était à partir de là que tout avait dégénéré dans son esprit. Prononcer ces mots tabous d’une façon si légère pour justifier ce soit disant Rêve, il n’avait pu le supporter. C’était l’élément déclencheur. Aujourd’hui encore, alors qu’il montait les marches, il se demandait ce qu’avait bien pu faire ces gens, ces enfants pour qu’ils soient offerts en sacrifice au profit de cette cause qu’il croyait juste et qu’il avait défendu jusqu’à présent. Atteindre la paix en utilisant la guerre était-elle la meilleure méthode ? N’était-ce pas juste un moyen d’étendre son pouvoir, une illusion ? Était-ce réellement le but d’Athéna, son désir ? Il restait tant de questions à éclaircir.

Il ne regrettait rien de ce qu’il avait dit au Pope, il le pensait et mentir ne servait à rien face à lui, il le savait. Ce petit jeu marchait impeccablement bien avec les nouveaux Saints, mais ceux qui l’avaient connu avant ce changement, il ne pouvait les tromper. Néanmoins, il avait besoin de réponses. Ici et maintenant.

Alors qu’il s’apprêtait à pénétrer dans le temple du Grand Pope, il se retourna afin d’admirer la vue. C’était la première fois qu’il montait si haut, alors autant en profiter quelques instants. Quelques mètres plus loin, il se retrouva en présence des gardes. « Je viens voir Bel… le Pope », dit-il simplement dans un regard sombre.


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Message Re: [Juin 550] L'instant de vérité [Ft Belisaire]   Lun 14 Mar - 0:29
Le soldat regardait de haut en bas l'homme qui venait d'arriver. Question, c'est qui ? Il n'en savait rien et d'un autre côté, s'il était là, c'était qu'il avait des responsabilités au sein du Sanctuaire. Habituellement, il voyait au moins une armure. Là, rien. Connaissant les ordres, il valait mieux pas qu'un inconnu entrasse dans le Temple du Grand Pope sans une autorisation officielle. Putain, je fais quoi ? Il fit signe d'attendre et il prit un étrange objet qu'il fit cliqueté à de nombreuses reprises dans un ordre bien précis.

Un des lieutenants de la Garde arrivait à son tour et il vit devant lui le Chevalier d'or de la Vierge. Il comprenait la raison de sa présence ici et fit signe de la tête à son sulbaterne de dégager. Croisant les bras, avec un regard arrogant et amusé, il défiait celui qui n'était plus rien à ses yeux. Le Pope avait donné des ordres très clairs, aucun homme sans le symbole de son rang ne devait passé ici.

- Et vous êtes ?

Un sourire sardonique aux lèvres, il fixait de haut celui qui n'avait plus de droit sur le sol sacré. Ses ordres étaient de lui rappeler que le Sanctuaire avait des règles et qu'il fallait les respecter d'une manière ou d'une autre. Attendant la réponse, d'autrs gardes approchaient les lances à la main. Si Rahi voulait s'expliquer, il allait devoir apprendre le respect envers les autres. Le premier choix était entre ses mains.

***

Un garde passait par le grand hall afin d'arriver dans la salle du trône. Il ouvrit une porte secrète et chercha un instant la raison de sa présence. Il ne mit pas longtemps à trouver et vit le Grand Pope en habit sacré sur le grand balcon de son temple. Attentif. Ce dernier écoutait le rapport de son soldat avec un certain plaisir. Se retournant, il retournait vers son trône et ordonnait que l'on prépare ce qui avait été prévu si cela se présentait pendant la semaine.




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Message Re: [Juin 550] L'instant de vérité [Ft Belisaire]   Lun 14 Mar - 1:26


Voilà un soldat qui n’avait pas froid aux yeux, ignorant de la personne qu’il avait en face de lui. Pourtant, Râhi pensait que cette histoire avait fait davantage de grabuge, mais celui-ci ne semblait pas être au courant. Ou peut-être simulait-il pour tenter une humiliation. Une tentative qui n’aboutira probablement jamais. L’ancien Saint n’avait que faire de ce genre de chose, quand bien même un peu rouillé, l’humiliation était une chose qu’il connaissait particulièrement bien. Il lui fit pourtant signe d’attendre, jusqu’ à ce que celui qui semblait être un supérieur arrive, prenant la place du premier soldat. Lui, en revanche, semblait parfaitement le reconnaître au vu de l’air supérieur naissant sur son visage. Arrogant, il devait probablement trouver amusant de voir un chevalier d’Or dépossédé de son armure. Peu-importe, ce n’était que du détail car, dans tous les cas, si Belisaire ne le lui avait pas enlevé, il ne l’aurait plus revêtit. En proie au doute concernant les raisons des actions, le but du Sanctuaire, il n’aurait pas pu la porter, il ne l’aurait pas accepté. Au final, il était peut-être mieux que le Pope l’ai récupéré, au moins il n’en avait plus à s’en préoccuper et à se torturer l’esprit à ce sujet.

« Je suis Râhi, l’ancien Saint de la Vierge, mais la garde du Pope est certainement au courant de cette histoire n’est-ce pas ? » Une réponse simple. Il n’éprouvait aucune gêne quant à son nouveau statut, il ne se considérait déjà plus comme tel. Qu’il rit s’ils le souhaitaient, peu importe, le blond avait des questions à poser au Grand Pope, il avait également une réponse à donner et il comptait bien le faire. « Le Grand Pope m’attend, suite à l’altercation de la semaine passée » Continua-t-il. Son regard était sérieux, il n’était pas là pour plaisanter ou pour une visite de courtoisie. Sérieux, mais également légèrement bercé par les ombres, comme s’ils étaient en présence de Râhi, le Râhi disparu depuis de nombreuses années, mais qui refaisait parfois surface lorsque certains sujets étaient abordés. Il était pourtant calme, pour le moment.

« Ces bouts de métaux sont inutiles, vous savez pertinemment que je ne suis pas armé, tout comme vous savez certainement que je dois rencontrer le Grand Pope aujourd’hui » Il n’avait pas le temps de jouer à ces idioties. « Riez donc, avouez que vous en mourrez d'envie. Mais je dois le voir et ce, même sans armure ». Peut-être une remarque qu’il aurait pu éviter mais bon, pourquoi pas ? Qu’ils rient tant qu’ils le pouvaient encore.« Et donc, je peux passer ? Le Pope m'attend ». S’il avait envie de les tuer ? Probablement, mais il n’en montrait rien bien qu'il riait intérieurement de les voir un jour à sa place, le jour où ils deviendront inutile pour lui. Le temps n’était pas aux plaisanteries, il devait voir le Pope et il le verrait, point. Pourtant, toute cette histoire le faisait surtout rire car Râhi était certain qu'il s'agissait là d'un coup délibéré de son ancien supérieur. Peu importe, il aura bientôt ses réponses.
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Message Re: [Juin 550] L'instant de vérité [Ft Belisaire]   Lun 14 Mar - 19:23
- Suivez moi.

Le garde fit signe aux gardes de former une garde d'honneur au Chevalier d'or de la Vierge. En somme, il était invité à venir dans le temple du Grand Pope comme un étranger. Puis, alors qu'ils avançaient dans un grand silence, la petite troupe arrivait dans la salle du Trône. Un homme attendait assis sur un trône noir. D'un geste rapide de la tête, il invitait les gardes à se retirer. Quelques instants plus tard, ils étaient de nouveau l'un en face de l'autre.

Je ne pouvais le dire mais j'avais la sensation que rien n'avait changé dans le regard de mon interlocuteur. Toujours cette vivacité mélangée à une arrogance non feinte. Ne sachant pas encore comment il allait se présenter, je restais dans mon silence. D'une manière ou d'une autre, je ne voulais pas dire le premier mot. Il avait choisi de venir jusqu'ici afin de se justifier ou de donner les motifs de sa présence. Pour une fois, mon regard était écarlate, simple et sans agressivité.

La salle de trône était illuminée de ses candélabres et de ses vasques, on pouvait ici même sentir de loin l'odeur du jardin de Roses de Nimue des Poissons. Un léger courant d'air passait dans le sillage entre les deux hommes. Pour l'instant, tout allait bien comme on disait avant qu'une tempête ne se déchaîne. Je n'avais rien à la base contre mes chevaliers, je les aimais même à ma façon, restant bien souvent flou sur mes intentions. Il était vrai que Rahi avait dépassé les bornes... La raison de tout cela m'était assez étrangère, je ne comprenais pas tout cela et cette attitude méprisante à l'égarde de son autorité suprême comme de ses pairs.

Je posais alors la main sur l'accoudoir en attendant qu'il prenne la parole. J'étais aussi pour l'écouter et voir s'il méritait sa place parmi nous !

Béli a écrit:
Petit post de liaison :°)



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Message Re: [Juin 550] L'instant de vérité [Ft Belisaire]   Lun 14 Mar - 22:50

« Suivez-moi ». Des mots simples qui entraînèrent le jeune homme dans l’antre du Pope. S’il se sentait soulagé ? Pas vraiment. Il avait certes passé la première étape, mais il allait devoir faire face à Belisaire désormais. Il allait devoir trouver les mots, pour lui expliquer, lui faire part de ses doutes mais pour avoir les réponses qu’il attendait de cette entrevue également. En somme, il était sérieux, peut-être anxieux aussi et il n’était absolument pas certain qu’il accepte de lui répondre, lui qui avait évité ses questions la semaine passée.

Tandis qu’il avançait dans le couloir, accompagné des soldats, Râhi repensait aux événements qui s’étaient déroulés dans son temple… Son ancien temple. Il devait des explications et selon lui, Belisaire lui en devait également. Pourtant, il n’était pas certain de pouvoir garder son calme durant toute cette rencontre, mais il en avait besoin pour ne pas laisser ses ténèbres sortir. Quoi qu’il arrive, il ne devait pas perdre le contrôle. Pas encore.

Il entra dans une salle immense, prêt pour le face-à-face. Son masque était baissé, inutile face à cet homme, dévoilant un Râhi sérieux, peut-être même sombre et surtout instable. Ses pieds ne quittèrent leur emplacement que lorsque les gardes sortirent de la pièce. Au moins ils allaient pouvoir discuter tranquillement, sans intervention extérieure, bien qu’il se doutait qu’il ne suffirait que d’un seul geste du Pope pour qu’ils rappliquent. « Je suis là, comme tu l’as demandé » Dit-il simplement avant de faire quelques pas dans sa direction. Il ne s'était pas présenté, ils se connaissaient et il avait laissé tomber le respect, le vouvoiement. Tout cela ne lui allait pas, d’autant plus qu’il assumerait ces paroles jusqu’au bout. « Merci de me recevoir ». Les phrases n’étaient pas prononcées dans le bon ordre, mais qu’importe, au moins il l’avait dit.

Il marcha un peu, tournant en rond dans la pièce. Le blond n’était pas particulièrement à l’aise dans ce genre d’endroit… un peu trop propre pour quelqu’un comme lui. « Avant de te donner ma réponse, j’aurais quelques questions à te poser... Mais pas de discours moralisateur d’accord ? Discutons plutôt d’homme à homme ». Finit-il par dire d'un air sérieux. Bien entendu, il parlait par là une conversation entre être humain, leur position respective ne devait pas interférer. « Qu’en penses-tu ? ». Il n’était pas certain que Belisaire accepterait, mais s’il voulait que la discussion mène peut être à quelque chose, il allait falloir faire des efforts, des deux côtés.


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Message Re: [Juin 550] L'instant de vérité [Ft Belisaire]   Mar 15 Mar - 0:13
Décidément, il n'avait pas changer d'un iota. Le regardant aller de gauche à droite, il me tutoyait comme un égal. Il n'avait donc rien compris de ce qu'il s'était passé dans son temple... Mes mains se levèrent alors pour prendre mon masque entre ses mains et le retirer tranquillemnt. S'il voulait que l'on se parle de vive voix, ce serait le cas. Discours moralisateurs ? Quel toupet ? Qui avait insulté son rang ? Sa Foi en Athéna ? Qui l'avait jugé indigne de sa position au dessus des 88 Chevaliers du Zodiaque ? Ce n'était que lui après tout. Nous pourrions partir rapidement dans la même antienne et s'il était là... C'était aussi que quelque chose lui échappait peut-être. Dans le doute, je prenais la décision de l'écouter pour quelques minutes.

- Nous t'écoutons !

Ce vouvoiement était une manière de placer la conversation. Il ne parlait pas à l'Homme derrière son masque, mais au Grand Pope en personne, au Réprésentant Divin de la Déesse Athéna sur cette planète. Il n'y avait pas d'animosité mais pas de chaleur humaine non plus. Il ne le souhaitait pas non plus vu son attitude pour le moins arrogante. Les flamme des candélabres crépitaine tout doucement au rythme des courants d'air de cette maison séculaire. Parfois, on pouvait entendre les frottements des grandes tapisseries sur les murs. Cette ambiance royale donnait tout son lustre à la grande salle où se déroulait la plupart des Crusos Sunagein. Rahi était donc au coeur du pouvoir de la Chevalerie, il le savait et devait prouver que sa place en ce lieu était mérité.

Je ne comptais pas reculer par bonté d'âme. Le Grand Plan prévu par la Déesse de la Guerre demandait une confiance absolu en sa personne et aussi envers son Représentant. Rahi ne semblait pas de ce genre, qu'il ne m'aimasse point, c'était une chose compréhensible. Lesath ne m'appréciait pas trop mais au moins on se comprenait sans rompre les liens. Là, pour la première fois de ma mandature, je me retrouvais avec ce que je craignais le plus dans mon action : un dissident de ma politique. Le visage de marbre, un léger cosmos entourait ma personne et tout chevalier ici présent que la Déesse se trouvait à quelques centaines de mètres à peine derrière mon trône. Il était enfin temps d'écouter sa réponse.



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Message Re: [Juin 550] L'instant de vérité [Ft Belisaire]   Mar 15 Mar - 14:51

Râhi ne put s’empêcher de sourire devant l’attitude que venait d’adopter le Pope. Une expression dévoilant des sentiments de peine mélangés à de la déception. « Tu refuses donc… » La barrière entre eux était levée et, au final, cela n’étonnait guère le blond. Il s’était même trouvé stupide d’avoir fait une telle proposition, se demandant comment avait-il pu croire que Belisaire comprendrait, qu’il ferait, lui aussi, des efforts. C’était peine perdue, il était parfaitement incapable de laisser tomber son statut l’espace d’une simple conversation. Tout cela n’avait menée qu’à la perte de temps et une déception grandissante à l’égard du serviteur d’Athéna.

Soit. S'il refusait d’ores et déjà cette proposition, le blond savait que la conversation ne mènerait à rien. Il avait gardé sa position de Grand Pope et n’appréciait pas les avis divergents, la discussion était fermée avant même d’avoir commencée. Il comptait cependant bien poser ses questions, et ce même s’il doutait fortement recevoir une réponse. Après tout, le Pope semblait doué pour les esquives. Aujourd’hui, pas question qu’il se dérobe. Il avait besoin de faire son choix. Il fit quelques pas dans sa direction avant de s’arrêter. « Tu n’as pas répondu à mes questions ce jour-là… Pourquoi n’as-tu pas terminé ce que tu avais commencé ? ». Non, Râhi prenait la mauvaise direction, ce n’était pas ce genre de questions qu’il voulait poser. Il se fichait bien de savoir la nature de ce geste, ce n’était pas ce qui importait. Il reprit aussitôt « Non… Tu disais avoir participé à cette guerre également n’est-ce pas ? Alors dis-moi, qu’est-ce que tu ressentais pendant que tu assassinais ces hommes, pendant que tu laissais sur ton passage des gosses orphelins ? A quoi pensais-tu ? ». Son regard sérieux et sombre ne l’avait pas quitté. En réalité, Râhi n’avait probablement que faire de ces histoires, mais il y avait cette notion qui ne le quittait pas. Se voir à travers ces enfants lui était purement et simplement insupportable. Probablement les paroles de l’ancien chevalier avaient un arrière-gout d’hypocrisie, mais quand bien même il était indifférent vis-à-vis des autres, il s’identifiait à eux et ces mots avaient brisés sa fierté, brisé la coquille qu’il s’était façonné. Il continua sur sa lancée : « Qui penses-tu être responsable de ces horreurs ? Est-ce réellement le souhait d’Athéna ou le tien ? Cette méthode… N’est-ce pas simplement utiliser la force pour asseoir notre domination? Je ne sais pas… plus ». Ce dernier mot avait été prononcé d’une voix si basse, qu’il n’était pas sûr que Belisaire ait pu l’entendre. « Tout ça… En quoi sommes-nous différent des autres camps que nous combattons? ».

Tout cela n’était en rien des accusations, quand bien même cela pouvait y ressembler. Ce n’était rien d’autre que les doutes et les questions qui l’assaillaient depuis son passage au temple de la vierge. Tellement de choses se passaient dans sa tête que les questions n’arrivaient probablement pas dans l’ordre, mais qu’importe cet ordre, il devait impérativement avoir des réponses. Au fond, il espérait que le Pope comprenne le sens de ces paroles, de ce qui se cachait derrière elles, lui montrer qu’il y avait peut-être des erreurs ou d’autres façons de procédé. Il espérait que l'homme derrière l'image du Pope lui dise qu’il se trompe, mais Râhi était persuadé que cette manœuvre serait vaine. Il était trop tard, les barrières avaient d’ores et déjà été dressées entre les deux hommes. Belisaire et lui ne pourraient certainement jamais se comprendre.
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Message Re: [Juin 550] L'instant de vérité [Ft Belisaire]   Jeu 17 Mar - 18:54
- Car je ne tue pas les Chevaliers d'Athéna.

La réponse avait été claire. Inutile de passer du temps à tenter d'expliquer quoi que ce soit à cet homme complètement perdu avec lui-même. Les questions suivantes du supposé chevalier d'or de la Vierge me semblaient étranges, pour le moins inopportunes. Oui, j'avais participé à des guerres, tuer des gens qui étaient mes ennemis sans me poser de questions sur les conséquences. Fermant les yeux, je prenais quelques instants avant de lui répondre et aussi afin de mesurer chacun de mes mots.

- Voici des questions bien singulières pour un Chevalier. En temps de guerre, oui, nous tuons les ennemis de notre cause. Prenons la question sous une autre forme. Bien souvent, des femmes, des hommes et des enfants de Rodorio sont morts alors que nous subissions les attaques de nos ennemis. Aurais tu réprimandé les Berserkers ou les Marinas pour leurs actions ? Non. Tu les aurais combattu et même abattu afin de sauver ceux qui étaient encore vivants. Mais la question s'inverserait alors... tu aurais fait des enfants de nos ennemis, des orphelins, non ?

Oui, la Guerre avait son lot de drames, de chaos et désolations. C'était la raison pour laquelle je suivais le Rêve de la Déesse. Cette utopie voulant que les Hommes vivent sous la tutelle d'Etats qui reglerait leurs problèmes par la raison et la diplomatie au lieu de la Guerre. C'était cette forme de civilisation que souhaitait la Déesse. Afin de permettre à tous les humains, bons ou mauvais, de vivre sous une Ere au moins pacifique.

- Domination. Hégémonie. Oui, c'est notre objectif avec toutes les conséquences que cela engrangent. Mais est ce une volonté d'Athéna ? De prime abord oui, mais... Les attaques des Wizigoths en Italie, les attaques des Nordiques sur nos frontières en Transylvanie, les attaques des pirates contre des navires marchands... On devait donc ne rien faire pour se montrer gentil envers "leurs" propre enfants comme tu l'as dit à l'instant !

Enfin, la dernière question attendit quelques instants avant de répondre.

- Meilleurs que les autres ? Non. Nous ne sommes pas ni bons ni mauvais, nous sommes les défenseurs de la Raison... Et le terme de "Défenseur" a un sens très important. Nous n'attaquons nos ennemis que lorsqu'ils attaquent des peuples sous notre protection. Donc, oui, nous ne sommes pas des Anges ou des Démons au sens chrétien du terme, nous sommes simplement des Hommes comme tu le disais dans ton temple. Cependant, on ne va pas regarder les gens mourir devant nos yeux sans agir... Prenant un temps de silence. Et pour ce qui me concerne, autant anticiper une question sur ce sujet, je n'ai jamais tuer de Civils ou des personnes innocentes de notre guerre occulte. Evidemment, des soldats des armées adverses ont subi mon courroux et, oui, j'ai donc créé des orphelins. J'espère que cela évitera d'entendre une question stupide.

Je l'observais écouter mes réponses. Je ne comptais pas expliquer pendant des heures et des heures des choses qui avaient leurs évidences !




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Message Re: [Juin 550] L'instant de vérité [Ft Belisaire]   Ven 18 Mar - 18:03

Les réponses apportées étaient exactement celles que le blond attendait. Non pas celles qu’il aurait souhaité entendre, seulement celles qu’il pensait entendre, et toute la nuance se trouvait dans ce simple mot. Le message n’était pas passé, ou plutôt, le Pope n’avait pas voulu l’écouter. Ce n’était qu’une supposition, mais cela était une certitude pour Râhi qui savait que son interlocuteur n’était pas assez stupide pour ne pas comprendre le sens caché derrière ses paroles. Enfin, tout du moins il l’espérait, mais cela ne changea en rien la déception qu’il éprouvait à ce moment précis. Comme attendu, il avait contourné les questions, faisant semblant d’y répondre. Pour cela, quelques mots suffisaient. La déception fut telle que l’ancienne vierge ne put s’empêcher d’éclater de rire à ces paroles. Vraiment, ce Belisaire le prenait vraiment pour un imbécile. Pourtant ces réponses avaient un sens, mais pas celui qu’il avait souhaité. Sans doute y-avait-il un soupçon de mauvaise foi dans son attitude, mais Râhi ne ressentait rien. Aucun de ces mots ne l’avait touché, probablement un discours bateau d’un Grand Pope dans toute sa splendeur. Il n’y avait aucune profondeur, seulement le néant. Son rire continuait de résonner dans la grande salle, il avait pourtant fait de son mieux pour garder son calme, mais c’était peut-être trop pour lui, le principal intéressé, qui ne pouvait même plus affirmer à ce moment précis quel était la facette qu’il avait révélé. Pourtant, son masque était bien là, il avait refait surface. C’était le calme avant la tempête.

« Je dois bien reconnaître que tes mots ont du sens Belisaire ». Oui, il avait cessé tout effort. « Pourtant, tu détournes le sens réel de mes questions, à croire que tu ne les comprends pas. Je suis surpris, plutôt faussement surpris ». Le Râhi de l’incident du temple de la vierge était réapparut. « Je ne t’ai pas demandé ce que tu aurais du faire, ni de te justifier sur ce sujet, je te demandais ce que tu ressentais dans ces moment-là. Je ne t’ai pas demandé si vaincre l’ennemi était le but fixé, bien sûr qu’il l’est, je t’ai demandé si le sacrifice de civils quels qu’ils soient en faisait partie. Je ne t’ai pas demandé si nous, Saint, étions meilleurs ou pire que les autres camps, je t’ai demandé en quoi nous étions différents de ceux que nous combattons car, si nous mettons autant d’ardeur à les tuer, j’imagine que ces différences doivent avoir leurs importances n’est-ce pas ? D’ailleurs, en y repensant, tu n’as jamais été clair sur ce fameux but, sur cette façon de procéder, et toutes ces choses que tu caches délibérément. Nous combattons pourtant tous pour Athéna non ? » Répondit Râhi sèchement. Pourtant, il y avait effectivement beaucoup de points sombres dans toute cette histoire, il était impossible de suivre complètement un chef sans connaitre ces points passés sous silence.

Le rire sinistre s’était calmé et le blond commençait à faire des allers retours dans la pièce, visiblement hésitant. « Dis-moi Belisaire, sais-tu comment ceux qui combattent pour toi, pour Athéna, sont arrivés au sanctuaire ? Sais-tu comment j’y suis arrivé ? ». Un bref rire retentit dans la salle avant qu’il ne se retourne pour faire face à l'homme. Son regard s’était assombrit et il était devenu anormalement calme. « Non, tu l’ignores surement, ou plutôt, cela ne t’intéresse pas n’est-ce pas ? ». Pour la première fois, Râhi était sur le point de parler de son passé, de s’ouvrir à quelqu’un et ce, malgré toutes les souffrances auxquelles il allait devoir faire face tout ce temps durant. « Toi qui pense tout savoir, laisse-moi te le dire… Comment je suis arrivé ici ». Il fit une courte pause, le temps d’une dernière hésitation. « Qui je suis, d’où je viens, je ne me souviens de rien, tu vois. Seulement de cette constante odeur salée immonde, cet endroit sombre et cette sensation d'instabilité accompagnée d’appréhension, de terreur, d’un visage flou qui a soudainement disparut un beau jour, puis d’un autre, un autre qui m’a laissé ici, ne pouvant rien attendre d'autre que sa fin, seul et sans la moindre explication. Blesser un enfant pour l’abandonner en fuyant comme un voleur » Au fur et à mesure qu’il parlait, le ton et la tension montait. Sa tête commençait à souffrir, comme chaque fois qu’il essayait de se souvenir, de forcer le passage, si bien qu’il devenait brutal dans ses mouvements. « Alors tu vois Belisaire, ne me parles pas d’enfants abandonnés à leurs sorts avec tant de légèreté comme si ce n’était rien de plus qu’un détail, plus jamais ». Son regard était plus dur que jamais, plus sombre aussi, et son cosmos d'une lumière assombrie s’était brusquement manifestée tandis qu’il était sujet à quelques tremblements mélangeant colère et peur. Le Râhi d’il y a dix ans était enfin ressorti complètement après toutes ces années cachées sous des faux semblants, sous ce masque. Le Râhi instable, violent, et qui craignait l’abandon était de retour. « Je ne voulais pas en arriver là, mais si tu refuses de comprendre certaines choses, tu ne me laisses plus le choix… ». Il ne savait plus quoi faire ni ce qu’il disait, mais le défi était lancé.

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Message Re: [Juin 550] L'instant de vérité [Ft Belisaire]   Mer 23 Mar - 1:31
Plissant les yeux, ce que j'entendais de plus en plus ne faisait plus état de l'état psychologique du Chevalier d'or de la Vierge. Il était le symbole même d'Astrée, la déesse de la Justice selon les légendes anciennes et qu'avais je devant moi ? Son ton, son aura même, devenait clairement agressif et j'avais... Silence... Tout n'était plus que silence. Mes paupières étaient devenues lourdes et tombaient sur mes pupilles comme si le rideau tombait lentement sur cette scène de théâtre irréaliste. Mon corps, tel un pantin, se levait de ma conscience pour se lever et mes bras s'ouvraient face à celui qui me défiait à l'instant.

- Tu veux me tuer... Vas y !

Mes bras étaient en position christique, je ne me souciais pas de la mort. Ses accusations étaient en partie vraies et je n'avais pas de réponses à lui apporter. En effet, je ne connaissais que peu de choses sur les membres de mon Ordre. Aimant le secret, je ne souhaitais pas les imbriguer dans des luttes politiques au-dessus d'eux. Je comprenais bien plus qu'il ne pouvait le penser les affres de la guerre et toutes ses répercussions mais la différence fondamentale... Brutalement, l'Absolu reprenait la parole.

- La différence fondamentale ? Elle est pourtant sous tes yeux. Nous ne sommes pas pour la Guerre pour la Guerre. Les Berserkers. Oui. Nous ne sommes pas pour le respect d'un cycle naturel qui priverait les Humains de s'élever au delà. Les Marinas. Oui. Nous ne sommes pas pour répandre un long hiver sur toute forme de vie. Les Spectres. Oui. Nous ne sommes pas pour attaquer un ennemi sans l'avertir des conséquences. Les Ases. Oui. Nous ne sommes pas pour détruire une Ere et ceux qui la représentent d'un coup pour élever les Hommes. Les Oracles. Oui. Voici nos différences.

Mes paupières se relevèrent brutalement. Il n'y avait plus que deux prunelles dorées... L'Absolu venait de prendre sa place dans tout ce corps, la chose avait failli se faire lors de leur première rencontre dans le temple de la Vierge. Ma cape volait au-dessus de moi et un lourd manteau cosmique coulait sur ma peau pour s'envoler vers le ciel. Dans les flammes de mon cosmos, quinze étoiles brillaient au firmament.

- Tu crois être le seul à avoir été abandonné. Tu penses que je n'ai pas d'histoire, que la tienne est unique ? Nous sommes tous des parias, des abandonnés de la société humaine. Alors, apprends à apprivoiser l'absurdité du Monde avant de faire des sermons !

Que vas tu faire ? Cette question me cisaillait l'esprit comme des lames aiguisées. Soufflant, je posais ma main sur ma poitrine avant de m'écrouler sur le sol, du sang sortait de mes lèvres pour s'éclater sur le sol comme des bris de verre. La douleur ne s'était pas réveillée depuis des années... L'écrin que j'avais formé pour enfermer mon démon intérieur était brisé.

- Tu penses que je parle... de cela... avec légéreté.... Aucun... de nous... n'avons.. été... écouté...

Soudain, dans une autre gerbe de sang, les pupilles de Bélisaire devinrent immaculées. Il se levait lentement avec plus aucune expression sur le visage, plus de colère, plus de haine, plus de peur... Si Rahi était redevenu ce qu'il était autrefois, il ne pouvait penser que cela réveillerait autre chose que les deux personnalités qui vivaient en lui. Ils n'existaient plus. Il n'y avait plus qu'un corps et un instinct animal. Cet état de fait n'était plus apparu depuis que chaque personnalité prenait le pas l'une sur l'autre à intervalles régulières mais, que se passait-il quand aucune n'avait de solutions ? Il était de retour et tous ses sens en alerte. L'assassin que le Vieux Juif avait scellé en lui reprenait vie et il n'y avait plus aucune trace d'humanité...

Béli a écrit:
Entrainement accepté. Ce sera pur RP évidemment !



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Message Re: [Juin 550] L'instant de vérité [Ft Belisaire]   Mer 23 Mar - 15:57

Les paroles prononcées par le Pope ne reçurent, pour seule réponse, que le silence. Râhi était d’ores et déjà hors de portée, plus rien ne pouvait atteindre. Tous les ressentiments et les craintes passées sous silence durant ces dix dernières années venaient brusquement de remonter sur le devant de la scène et avaient pris possession du garçon. Il était de retour et violence semblait être le maître-mot après s’être tut durant si longtemps. Un mélange de peur, violence, dureté, et d’incompréhension, c’était ce qui se lisait dans son regard désormais et sans compter ce silence… La coquille s’était brisée et il n’y avait plus aucun doute, le Râhi de l’époque était bien revenu et semblait hors de tout contrôle. Peu lui importait le fait que son ancien supérieur crachait du sang, tout ce qu’il pouvait faire désormais ne pourrait plus le toucher. Peut-être avait-il même oublié la raison de sa venue dans ce temple, tout n’était plus que peur et colère.

Ce combat, le blond ne l’avait pourtant pas souhaité mais l’être intolérant et enfant apeuré était revenu et, dans un excès de colère, il l’avait provoqué. Le garçon n’était plus capable de réfléchir, de penser aux conséquences de ses actes. La masse sombre dans son âme avait repris le dessus après toutes ces années, il n’était plus capable d’entendre, de voir ce qu’il se passait. Il était déconnecté de la réalité. Incapable de se calmer, il était prêt à se déchaîner et Belisaire allait devoir assumer le poids de ses paroles.

Emmurer dans son silence, ses paupières se fermèrent tandis que son cosmos enveloppait peu à peu son corps. Contrairement à ce que l’on attendrait d’un chevalier d’or, elle ne brillait pas et rien de bienveillant ne semblait sans dégager. Tout n’était qu’obscurité. Elle disparût brusquement lorsqu’il rouvrit les yeux dont l’expression n’avait pas changé et, lentement, il leva son bras. Une nouvelle lumière était apparût à l’extrémité de sa main, de la même nature que la précédente, puis elle se prolongea le long de son bras avant de s’éteindre à nouveau dans une lueur étrange, propulsant de nombreuses formes méconnaissables. « Tu l’as fait… » Murmura-t-il finalement. Virevoltant tout d’abord autour de Râhi durant un court laps de temps, il ne fallut qu’un mot incompréhensible de celui-ci pour qu’elles changent de destination afin de fondre avec rapidité sur le Pope tandis que certaines continuaient de graviter non loin de là.


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Message Re: [Juin 550] L'instant de vérité [Ft Belisaire]   Mar 29 Mar - 1:52
Les dalles sur le sol explosèrent dans des nuées de sable alors que le Chevalier de la Vierge me fonçait dessus. Ses orbes de lumières rencontrèrent cette défense venue de nulle part et il n'y avait plus personne devant lui. Juste un trône vierge de toute présence.. Oui, il n'y avait plus aucune présence. Alors que la bête était en train de se cacher dans un coin, une lumière trés vive se montrait de mon bras droit. Instinctivement, je baisses la tête et voyais le signe du Bélier se mettre à briller d'une lueur étrange.

Brutalement, alors que Rahi était encore devant le trône. Mon corps se tordait de douleurs et je n'avais qu'une envie, briser et déchirer mon propre bras mais je ne pouvais pas. M'appuyant sur mes jambes, je me levais de ma cachette afin d'apparaître à l'horizon des flammes. Baissant la tête, je fixais le Chevalier devant moi. Mes deux pupilles étaient devenues totalement dorées pour la première fois. Absolu ? Sage ? Celui qui connaissait Bélisaire savait que ma pupille ambrée était le symbole du premier. Je ne bougeais plus du tout. Attendant toujours une attaque de mon adversaire, chose facile devant mon étrange "docilité". Alors que Rahi devait se tourner vers moi, mes pupilles semblaient se dédoubler et laissait ainsi apparaître une autre aura. Un autre Grand Pope venait d'apparaitre et son cosmos était calme et froid.

Un être fantomatique un peu plus grand que Bélisaire venait d'entrer en scène. Il portait la même robe de prêtrise que l'homme derrière lui. D'un geste de la main, cet esprit tissait des symboles sur le corps du Pope actuel afin de restaurer sa psyché. Puis, il se retournait vers le Chevalier de la Vierge avec un regard ferme et en même temps mélancolique. D'un geste de la main, une voix douce et glaciale prit la parole.

DIAMOND DUST

Le souffle glacial traversa la salle et percutait Rahi de plein fouet. La chimère des temps anciens fit quelques pas dans sa direction et baissait les yeux sur son "interlocuteur".

- Voici un enfant bien sauvage. Vous êtes devant la représentation même d'Athéna en cette Ere et vous oubliez votre rang ! Des anneaux de glace entouraient soudainement Rahi afin de l'immobiliser. Et nous vous déconseillons de faire un moindre geste équivoque. Bélisaire avait de la bonté pour vous, l'assassin qui vit en lui a plus de culpabilités que bien des chevaliers. Vous avez été sous notre autorité pendant la dernière Guerre Sainte, auriez vous oublier ?

L'apparition ne tiendrait pas longtemps, elle n'était plus de cette génération après tout. Mais celui qui avait été Pope pendant près de cents longues années ne pouvait admettre ce manque de respect. Le regard froid de l'homme continuait de darder le jeune imprudent et il leva un sceau d'Athéna pour le placer sur la poitrine de son prisonnier. Une chaleur intense pénétrait sa chair et ses nerfs, une déflagration d'énergies qui balayait tout sur son passage, les piliers se fendaient sous l'impact et brutalement. Il n'y avait plus rien. Le vide.

Je me réveillais. Debout en train de regarder mes mains comme un enfant venant de naître. Mon regard vairon ne comprenait pas tout ce qu'il se passait et la vision de ce sol éventré au coeur même de ma salle du trône me fit trembler. Putain, mais qu'est ce que j'ai foutu ? Mais le jeune homme que j'étais était encore inconscient du vrai pouvoir de son tatouage elliptique sur son bras droit. Le corps de Rahi était visible mais dans quel état ?




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Message Re: [Juin 550] L'instant de vérité [Ft Belisaire]   Mar 29 Mar - 11:58
Il avait échoué, probablement. La présence du Pope avait disparu, ne laissant qu’un trône vide devant lequel se tenait le jeune homme. Peu importe, il ne pourra pas se cacher bien longtemps dans cette salle, Râhi l’aurait tôt ou tard. Cette aura sombre ne l’avait pas quittée et il se laissait aller à la violence, laissant une fois de plus son Cosmos éclater dans la pièce. Actuellement, le blond n’était pas très patient et particulièrement irritable. Dans sa tête, ne se trouvait que souffrance. Toute autre pensée avait disparue. Il se fichait bien d’être face au Grand Pope, cela ne changeait rien. Qui que soit son adversaire, l’ancien chevalier ne voulait qu’une chose : frapper. Frapper pour oublier. Frapper pour faire comprendre. Frapper pour exister. Tout n’était plus que folie et crainte.

Il ressentit pourtant quelque chose durant quelques instants et se tourna lentement dans sa direction. Sa tête était toujours baissée, cachant ses yeux dont l’expression en dévoilerait probablement trop, lorsqu’une seconde aura apparu. Même s’il n’était plus en état de réfléchir, même si son corps et son cerveau faisaient barrage aux informations, il avait compris qui était cet homme. C’était ce que le garçon appelait : un fantôme du passé. Pourtant, son attitude n’avait nullement changé, il en était incapable.

Un vent glacial envahit la pièce. Une attaque que le blond n’avait pas pris la peine d’éviter. Quoi qu’il arrive, tout n’était que sa propre décision. La décision du Râhi d’il y a dix ans, celle d’un enfant précipité dans les ténèbres et la folie. Il entendait les pas se rapprocher, mais il ne réagissait pas et ce, même une fois immobilisé par la glace. Cependant, les paroles prononcées, le ton employé ne faisait que faire grandir cette colère en lui. Celles-ci lui rappelaient amèrement qu’elle était sa place, celle d’un larbin, d’une erreur qui aurait dû disparaitre depuis déjà bien longtemps, celle d’un homme qui n’avait sa place nulle part en ce bas monde. Râhi n’écoutait plus, si bien qu’il ne réalisa que très peu la suite des évènements. Il y avait juste cette douleur déchirante, en parfaite adéquation avec celle qui opérait actuellement dans son esprit. Puis il fut projeté, sans vraiment s’en rendre compte. Dans tous les cas, il n’aurait pas cherché à l’éviter, il avait bien trop à y gagner dans cette histoire.

Sa vue s’était noircie quelques instants devant la violence du choc. Étrangement, cette situation lui rappelait celle de leur rencontre dans son propre temple où il avait terminé dans un état similaire. Pourtant, après coup, la douleur était bien différente, en tout point. Il toussa bruyamment, crachant le sang qui s’était accumulé dans sa bouche avant de s’essuyer difficilement du revers de sa manche. Un rire sinistre résonna dans la salle, accompagné d’une nouvelle quinte de toux. « Te fous pas d’moi. Mon rang ? Et c'est quoi mon rang ? Celui d'un chien? Non, plus bas encore. Tu sembles oublier qui je suis...». L’apparition avait déjà disparu, mais cela ne changeait rien. Râhi se fichait de savoir à qui il parlait, de savoir si quelqu’un entendrait ces mots difficilement prononcés. Lentement, les images se superposaient, le renvoyant peu à peu dans le passé. Il se souvenait, plus ou moins, la folie revenait.« Ne me fait pas rire. Tu le sais non ? Que je ne devrais pas exister… Une erreur, voilà ce qu’on est». Des mots simples, par lesquels il impliquait probablement son adversaire, mais dont le poids le poussait à se retrancher encore un peu plus.

Le rire cessa brutalement, ramenant un silence pesant durant un court instant. Les souvenirs avaient repris le dessus, et la violence également. Incapable de distinguer la réalité du passé, il tremblait légèrement face à ses propres peurs. Désorienté, il ne savait plus qui était en face de lui, ni où il se trouvait. S’il était dans ce bateau, dans cet espace ouvert où il avait été laissé, où s’il était dans le temple du Pope. L’abandon, il le revoyait, il le revivait et cela l’effrayait. Il avait besoin de remettre ses idées en place, d'effacer ses visions. Jetant un œil sur le côté, il remarqua qu’il restait encore certaines des formes qu’il avait créé précédemment flottant dans les airs. Pour le moment, il n’était pas capable de lancer une nouvelle attaque alors, la tête baissée afin de s’assurer de cacher l’expression présente sur son visage, il murmura quelques mots incompréhensibles et ces concentrés de lumière commencèrent à s’agiter de nouveau. Brusquement, le groupement s’était séparé en deux parties distinctes qui prirent chacune une destination différente. L’une en direction de Belisaire, l’autre dans sa propre direction.
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Message Re: [Juin 550] L'instant de vérité [Ft Belisaire]   Lun 4 Avr - 0:07

Une aura se dessinait dans le néant. Douce, la lumière tissait sa toile sur une réalité faite de peurs, de craintes, de fureurs et de haines. En cette présence, tout cela n'existait plus, ne laissant plus que la Raison comme seule maîtresse de la psyché humaine. Puis, le dessin se fit plus précis et une jeune femme aux longs cheveux noirs en sortait afin de se positionner entre les deux humains présents dans le Naos du temple du Grand Pope. Son sceptre à la main droite, il brillait d'une aura envoûtante. Vêtue d'une longue robe blanche, tout respirait en elle la grandeur et la sagesse, chacun de ses yeux pers respiraient la sapientia la plus brutale.

Son regard se tourna alors vers le Pope. Les symboles du tatouage du bras droit de ce dernier cessèrent de s'illuminer soudainement et le corps de Bélisaire s'effondrait sur le sol inconscient. L'aura de la Déesse prit alors de plus en plus de puissance et paralysait toute vaine tentative à son encontre. Ses traits d'une grande fermeté imposaient le respect et sa tête pivota pour regarder le jeune inconscient. Mais aucune colère ne paraissait sur son visage, juste une profonde déception. Sa robe dansait sous les flots de son cosmos quand elle prit enfin la parole.

- Voici donc l'animal blessé de notre Chevalerie. Il n'y a pas de chien dans notre Idéal, tous les hommes naissent avec un destin selon les légendes, que l'on soit esclave ou noble, chaque créature ne pourrait aller contre cela. Mais est-ce vrai ? Notre Père vous a donné le libre arbitre et c'est cela qui vous rends précieux à nos yeux. Un sourire transparaissait sur ses lèvres. Croyez vous dans le Rêve auquel nous aspirons ? Celui d'un monde où les Orphelins seraient élevés avec dignité, où la Guerre ne serait plus la solution de nos conflits, où tous les hommes naîtraient libres et égaux en droit. Il faut donner à l'Homme le droit d'apprendre de ses erreurs afin d'évoluer doucement. Mais ce Rêve demande du temps, de la patience et de la Raison. Bélisaire travaille depuis le premier jour à cet Idéal selon des directives que nous lui avons donné, pensez vous que je l'ai choisi au hasard ?

Le monde était en proie au chaos, à la dévastation annoncée par la Pithye. Nul ne devait l'oublier et la déesse prenait cela avec un sérieux. Pas après pas, comme une lumière dansant sur le sol, elle approcha du Chevalier d'or de la Vierge et posa sa main sur sa joue avec tendresse. Le flux de son aura apaisa lentement le coeur troublé de Rahi. Un petit rougegorge volait dans l'enceinte du palais et se posa sur l'épaule d'Athéna. Levant la main, ses ailes le guidèrent dans ce nids doux et réconfortant.

- Cet oiseau a connu la guerre, il a survolé les ruines et la mort de nos précieux chevaliers. Chaque mort était un pieu dans notre coeur mais nous avons continué. Tel est le devoir de votre génération, Chevalier, de passer le témoin à celle qui arrive maintenant.

Dans un déchirement, une dimension s'ouvrit et l'armure de la Vierge se posait devant Rahi ! Des larmes descendaient lentement de ce masque de jeune femme qui symbolisait la déesse de la Justice. L'aura qui l'entourait appelait l'âme de Rahi... Allait-il entendre l'appel de la Déesse ? Son avenir était désormais entre ses mains. Il était libre.

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Message Re: [Juin 550] L'instant de vérité [Ft Belisaire]   Lun 4 Avr - 13:01

Aucune des deux attaques ne portèrent leurs fruits, quelque soit leur destination. Tout avait disparût dans un amas de lumière. Impossible de ne pas la reconnaître, elle était identique à celle qui était apparu dans le temple de l’ancienne Vierge une semaine plus tôt. Des traits se dessinaient peu à peu, dévoilant une jeune femme à la chevelure couleur corbeau. Athéna était intervenue une nouvelle fois. Dès le départ, Râhi était persuadé que cette rencontre aurait eu lieu. Jamais elle n’aurait laissé son représentant dans une telle situation. Pourtant, le blond était déçu qu’une personne extérieure vienne mettre fin à ce combat. Désormais, il n’y avait plus aucun espoir qu’il comprenne. Guidé par la colère, par la folie, rien n’avait changé.

L’ancien chevalier la regardait d’un air vide bien que la noirceur qui le caractérisait demeurait présente. Ce regard remplit de déception, il ne le connaissait que trop bien, il l’avait souvent constaté à son égard. Décevoir, c’était tout ce dont il était capable, et se déchaîner aussi. Rien d’étonnant à ce qu’on l’ai abandonné. C’était également pour ne plus voir de tels sentiments qu’il s’était isolé, caché. Une fois détaché de l’humanité, plus rien ne nous affecte. C’est ce qu’il pensait probablement, à tort. Les sentiments, les peurs, les déceptions, la colère, tout se cache, rien ne disparaît. Animal blessé… Voilà qui lui correspondait parfaitement. Le libre arbitre… S’il l’avait eu, il ne serait certainement plus de ce monde. Il avait tenté de disparaître, mais toutes ses tentatives avaient misérablement avortées, à commencer par la confrontation dans le temple, une semaine auparavant. Râhi ne savait que croire. Une utopie, voilà ce à quoi tout cela ressemblait. Un idéal impossible à atteindre. Un espoir donné pour mieux s’enfoncer dans les ténèbres. Tuer, pour ne plus connaitre la guerre… N’était-ce pas dépourvue de raison ? Mais qui était-il pour parler de raison ? Râhi n’était un amas de craintes et de folie.

Une main se posa sur sa joue. Un geste qu’il aurait repoussé d’ordinaire. Il n’aimait pas le contact. L’impression que l’on pourrait briser sa carapace le tiraillait dans ces moments-là. Il ne voulait plus se faire engloutir, accepter, pour mieux sombrer. Une question de courage, probablement. Un courage qu’il n’avait pas. Pourtant, l’armure de la Vierge l’avait rejoint, mais Râhi ne s’en approcha pas. Le rejet, il ne le supporterait pas… plus. Avait-il réellement le droit de la porter ? Il y eu un moment de silence. Son crâne n’était plus capable de supporter les réflexions que lui infligeait son cerveau. Les yeux humides, il tentait de réprimer ces pensées. Il était perdu. « Je… » Ne sais plus. « Je… ne… » Veux plus souffrir. « J’ai… » Peur de faire confiance. Les mots ne venaient pas. Il ne pouvait pas les dire, cela reviendrait à avouer, à dévoiler tout ce qu’il avait tenté d’oublier, de cacher durant si longtemps. Il avait besoin de réponses, de certitudes, mais il n’y en avait aucune.

Puis il tourna la tête légèrement, remarquant enfin le Pope inconscient sur le sol. « Je n’ai jamais eu l’intention de le tuer… » Murmura-t-il pour lui-même. C’était vrai. Il avait, certes, perdu le contrôle sous le coup de la colère, mais tout ce qu’il avait voulu avec ce combat, c’était un dialogue, comprendre, avoir des réponses, voir autre chose que celui qui se cachait derrière son masque et son statut. Pourtant, tout cela n’avait mené à rien. Râhi n’était pas à l’aise avec la communication, et visiblement son ancien chef ne l’était pas non plus. Lentement, il fit quelques pas dans sa direction avant de s’écrouler sous le poids des blessures. « Eh, debout… C’est pas encore l’heure de la sieste… On a pas encore fini notre discussion toi et moi » Lança-t-il en direction du Pope. Il se releva difficilement, tandis que le sang continuait à couler. Satané vieillard, il n’avait pas fait dans la dentelle celui-là. « Merde » prononça-t-il dans un murmure. « Je ne sais pas… si c’est le seul moyen d’y parvenir… Si c’est seulement possible » Dit-il en maintenant sa tête. Un dernier regard sur son ancienne armure qui l’appelait, puis il ajouta : « Prenez la décision qui vous paraîtra la meilleure pour le Sanctuaire… ». Le blond était toujours autant perdu. Il ne pouvait pas prétendre à récupérer sa Cloth d’une telle manière, il n’en avait pas le droit et ce, quand bien même il ne pouvait la lâcher du regard. Qu’aurait-il fait si celle-ci venait à le rejeter ? Sur ces pensées, sa vision s’assombrit pour ne devenir que néant.
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Message Re: [Juin 550] L'instant de vérité [Ft Belisaire]   Ven 8 Avr - 1:23
L'aura de la Déesse se lovait peu à peu entre les piliers comme des vagues légères. Un sourire aux lèvres, elle s'asseyait au poste de son Représentant afin de regarder le jeune homme en train de sermonner Bélisaire. Un sourire qui était là à regarder l'Humanité dans toute sa splendeur avec ses hauts et ses bas, la Sagesse ne pouvait qu'aimer ce qu'ils étaient. Elle aspirait pour eux à une vie douce loin des guerres mais le temps de ce Rêve n'était pas encore venu.

Dans un chuchotement, elle entendit les mots et les pensées qui s'entremêlaient dans le coeur de Rahi. Sa vie était source de colère, de haines, d'incompréhensions sur un monde en perdition. Les morts, les massacres... Cet ensemble formait pour lui une boule dans le ventre qui ne cessait de grossir au fil des ans mais il avait l'esprit d'un Chevalier d'Athéna. Prenant le ruban de son sceptre, elle le déroulait soigneusement et se rapprochait de l'homme qui détestait son univers. Les plaies du chevalier d'or de la Vierge se refermaient et il restait juste les traces des combats passés...

- La question n'est pas celle là et elle n'est pas celle de Bélisaire. On ne te demande pas de rester. Nous souhaitons savoir si ton coeur souhaite rester avec nous ? Posant un moment de silence, elle posait son sceptre sur le sol en invitant le jeune homme à faire de même. Etre froid et dur ne veut pas dire être sans coeur. Sa main se posait sur celle de son Grand Pope. Il a connu des malheurs que tu as connu aussi, rejeté par les siens, rejeté par son Maître, rejeté par la Chevalerie au point de devenir un assassin sans âme. Celle-ci a retrouvé vie lors de son accession au pouvoir mais le sacrifice fût lourd.

Peu à peu, le sang de Bélisaire refluait vers son corps et ses plaies se terminaient lentement. Elle prit alors la main droite de Rahi et laissa filtrer son cosmos à travers lui. L'image du Rêve d'Athéna pénétrait chaque parcelle de l'homme devant elle afin de lui révéler sa vision du monde à l'état brut. En quelques instants, il vit un monde où la guerre avait laissé place à la raison. Où les crimes ne seraient pas exécuté par des fous mais par la Justice, un âge de raison où la paix prendrait toute sa place sous l'égide d'une loi universelle qui protégerait l'Homme. Cet universalisme dépassait tout.

- Voici mon Rêve, celui de tous le chevaliers. En un sens, ta peur est normale mais il est temps que la pluie cesse de tomber sur ton âme.

Le cosmos de la Déesse levait alors comme un vent tourbillonnant les craintes et les angoisses du Chevalier de la Vierge. En quelques instants, un souffle d'espoir balayait les nuages et les pluies de cet esprit égaré dans ses propres tornades. La déesse prit alors son ruban pour l'envelopper de son ruban empli de son cosmos. A jamais il le sentirait près d'elle quand il douterait de ce qu'il est. Cependant, la question était toujours la même. Il était libre de dire ce qu'il souhaitait pour lui même.

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Message Re: [Juin 550] L'instant de vérité [Ft Belisaire]   Ven 8 Avr - 13:31

Il s’était réveillé plus tôt qu’il ne l’aurait pensé, aidé par une énergie qu’il avait déjà senti auparavant. Désormais assis, le blond regardait autour de lui, se demandant silencieusement ce qu’il faisait toujours dans le temple du Pope. Au fond de lui, il pestait probablement d’être toujours là. Toutes ses tentatives échouaient les unes après les autres, cela en était presque désolant. Son regard se posa une nouvelle fois sur son adversaire passé, toujours au sol. Tout était là pour lui rappeler ce qu’il s’était passé, que tout avait dégénéré. Il détourna rapidement les yeux, absent. Les mots de la Déesse étaient un réel poids pour lui, et ne faisait que remuer le couteau dans une plaie profonde qui n’avait jamais pu cicatriser malgré les années. Ce que son cœur souhaitait… Pour cela faudrait-il encore qu’il en possède un, qu’il l’écoute. Celui-ci était emprisonné depuis bien trop longtemps et n’existait pour ainsi dire, pratiquement plus. Il n’y subsistait que peur, colère et doute. Et si Athéna semblait persister à penser le contraire, il ne pouvait rien y faire. Râhi savait qu’entamer une discussion sur ce sujet-là ne mènerait à rien, il ne voulait pas se dévoiler plus.

« Dans ce cas-là, il de-», il se tût subitement, se mordant la lèvre avant de baisser la tête de nouveau vers l’homme dont les plaies se refermaient. Râhi détourna les yeux une nouvelle fois, faisant claquer sa langue nerveusement. Épiloguer là-dessus n’apporterait rien, et surtout pas avec la Déesse.

Il n’eut aucune réaction lorsque sa main fût saisie. Des images se présentaient dans son esprit. Celles d’un monde sans guerre, un monde de paix. Voilà donc le fameux but de la jeune femme. En tout cas, ce qu’elle voulait bien en montrer, selon Râhi. Cette vision aurait probablement contenté la plupart des chevaliers, mais l’ancienne Vierge était bien trop défaitiste. Il était incapable de croire, de faire confiance. L’aperçu de cette nouvelle humanité lui donnait une envie folle de rire. Un rire mauvais qu’il garda caché. C’était un nouveau monde dans lequel le jeune homme n’avait pas sa place, elle ne faisait que le lui confirmer. La gentillesse n’avait pas sa place dans ce monde, tout n’était que manipulation et hypocrisie. Râhi ne pouvait croire, d’autant plus s’il prenait en compte ce qui semblait être volontairement caché par Athéna. Essayait-elle de le manipuler?.« Vous ne nous cachez rien, n’est-ce pas ? » Demanda le garçon avec une légère hésitation. Après ce qu’il avait vu, il ne pouvait que douter. Réfléchissant, il reprit : « Pourquoi le vieux est-il apparu ? Comment ? Et … » Il se tût. Non, cette question, il la posera à l’intéressé directement. Ses yeux dérivèrent quelques instants vers le Pope avant de reprendre leur position initiale. « Que cachez-vous donc… » Ajouta-t-il d’une voix plus basse.

Quelque chose le dérangeait et, sans trop savoir quoi, il hésitait à sauter le pas. Ces pensées étaient peut-être erronées par sa peur de faire confiance, mais c'est ainsi qu'il le ressentait. Il y avait un truc. Il avait l'impression qu'on le manipulait. Pourtant, Râhi ne pouvait rien faire d’autre que se taire. Il avait été emmené ici, il avait une dette envers le Sanctuaire et il n’avait aucun autre endroit où aller. Rester pour faire quoi ? Partir pour aller où ? Râhi s’était fermé au monde, à la croyance depuis longtemps. Il n’avait plus rien. Il se leva lentement avant de perdre l’équilibre. Resté assis trop longtemps, ces jambes le soutenaient difficilement. « J’ai une dette envers le sanctuaire. Cependant, j’assume ce qu’il s’est produit ainsi que les paroles prononcées à l’encontre de Belisaire, et elles ne changeront pas… Du moins, pas pour le moment. J’accepterais donc la punition quelle qu’elle soit sans discuter ».

Râhi avait enfin remis son masque qui le cachait aux yeux de tous. Malgré son air sérieux, le Râhi menteur et hypocrite était désormais de retour, bien qu’il y ait un certain changement en lui depuis la libération de l'autre. Il ne pouvait rien faire d’autre qu’observer, attendre et combattre. Mais ce n'était que le commencement.
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Message Re: [Juin 550] L'instant de vérité [Ft Belisaire]   Sam 9 Avr - 12:54
Que cachait-elle ? Manipuler ? Tromper ? L'innocence de ce jeune homme était une chose qu'elle appréciait. Chacun des enfants de l'Humanité avait cette parcelle de naïveté sur le Monde et sur les Dieux. Est ce que je te cache des choses ? La réponse ne pouvait être que positive et dire le contraire était un vain mensonge. La Déesse ne relevait donc pas la question, considérant que Rahi était suffisamment intelligent pour trouver la réponse par devers lui. L'une des questions fut tout de même relevée par la déesse de la Sagesse. Un sourire aux lèvres, elle prit la parole.

- L'ancien Pope avait bien des secrets. Quand un homme éveillé combat les Dieux, la sanction lors de leur mort est la prison du Cocyte aux Enfers. Il était donc nécessaire selon lui que cela n'arrive jamais. Il a donc demandé au chevalier du Scorpion de l'époque de le tuer et de sceller son âme en lui. L'esprit bipolaire de Bélisaire était idéal afin de réaliser cela. Celui que tu vois devant nous a sacrifié une partie de lui même pour protéger nos intérêts et pour celui de notre Rêve.

Le sacrifice. Principe séculaire des chevaliers de la Déesse, stratégie maintes fois payante mais au combien difficile. Mais il voulait une vérité, il en avait une désormais et le regard d'Athéna demandait le silence absolu sur ce qu'elle avait mentionné. La confiance allait dans un sens comme dans l'autre. Comme un fantôme, la Déesse semblait passer à côté du chevalier de la Vierge et posait la main sur son épaule.

- Cependant, nous constatons que votre Foi envers nous est faible. Vous avez des frères d'armes, des gens qui vous aiment mais vous ne voyez que votre Monde. Nous souhaitons que vous réfléchissiez à votre place ici même, la Foi est une chose sacrée pour un Chevalier et ceux qui ne l'ont pas ne peuvent pas se battre pleinement. Nous ne sommes pas Arès qui s'imposerait pas la force ou Poséidon qui s'imposerait par la colère... La raison est notre seul guide et si votre coeur n'est pas avec nous, à palpiter chaque instant pour le Rêve, nous vous posons aussi une question : est ce votre place de vivre ici ?

Il n'y avait aucune animosité, bien au contraire. Rahi attendait que la Déesse ou Bélisaire prenne une décision pour lui mais cela n'était pas le chemin qui menait à une bonne réponse. C'était à lui de choisir en son âme et conscience de son devoir, de sa Foi envers ce Monde. Si ce n'était pas le cas, rahi retrouverait toute sa liberté. L'armure de la Vierge, ainsi qu'Athéna, attendait la réponse du jeune homme.

- Il n'est pas question de punition. Il est question de choix. C'est cela que vous ne semblez pas comprendre et point de manipulation ou de semi mensonge... C'est une chose qui ne peut rien contre la Sapientia.

La fin des propos était plus froid, moins maternel. L'aspect guerrier de la Déesse prenait lentement de l'ampleur. Il devait choisir son futur et lui seul avait cette réponse au fond de lui.



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Message Re: [Juin 550] L'instant de vérité [Ft Belisaire]   Sam 9 Avr - 15:01

Comme il s’en doutait, la réponse demeura sous silence. C’était l’évidence même, la Déesse cachait volontairement des informations, restait à en connaitre le but. Le blond avait une folle envie de rire, et il l’aurait probablement fait si l’ambiance n’était pas si tendue. La femme qui dissimulait la vérité parlait de confiance. Douce ironie.

Elle répondit cependant sur ces questions concernant l’ancien Pope. La brune rabâchait encore et toujours les mêmes mots. « Sacrifice » Elle n’avait décidément que ce mot-là à la bouche. Fragile comme il était, le précédant Râhi aurait pu se laisser convaincre aisément. Le problème, c’était que la personne qu’Athéna avait en face d’elle n’était plus l’enfant apeuré. Il avait laissé sa place au mensonge qui, devant la détresse de sa personnalité originelle, s’était renforcé. Son but n’avait toujours pas changé cependant. Se plonger dans la solitude, la déception et disparaître. C’était sa manière de se protéger, de le protéger.

Il haussa les épaules, n’ayant rien à ajouter. Il avait repris sa place au bon moment. Le silence demeura quelques instants. A l’intérieur, il se demandait quelle était la meilleure chose à faire. S’il partait, Râhi n’aurait plus aucun endroit où aller. S’il restait, il allait devoir rester au service de cette femme. Au fond, ses manigances l’intriguaient. Mais il ne voulait pas prendre le risque de perdre le contrôle à nouveau. Plus il le perdrait, plus il se déchaînerait et cela ne ferait que l’assombrir de plus en plus. Il n’était pas à l’abri de dévoiler certaines choses qui devraient à jamais rester sous silence. Lui-même ignorait ce qu’il pourrait se passer dans ce cas-là. Il y avait pourtant cette petite voix au fond de lui qui lui disait de rester. Le masque hésitait. Ecouter ses craintes, ou la requête du vrai Râhi.

Le silence s’installa durant plusieurs secondes, peut-être plusieurs minutes. Il n’aimait pourtant pas se prendre la tête, mais la situation l’exigeait. Il craignait les conséquences qu’entrainerait une nouvelle explosion mentale de l’original. Il était faible, sans doute ne le supporterait-il pas. Pourtant, il persistait à vouloir rester. Le bénéfice du doute, ces informations cachées qui l’intriguait, mais aussi… Un toit. Bien qu’il n’ait de toit que le nom, il ne fallait pas que l’enfant instable se prenne au jeu. Il n’avait pas sa place ici, ni ailleurs. Il ne devait pas l’oublier.

Son regard ne cessait de revenir sur son armure, elle l’appelait. Elle les appelait. Même si la déesse n’était que source de manipulation, il ne parvenait pas à passer outre. Ils avaient enfin trouvé un accord. Restons, soyons observateurs. Attendons et combattons. Si quelque chose venait à se produire, ils aviseraient. Râhi avait mis son jugement en attente, mais si Athéna se risquait à manipuler ou trahir l'enfant... Lui même était incapable de prévoir ce qu'il se produirait.

« Comme je l’ai dit, j’ai une dette envers le Sanctuaire. Vous avez gagné, si l’armure ne me rejette pas, je resterais. Cependant, mes paroles le concernant sont assumées » Il désigna le Pope du doigt « Et je crois qu’il a encore certaines choses à me dire, et vous aussi d’ailleurs ». Il haussa les épaules. Il allait rester, surveiller. Même si le risque du rejet était grand, c’était le souhait de l’enfant destructeur et il l’avait écouté. Ne restait plus qu’à espérer qu’il ne le regrette pas.

Il fit un pas, puis un deuxième avant de s’arrêter. « Je vais attendre dehors, le temps que le p’tit Belisaire se réveille. Comme ça vous serez plus à même de prendre une décision concernant ma punition ». Râhi prit la direction de la sortie, regardant ses mains. Il avait fait un beau bordel. Il allait devoir faire attention maintenant.
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BelisaireavatarArmure :
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200/200  (200/200)
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210/210  (210/210)
CC:
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Message Re: [Juin 550] L'instant de vérité [Ft Belisaire]   Ven 15 Avr - 19:06
La Déesse le regardait quitter les lieux alors que le Grand Pope se réveillait lentement de son état catatonique. Ses yeux étaient redevenus vairons et sa pupille dorée indiquait que les sceaux avaient rétablis l'équilibre au sein de son âme. D'un geste de la main, elle redonnait puissance et vie à celui qui la représentait sur Terre et elle le laissait se relever en regardant l'armure de la Vierge. Cette dernière pleurait ses craintes, une amertume qui l'emportait certainement à cause de son porteur.

- Qu'en pensez vous Grand Pope ?

Posant un genou à terre.

- Altesse, ce chevalier s'est perdu. Il ne sait pas la raison de sa présence ici, sauf d'une dette qu'il aurait à payer. Mais il n'a pas Foi en vous, il ne sait peut-être pas qui il est lui même...

- Nous pensons de même, laissons le se trouver et voir s'il a une autre raison de vivre ici. Prévenez le que sa dette est oubliée. Ce sera après à lui de voir si notre Rêve peut lui donner la Foi.


La Déesse avait parler. La voyant quitter les lieux, je me retournais et m'asseyais sur mon trône. D'un geste de la main, je commandais à l'armure de retourner dans sa Box. Elle ne reverrait pas son chevalier aussi vite qu'elle ne l'avait souhaité... Faire un choix... La solution était pourtant des plus simple. En un sens, je comprenais ses raisons mais la Foi est une preuve de son dévouement à une cause, on n'était pas des prêteurs sur gage qui offraient des armures en attendant. Je fis signe à un garde d'approcher.

- Vous allez quérir le Chevalier qui se trouve dans le Grand Hall. Vous lui direz que sa dette envers le Sanctuaire a été levé par décision de la Déesse en personne. Posant un silence. Ce ne sera pas négociable s'il venait à poser la question ! En outre, ce sera à lui de faire la preuve de son dévouement à notre Rêve et pas le contraire. C'est dit.

Tout cela m'avait marqué profondément. Le garde s'était retiré sans dire un mot de plus et allait en aviser Rahi de la décision de la Déesse. Cette affaire m'avait mise à rude épreuve. Le coeur serré, je me demandais si tout cela finirait bien pour lui et quelle serait sa décision dans les heures à venir ?

Citation :
Note : Rahi n'a plus l'armure de la Vierge, il gagne donc automatiquement le défaut Erosion. Il est aussi levé de toute dette envers le Sanctuaire.




Les seuls qui sont autorisés à me regarder dans les yeux sont ceux à qui je parle
et ceux qui me servent. Et celui qui s'oppose à moi est autorisé à regarder vers le bas.
Tu devras connaître ta place.


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